L’Organisation maritime internationale (OMI) a lancé un appel urgent pour la libération des 44 marins actuellement retenus en otage au large des côtes somaliennes. Selon RFI, trois navires ont été détournés par des pirates entre avril et mai 2026 dans une zone géographique couvrant le golfe d’Aden et les eaux territoriales somaliennes. Les observateurs soulignent un regain d’activité de la piraterie dans cette région, autrefois l’une des plus dangereuses au monde pour le trafic maritime.

Ce qu'il faut retenir

  • 44 marins pris en otage à bord de trois navires détournés entre avril et mai 2026
  • Les détournements ont eu lieu au large de la Somalie et dans le golfe d’Aden
  • L’OMI appelle à leur libération immédiate
  • Un regain d’activité pirate est observé dans la région depuis plusieurs mois

Des détournements en série dans une zone à haut risque

Les trois navires concernés – dont les identités n’ont pas été divulguées pour des raisons de sécurité – ont été interceptés par des groupes armés entre la fin avril et le mois de mai. Selon les dernières informations relayées par RFI, deux des bâtiments auraient été arraisonnés dans le golfe d’Aden, une voie maritime stratégique reliant la mer Rouge à l’océan Indien. Le troisième navire, quant à lui, aurait été ciblé au large des côtes somaliennes proprement dites, une zone où la piraterie avait pourtant diminué ces dernières années après une forte baisse des attaques entre 2018 et 2022.

Les pirates, souvent équipés de moyens modernes comme des GPS et des systèmes de communication sophistiqués, profitent des zones de faible surveillance pour mener leurs opérations. « Les eaux au large de la Somalie restent un terrain propice aux activités illicites, malgré les patrouilles internationales », a rappelé un expert maritime contacté par RFI.

L'OMI mobilisée pour une résolution rapide

Dans un communiqué diffusé ce mardi, l’Organisation maritime internationale a condamné avec fermeté ces détournements et exigé la libération immédiate et sans condition des otages. L’institution, basée à Londres, a également appelé les armateurs et les compagnies maritimes à renforcer les mesures de sécurité à bord de leurs navires transitant par la région. « La sécurité des équipages est une priorité absolue », a déclaré un porte-parole de l’OMI, sans préciser si des négociations étaient déjà en cours avec les ravisseurs.

Les marines nationales, dont celles de la France et du Royaume-Uni, maintiennent des missions de surveillance dans le golfe d’Aden via l’opération Atalante, lancée en 2008 pour lutter contre la piraterie. Cependant, malgré ces dispositifs, les attaques ont repris de plus belle en 2025, avec une douzaine de cas recensés selon les données de l’OMI. « Le risque zéro n’existe pas », a nuancé un officier de la marine française, contacté par RFI.

Un contexte géopolitique et économique tendu

Le regain de la piraterie en Somalie s’inscrit dans un contexte plus large de tensions régionales. Depuis le retrait partiel des forces internationales en 2022, le gouvernement somalien peine à contrôler l’ensemble de son territoire, laissant le champ libre à des groupes armés, y compris ceux impliqués dans la piraterie. Par ailleurs, la crise humanitaire qui frappe le pays depuis des années pousse certains habitants à se tourner vers des activités illégales pour survivre.

Sur le plan économique, ces détournements menacent les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment celles reliant l’Asie à l’Europe. Le détroit de Bab-el-Mandeb, situé entre le Yémen et Djibouti, est une artère vitale pour le commerce maritime : environ 12 % du trafic mondial y transite. Toute perturbation prolongée pourrait avoir des répercussions sur les coûts du fret et, in fine, sur les prix à la consommation.

Et maintenant ?

Les prochaines 72 heures seront cruciales pour évaluer l’évolution de la situation. Les familles des otages, maintenues dans l’ignorance pour l’instant, attendent des nouvelles de leurs proches. Côté autorités, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pourrait être organisée d’ici la fin de la semaine, selon des sources diplomatiques. Quant aux compagnies maritimes, certaines songent à revoir leurs itinéraires, en privilégiant la route du cap de Bonne-Espérance, plus longue mais théoriquement plus sûre. Reste à savoir si cette stratégie sera viable à long terme.

En attendant, l’OMI et les pays riverains appellent à la vigilance maximale pour les navires naviguant dans la zone. Une question reste en suspens : ces détournements ne sont-ils que le début d’une nouvelle vague de piraterie, ou s’agit-il d’un phénomène ponctuel ? Les prochaines semaines apporteront peut-être des éléments de réponse.

L’Organisation maritime internationale n’a pas encore communiqué la liste des nationalités des 44 marins concernés. Les compagnies propriétaires des navires n’ont pas non plus précisé cette information, par mesure de sécurité.