Vingt-huit hommes inculpés pour homosexualité présumée ont été remis en liberté au Sénégal, a annoncé Le Monde ce 8 août 2026. Parmi eux figure un ressortissant français arrêté en février dernier à Dakar. Les 71 autres accusés, initialement au nombre de 99, restent poursuivis pour « association de malfaiteurs » et « actes contre nature », selon les chefs d’accusation retenus par la justice sénégalaise.

Ce qu'il faut retenir

  • 28 hommes, dont un Français, ont été libérés après avoir été accusés d’homosexualité présumée.
  • Ils avaient été arrêtés en février 2026 à Dakar, la capitale sénégalaise.
  • 71 autres accusés demeurent incarcérés et font face à des poursuites pour « association de malfaiteurs » et « actes contre nature ».
  • Les chefs d’accusation initiaux portaient sur 99 personnes, avant que certaines ne soient libérées.

Une libération sous conditions encore floues

Les 28 hommes libérés ont été remis en liberté sans que les modalités exactes de leur mise en liberté ne soient précisées par les autorités judiciaires sénégalaises. Selon Le Monde, aucune information officielle n’a été communiquée concernant d’éventuelles restrictions ou obligations liées à leur libération. Leur avocat n’a pas encore réagi publiquement sur cette décision, qui intervient après plusieurs mois de détention provisoire.

Cette libération intervient dans un contexte où les droits LGBTQ+ restent fortement stigmatisés au Sénégal. Le code pénal sénégalais, hérité de l’époque coloniale, criminalise les relations homosexuelles, passibles de peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Les associations de défense des droits humains dénoncent régulièrement cette législation, qualifiée de discriminatoire.

Un ressortissant français parmi les libérés

Parmi les 28 hommes libérés figure un ressortissant français, arrêté en février 2026 lors d’une opération policière à Dakar. Son identité n’a pas été révélée par les autorités ni par les médias locaux. Selon des sources diplomatiques contactées par Le Monde, les autorités françaises ont été informées de sa libération, mais aucune communication officielle n’a encore été faite par le Quai d’Orsay.

Cette affaire intervient alors que les relations entre la France et le Sénégal traversent une période de tensions diplomatiques, notamment sur les questions de souveraineté et de respect des droits humains. Paris avait déjà exprimé sa préoccupation face aux poursuites engagées contre des étrangers pour des motifs liés à leur orientation sexuelle.

Les 71 autres accusés toujours en détention

Les 71 hommes restants, toujours incarcérés, sont poursuivis pour « association de malfaiteurs » et « actes contre nature ». Ces chefs d’accusation, souvent utilisés dans des affaires de mœurs, permettent aux procureurs de maintenir les suspects en détention préventive pendant plusieurs mois. Aucune date de procès n’a encore été fixée pour ces accusés, dont certains croupissent en prison depuis près de six mois.

Les avocats de la défense dénoncent une instrumentalisation du système judiciaire à des fins discriminatoires. « Ces poursuites s’inscrivent dans une logique de persécution des minorités sexuelles, a affirmé Me Aïcha Diop, avocate spécialisée en droits humains. Le fait de maintenir des personnes en détention sans procès clair relève d’une violation des droits fondamentaux. »

Et maintenant ?

La prochaine étape judiciaire devrait être l’audience de mise en accusation, qui pourrait intervenir d’ici la fin du mois d’août 2026. Les observateurs s’attendent à ce que les 71 accusés encore détenus fassent l’objet de nouveaux reports, une pratique courante dans les affaires de mœurs au Sénégal. Par ailleurs, les associations de défense des droits LGBTQ+ appellent à une mobilisation internationale pour faire pression sur Dakar afin que les charges soient abandonnées.

Côté français, une réponse diplomatique pourrait être formulée dans les prochains jours, notamment si le ressortissant libéré décide de porter plainte pour arrestation arbitraire. Les autorités sénégalaises, de leur côté, n’ont pas encore réagi publiquement à cette libération partielle.

Cette affaire relance le débat sur la décriminalisation des relations homosexuelles en Afrique, où plusieurs pays maintiennent des législations répressives héritées de l’époque coloniale. En 2025, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples avait pourtant appelé les États membres à abolir les lois criminalisant l’homosexualité, sans que cela n’ait eu d’effet concret au Sénégal.

Selon Le Monde, aucune explication officielle n’a été fournie par les autorités judiciaires sénégalaises. Il est possible que les 28 hommes libérés aient bénéficié d’un non-lieu partiel ou d’une remise en liberté sous caution, mais aucun document judiciaire n’a été rendu public pour l’instant. Les 71 autres, eux, restent poursuivis pour des chefs d’accusation plus lourds, notamment « association de malfaiteurs », qui permettent une détention prolongée sans procès.