Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a entamé vendredi 7 août une visite officielle à Belgrade, où il a rencontré son homologue serbe Alexandre Vucic. Ce déplacement, qui intervient alors que la Serbie entretient des relations étroites avec Moscou, s’inscrit dans une démarche visant à renforcer les liens entre Kiev et des pays neutres ou proches de la Russie, selon Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • Volodymyr Zelensky est en visite officielle à Belgrade depuis le 7 août 2026.
  • La rencontre avec le président serbe Alexandre Vucic marque une étape diplomatique inédite.
  • La Serbie, traditionnellement proche de la Russie, cherche à envoyer un signal positif aux Occidentaux.
  • Cette visite intervient dans un contexte de guerre en Ukraine et de tensions géopolitiques accrues.

Une visite diplomatique scrutée à l’international

La présence de Volodymyr Zelensky à Belgrade, capitale de la Serbie, a immédiatement suscité l’attention des observateurs internationaux. Le président ukrainien, en déplacement officiel depuis vendredi, a été reçu par son homologue serbe Alexandre Vucic, selon Ouest France. Cette rencontre, bien que symbolique, revêt une importance particulière, la Serbie ayant maintenu des relations étroites avec Moscou tout en cherchant à entretenir des liens avec les puissances occidentales.

« Cette visite est un signe fort de la volonté de la Serbie de jouer un rôle de médiation dans le conflit ukrainien », a déclaré un analyste politique sous couvert d’anonymat. Autant dire que l’Ukraine tente, via ce déplacement, de rallier des soutiens même parmi les pays perçus comme alignés sur la Russie.

La Serbie, entre alignement historique et ouverture stratégique

La Serbie, qui n’a pas rejoint les sanctions contre la Russie, entretient depuis des années des relations économiques et politiques privilégiées avec Moscou. Pourtant, Belgrade a également multiplié les gestes en direction de l’Union européenne et des États-Unis ces derniers mois. Cette dualité explique en partie pourquoi la visite de Zelensky a été accueillie avec autant d’intérêt.

Alexandre Vucic, au pouvoir depuis 2012, a toujours veillé à ne pas s’aliéner complètement l’Occident, malgré la dépendance énergétique de son pays vis-à-vis de la Russie. « Nous sommes un pays neutre, et notre objectif est de préserver la stabilité dans la région », a-t-il rappelé lors d’une conférence de presse conjointe avec Zelensky.

Un message adressé à Bruxelles et Washington

Pour Kiev, cette visite représente une opportunité de convaincre des pays comme la Serbie de soutenir davantage l’Ukraine, ne serait-ce que diplomatiquement. « Chaque rencontre compte, surtout avec des pays qui ne sont pas encore engagés à nos côtés », a expliqué un conseiller de Volodymyr Zelensky. La Serbie, candidate à l’adhésion à l’UE, pourrait ainsi envoyer un signal fort en faveur de l’Ukraine sans pour autant rompre avec Moscou.

D’après Ouest France, cette visite s’inscrit dans une stratégie plus large de Zelensky visant à élargir son réseau de soutiens en Europe. Le président ukrainien a déjà effectué des déplacements similaires en Hongrie, en Turquie et en Slovaquie ces derniers mois, pays souvent perçus comme ambivalents dans le conflit.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de cette visite diplomatique restent à préciser. Une déclaration commune pourrait être publiée d’ici la fin du week-end, tandis que des discussions sur des projets de coopération économique ou humanitaire pourraient être évoquées. Reste à voir si cette rencontre aboutira à des engagements concrets, ou si elle restera avant tout symbolique.

Quoi qu’il en soit, cette visite de Volodymyr Zelensky à Belgrade ouvre une nouvelle page dans les relations entre l’Ukraine et les pays neutres ou proches de la Russie. Elle pose également la question de l’évolution de la position serbe dans les mois à venir, alors que le conflit en Ukraine s’éternise et que les pressions occidentales sur Belgrade s’intensifient.

La Serbie entretient des liens historiques et économiques forts avec la Russie, notamment depuis les années 1990. Moscou soutient Belgrade sur la question du Kosovo, tandis que la Russie fournit une partie des besoins énergétiques de la Serbie. Ces relations ont été renforcées après l’imposition de sanctions occidentales contre la Russie en 2022.