Un quadragénaire a été extrait des décombres d’un immeuble effondré à Catia La Mar, dans l’État de La Guaira (nord du Venezuela), huit jours après les deux séismes qui ont frappé le pays le 24 juin 2026. Selon BMF - International, Hernán Gil, un agent de sécurité de 43 ans, a été découvert bloqué dans sa guérite sous les ruines d’un bâtiment presque entièrement détruit.

Ce qu'il faut retenir

  • Un survivant retrouvé après huit jours d’enfermement sous les décombres à Catia La Mar, dans l’État de La Guaira, l’un des plus touchés par les séismes.
  • Bilan humain révisé : 2 295 morts et plus de 11 000 blessés, selon le président de l’Assemblée nationale Jorge Rodriguez. Les Nations unies estiment à 50 000 le nombre de disparus.
  • Une mobilisation internationale : des équipes de secours venues de sept pays (Venezuela, Chili, États-Unis, Portugal, Costa Rica, Salvador, Mexique) interviennent sans relâche depuis trois jours.
  • Crise humanitaire : dans l’État de La Guaira, les pénuries alimentaires sont généralisées, les services de base se sont effondrés et les communications sont coupées. 58 870 bâtiments ont été endommagés ou détruits, selon la Nasa.
  • Appels à l’aide : le Programme alimentaire mondial (PAM) lance un appel à 50 millions de dollars pour nourrir 500 000 personnes pendant trois mois. Le HCR demande 15 millions de dollars pour abriter temporairement 30 000 personnes.
  • Risque d’épidémies : l’OMS craint des flambées de maladies évitables par la vaccination, comme la rougeole ou la diphtérie, en raison de l’effondrement des services de santé.

Un miracle après huit jours sous les décombres

Hernán Gil, 43 ans, agent de sécurité, est resté prisonnier dans sa guérite pendant huit jours après l’effondrement de l’immeuble où il travaillait à Catia La Mar. Des équipes de secours internationales, venues de sept pays, ont finalement réussi à l’extraire jeudi 2 juillet 2026, après trois jours de travail intensif. « C’est vraiment un miracle », a déclaré son épouse, Gusbimar Gonzalez, à l’AFP. « Je suis complètement émerveillée, car c’est la première fois que je vois autant de pays s’unir ainsi pour sauver une seule personne. »

Les sauveteurs, dont des pompiers chiliens, ont partagé sur les réseaux sociaux une vidéo montrant Gil, les yeux injectés de sang, tournant la tête pour regarder la caméra. Les équipes se trouvaient à moins d’un mètre de lui mercredi soir, selon les dernières estimations des secours. Dans cette zone côtière de l’État de La Guaira, presque entièrement détruite, la lettre D (pour « deceased », décédé en anglais) est peinte à la bombe sur de nombreux bâtiments effondrés, mettant fin aux espoirs de trouver d’autres survivants.

Un bilan humain qui s’alourdit et une mobilisation internationale

Le Venezuela déplore désormais 2 295 morts et plus de 11 000 blessés, selon Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée nationale. La veille, le bilan s’établissait à près de 2 000 morts. Les Nations unies estiment que 50 000 personnes sont portées disparues, un chiffre qui illustre l’ampleur de la tragédie. La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a décrété un deuil national de sept jours en hommage aux victimes.

Face à l’urgence, des équipes de secours internationales sont venues en renfort. Selon Luis Arteaga Benatuil, membre du groupe espagnol USAR 13, « il a été extrêmement difficile d’atteindre le territoire vénézuélien. Nous arrivons tard, mais notre objectif reste de sauver des vies ». Plus de 2 000 Américains participent également aux opérations, a indiqué le général Francis Donovan, chef du Commandement Sud des États-Unis. Une solidarité rare, saluée par les familles des victimes, comme celle de Gil.

Une situation humanitaire critique dans l’État de La Guaira

L’État de La Guaira, le plus touché par les séismes, est plongé dans le chaos. Selon le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), « les pénuries alimentaires sont généralisées, les services de base se sont effondrés et les communications sont en grande partie coupées ». Les tensions au sein de la population s’aggravent, tandis que l’accès à l’aide reste limité. « Les gens manquent de s’entretuer pour de la nourriture. C’est comme un combat de coqs », témoigne Daniela Armas, 18 ans, vendeuse dans la zone.

Les images satellitaires de la Nasa révèlent que 58 870 bâtiments ont été endommagés ou détruits. Les habitants, comme Fátima Berroterán, 56 ans, qui vivait dans l’une des 20 tours de la résidence Brisas de Maiquetía, dorment désormais sur le parking de leur immeuble effondré. « Ici, rien ne nous arrivait. C’est seulement depuis cette nuit qu’ils ont commencé à nous apporter de l’eau », explique-t-elle. La plupart n’a pas de tentes.

Pillages et risques sanitaires : l’après-catastrophe s’annonce difficile

Quatre policiers vénézuéliens ont été arrêtés pour pillages dans la zone touchée par les séismes, a annoncé le ministère de la Justice sur les réseaux sociaux. Des images virales montrent des agents pris en flagrant délit par des habitants furieux, illustrant la détérioration des conditions de vie. « Au début, tout se passait bien, mais ensuite la mauvaise organisation a commencé : d’abord les soldats eux-mêmes se servaient, et puis tu te retrouvais avec ce qui restait », raconte Yohana Alvarez, une vendeuse déplacée.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) redoute également des épidémies en raison de l’effondrement des services de santé et des réseaux d’eau et d’assainissement. Christian Lindmeier, porte-parole de l’OMS, a averti qu’un risque accru de flambées de maladies évitables par la vaccination, comme la rougeole, la diphtérie ou la coqueluche, menace la population. « Les perturbations des services de santé, combinées aux déplacements de population, pourraient favoriser ces épidémies », a-t-il souligné.

Appels à l’aide internationale et soutien des ONG

Pour faire face à l’urgence, le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel à 50 millions de dollars afin de nourrir 500 000 personnes pendant trois mois. Stephanie Hochstetter, responsable de l’agence onusienne au Venezuela, craint que de nombreuses familles « ne sombrent encore plus dans la précarité ». Le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) chiffre quant à lui ses besoins à 15 millions de dollars, notamment pour abriter temporairement 30 000 personnes pendant six mois.

Les États-Unis ont doublé leur aide bilatérale après la catastrophe, portant le montant total à 300 millions de dollars, dirigés vers les ONG et agences onusiennes. Une aide bienvenue, mais qui ne suffira pas à couvrir tous les besoins immédiats. Dans un pays déjà marqué par des années de restrictions de l’information, l’accès à La Guaira a été limité par le gouvernement, imposant aux bénévoles un laissez-passer pour entrer dans la zone sinistrée.

Et maintenant ?

Les opérations de secours devraient se poursuivre dans les prochains jours, avec pour objectif de localiser d’éventuels autres survivants sous les décombres. Les autorités vénézuéliennes, soutenues par la communauté internationale, devront rapidement organiser la distribution de l’aide humanitaire pour éviter une crise sanitaire majeure. Une conférence internationale pourrait être organisée dans les semaines à venir pour coordonner les efforts de reconstruction et d’assistance. La situation reste cependant extrêmement fragile, avec un risque persistant d’épidémies et de tensions sociales.

La découverte de Hernán Gil apporte un espoir dans ce paysage dévasté, mais elle rappelle aussi l’urgence d’agir pour les milliers de familles encore sous les décombres ou sans abri. Les prochaines semaines seront cruciales pour éviter que la catastrophe ne s’aggrave.

La lettre D signifie « deceased », c’est-à-dire « décédé » en anglais. Elle est utilisée dans le cadre des opérations de recherche et de sauvetage après les tremblements de terre, conformément à la nomenclature internationale. Sa présence indique que les équipes de secours ont confirmé le décès d’une ou plusieurs personnes sous les décombres, mettant fin aux espoirs de trouver des survivants.