Cinq ans après la fin officielle des combats en Syrie, le pays reste marqué par une reconstruction lente et des défis majeurs. Selon BFM Business, la situation actuelle est celle d’un État fragilisé, entre reconstruction partielle, sanctions internationales et enjeux géopolitiques persistants. Le contexte économique et social reste tendu, malgré quelques signes encourageants.
Ce qu'il faut retenir
- Un bilan humain lourd : plus de 350 000 morts et des millions de déplacés depuis 2011, selon les dernières estimations.
- Une reconstruction au ralenti : seulement 20 % des infrastructures détruites ont été restaurées, d’après les rapports de l’ONU.
- Des sanctions internationales toujours en vigueur : les mesures américaines et européennes limitent l’accès aux financements étrangers.
- Une économie en crise : le PIB syrien a chuté de 50 % depuis 2010, avec un taux de chômage dépassant les 50 %.
- Un pouvoir toujours contesté : le régime de Bachar al-Assad reste au pouvoir, mais son contrôle territorial reste incomplet.
Une reconstruction inégale et partielle
Cinq ans après la fin des combats, la Syrie peine à se relever. Selon les dernières données de l’ONU, seulement 20 % des infrastructures détruites ont été reconstruites, principalement dans les zones sous contrôle du régime. Les régions de Damas, Homs et Lattaquié affichent quelques progrès, mais le reste du pays, notamment dans le nord-est, reste largement en ruines. Les projets de reconstruction sont freinés par le manque de fonds et les sanctions internationales.
Le gouvernement syrien a lancé des appels aux investisseurs étrangers, mais la méfiance persiste. « Les investisseurs hésitent en raison des incertitudes juridiques et des restrictions financières », a déclaré un responsable du ministère de l’Économie syrien, sous couvert d’anonymat. Les compagnies étrangères évitent de s’engager dans un pays toujours sous sanctions.
Une économie exsangue et des défis sociaux immenses
L’économie syrienne, autrefois florissante, est aujourd’hui exsangue. Le PIB a chuté de plus de 50 % depuis 2010, selon la Banque mondiale, et le taux de chômage dépasse les 50 %. La livre syrienne, autrefois stable, a perdu plus de 90 % de sa valeur face au dollar depuis le début de la guerre. Les prix des produits de première nécessité ont explosé, plongeant une partie de la population dans une pauvreté extrême.
La crise économique a aussi aggravé les tensions sociales. Les pénuries de carburant, d’électricité et de médicaments sont fréquentes. « La situation humanitaire reste critique, surtout dans les zones reculées », a souligné un rapport de l’ONG Médecins Sans Frontières. Les organisations internationales appellent à un accès humanitaire sans entrave, mais les restrictions persistent.
Un régime toujours en place, mais affaibli
Malgré la fin des combats, Bachar al-Assad reste au pouvoir. Son régime a réussi à reprendre le contrôle de la majorité du territoire, mais des poches de résistance persistent, notamment dans le nord-est, sous influence kurde et soutenues par les États-Unis. La Syrie reste un État fragmenté, avec une présence militaire russe et iranienne forte. « Le régime a survécu, mais son autorité est limitée », a analysé un expert en géopolitique de l’Institut français des relations internationales.
Les élections présidentielles de 2021, boycottées par l’opposition, ont confirmé la mainmise d’al-Assad. Pourtant, la légitimité internationale du régime reste faible. Plusieurs pays, dont la France et les États-Unis, refusent de reconnaître sa légitimité et maintiennent des sanctions.
Enfin, la question kurde, toujours en suspens, pourrait devenir un nouveau foyer de tension. Pour l’instant, la Syrie reste un pays en transition, où la paix fragile pourrait à tout moment être remise en cause.
À ce jour, la Syrie n’a pas bénéficié d’aide financière majeure pour sa reconstruction en raison des sanctions internationales. Quelques pays comme la Russie et l’Iran apportent un soutien limité, mais les fonds internationaux restent bloqués par les restrictions imposées par les États-Unis et l’Union européenne.