Un bourdonnement, un sifflement ou un cliquetis dans les oreilles, alors que l’environnement est silencieux ? Autant dire que ce signal discret pourrait bien révéler un problème auditif sous-jacent. C’est ce que met en garde le Dr Jackie Price, oto-rhino-laryngologiste au Penn State Health, le centre hospitalier de l’État de Pennsylvanie (États-Unis), cité par Futura Sciences.
Selon le spécialiste, ces phénomènes, appelés acouphènes, ne doivent pas être pris à la légère. Bien qu’ils ne constituent pas en eux-mêmes une pathologie grave, ils peuvent signaler le début d’une perte auditive, voire d’autres troubles comme l’hyperacousie — où les bruits quotidiens deviennent insupportables — ou la misophonie, qui provoque des réactions émotionnelles intenses face à certains sons. Futura Sciences rappelle ainsi que ces symptômes méritent une attention particulière pour préserver à la fois l’audition et la qualité de vie.
Ce qu'il faut retenir
- Les acouphènes, bien que souvent bénins, peuvent indiquer un déclin auditif ou d’autres troubles comme l’hyperacousie ou la misophonie.
- Ils résultent d’une perturbation de la communication entre l’oreille interne et le cerveau, parfois causée par des lésions des cellules ciliées ou une exposition prolongée à des bruits intenses.
- Un test auditif permet de détecter des signes précoces de lésions ou de perte auditive, même en l’absence de symptômes évidents.
- Les acouphènes non traités sont associés à un risque accru de déclin cognitif, de dépression, de chutes, de troubles du sommeil et de difficultés de concentration.
- Près de 15 % de la population mondiale souffre d’acouphènes, qui perturbent à la fois le quotidien et le sommeil.
Les acouphènes, un mécanisme encore mal compris
Les acouphènes surviennent lorsque la cochlée, une structure en forme de coquillage située dans l’oreille interne, ne transmet plus correctement les vibrations sonores au cerveau. Cette cochlée est tapissée de cellules ciliées, équipées de stéréocils mécano-sensibles qui, lorsqu’ils sont endommagés — par le vieillissement ou une exposition répétée à des bruits forts —, perturbent la perception des sons. Futura Sciences explique que ces cellules baignent dans un liquide : lorsqu’une vibration sonore parvient dans l’oreille interne, elle met ce liquide en mouvement, déclenchant l’ouverture de canaux ioniques et la création d’un influx nerveux vers le cerveau.
Or, avec l’âge ou après des années d’exposition à des environnements bruyants — chantiers, concerts, casque audio à volume élevé —, ces cellules ciliées peuvent s’abîmer. Résultat : la communication entre la cochlée et le cerveau se dégrade, générant ces bruits fantômes que sont les acouphènes. Le Dr Price souligne que
« parfois, on pense bien entendre, mais il existe des signes de changement à l’intérieur de l’oreille, comme des lésions des cellules ciliées ou une perte auditive dans les hautes fréquences. »
Des conséquences bien réelles sur la santé
Ignorer ces signaux peut avoir des répercussions sérieuses. Selon les études citées par Futura Sciences, les acouphènes et les troubles auditifs associés sont liés à un risque accru de déclin cognitif, de dépression et même de chutes. Ils perturbent également le sommeil, la concentration et les relations sociales. Le Dr Price insiste : « Un test auditif permet de mieux comprendre ce qui se passe et ainsi de mieux gérer ces changements. »
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon l’Inserm, la surdité touche environ 6 % des 15–24 ans, 9 % des 25–34 ans, 18 % des 35–44 ans et plus de 65 % des plus de 65 ans. Ainsi, environ un quart des 18–75 ans présenterait une déficience auditive. Pourtant, seuls 24 % des seniors concernés seraient équipés d’un appareil auditif, et près de 4 millions de personnes de plus de 65 ans ne compenseraient pas leur perte auditive, d’après une enquête OpinionWay/JNA de février 2026.
Des traitements limités, mais des solutions pour améliorer le quotidien
À ce jour, il n’existe aucun traitement curatif pour les acouphènes ou la perte auditive. En revanche, des prises en charge existent pour atténuer leurs symptômes et améliorer la qualité de vie. Futura Sciences détaille plusieurs approches : thérapies sonores (bruits blancs, générateurs de bruit), rééducation auditive avec appareils spécifiques, ou encore « thérapie de réentraînement des acouphènes » (TRT). En cas de stress, d’anxiété ou de dépression liés aux acouphènes, les médecins peuvent prescrire des médicaments (anxiolytiques, antidépresseurs) ou recommander une thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
Pour la surdité, la prise en charge dépend de la cause et de la gravité : appareillage auditif ou chirurgie peuvent être envisagés. Le Dr Price rappelle que
« un test auditif permet de mieux comprendre ce qui se passe et ainsi de mieux gérer ces changements. »Même en l’absence de symptômes évidents, cet examen peut révéler des signes précoces de lésions et permettre d’agir à temps.
Prévenir plutôt que guérir : protéger son audition au quotidien
La meilleure stratégie reste de limiter l’exposition aux bruits forts. Pour cela, Futura Sciences recommande d’utiliser systématiquement des protections auditives lors d’événements bruyants — concerts, matchs, feux d’artifice — ou lors de l’utilisation d’outils bruyants (tondeuses, tronçonneuses, robots de cuisine). Les bouchons d’oreille ou les casques antibruit doivent afficher un indice de réduction du bruit d’au moins 22 décibels. Leur efficacité dépend cependant d’une bonne utilisation : il faut les aplatir, les rouler, tirer sur le lobe de l’oreille pour les insérer correctement, puis les laisser se dilater. À usage unique, ils doivent être changés après chaque utilisation.
En cas de doute, consulter un oto-rhino-laryngologiste dès les premiers symptômes permet d’agir rapidement et de préserver son capital auditif sur le long terme. Une vigilance qui, selon les experts, pourrait éviter bien des complications.
Pour conclure, ces signaux discrets que sont les acouphènes méritent une attention immédiate. Ils ne sont pas une fatalité, mais une invitation à agir avant que les conséquences ne deviennent plus lourdes. Comme le souligne le Dr Price,
« il est temps de faire un bilan auditif »— un geste simple, mais essentiel pour la santé.
Il faut privilégier des bouchons ou casques antibruit affichant un indice de réduction du bruit d’au moins 22 décibels. Avant de les insérer, il est recommandé de les aplatir, de les rouler et de tirer sur le lobe de l’oreille pour faciliter leur mise en place. Ils doivent épouser parfaitement le conduit auditif pour être efficaces. À usage unique, ils doivent être remplacés après chaque utilisation.
Les acouphènes désignent la perception de bruits (sifflements, bourdonnements) en l’absence de source sonore externe. L’hyperacousie, en revanche, correspond à une hypersensibilité aux bruits du quotidien, qui deviennent anormalement forts ou insupportables. Les deux peuvent coexister et signaler des troubles auditifs sous-jacents.