L’agence de notation Standard & Poor’s a relevé, mercredi 11 juin 2026, la note de la dette souveraine de l’Argentine d’un cran, la portant de CCC+ à B-, assortie d’une perspective « stable ». Une décision qui s’inscrit dans la continuité des efforts du gouvernement argentin pour stabiliser une économie en profonde restructuration sous la présidence de Javier Milei, élu fin 2023. Selon BFM Business, cette revalorisation reflète une amélioration progressive de la liquidité externe et une réduction des vulnérabilités économiques du pays, même si des défis majeurs subsistent.

Ce qu'il faut retenir

  • Inflation divisée par plus de trois : elle est passée de 117,8 % en 2024 à 32 % en 2026, avec un taux annuel actuel de 32,4 %.
  • Croissance économique : le PIB argentin devrait progresser de 2,7 % en 2026, après une croissance de 4,4 % en 2025.
  • Excédent budgétaire : le gouvernement maintient un équilibre positif de ses comptes publics depuis l’arrivée de Milei.
  • Dette extérieure et volatilité : ces deux facteurs restent des risques majeurs, malgré les progrès enregistrés.
  • Réformes structurelles : l’austérité budgétaire drastique mise en place a permis de redresser les finances publiques, mais au prix d’un affaiblissement de l’activité et de l’emploi.

Cette revalorisation par S&P s’ajoute à celle, annoncée en mai 2026 par Fitch, qui avait également porté la note de l’Argentine à B-. Les deux agences de notation soulignent que les réformes engagées par le gouvernement Milei « posent les bases de la poursuite de la reprise économique », selon les termes utilisés dans leur communiqué respectif. Parmi les avancées mises en avant, on note notamment le maintien d’un excédent budgétaire, le recul de l’inflation et un meilleur accès du gouvernement au financement international.

Ces résultats contrastent avec la situation héritée de l’année 2024, marquée par une inflation galopante de près de 118 % et une économie en crise. Depuis son investiture en décembre 2023, le président Javier Milei, figure de l’ultra-libéralisme, a mis en œuvre une politique d’austérité budgétaire sans précédent. Cette stratégie a permis de redresser les comptes publics, mais elle a aussi eu des conséquences sociales lourdes : ralentissement de l’activité économique et hausse du chômage, notamment dans un pays où les inégalités restent profondes.

Les prévisions de croissance pour 2026, fixées à 2,7 %, restent modestes au regard des 4,4 % enregistrés en 2025. Quant à l’inflation, si elle a spectaculairement reculé, elle reste élevée comparée aux standards internationaux. Pour autant, les analystes estiment que la trajectoire est encourageante. «

Les réformes structurelles engagées par l’Argentine commencent à porter leurs fruits, même si les défis de long terme, comme la dette extérieure et la volatilité des marchés, demeurent.

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Un virage économique aux conséquences sociales contrastées

L’application de mesures d’austérité drastiques a permis à l’Argentine de retrouver une certaine crédibilité financière sur la scène internationale. Pourtant, le coût social de cette politique n’est pas négligeable. Les coupes budgétaires massives dans les dépenses publiques ont affecté des secteurs clés comme la santé, l’éducation ou les infrastructures, tandis que le pouvoir d’achat des Argentins reste fortement érodé par une inflation encore supérieure à 30 %. Les syndicats et une partie de la société civile dénoncent un appauvrissement généralisé, dans un pays où 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon les dernières estimations disponibles.

Les réformes structurelles, comme la réduction des subventions aux services publics ou la privatisation partielle de certaines entreprises d’État, ont également suscité des tensions politiques. Le gouvernement Milei, soutenu par une partie de la population en quête de stabilité économique, fait face à une opposition déterminée, qui critique une approche jugée trop brutale. Malgré ces critiques, les indicateurs macroéconomiques semblent donner raison à la stratégie adoptée, du moins à court terme.

Quels sont les prochains défis pour l’Argentine ?

Si les agences de notation saluent les progrès réalisés, elles n’en soulignent pas moins les risques persistants. La dette extérieure, estimée à plus de 40 % du PIB, et la volatilité des marchés financiers restent des épées de Damoclès au-dessus de l’économie argentine. Par ailleurs, la capacité du gouvernement à maintenir un équilibre budgétaire dans un contexte de croissance modérée et d’inflation persistante sera déterminante pour les mois à venir.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour l’Argentine pourraient être marquées par l’approfondissement des réformes structurelles, notamment dans les domaines fiscal et énergétique, afin de réduire la dépendance aux capitaux étrangers. Une autre échéance à surveiller sera le retour de l’Argentine sur les marchés obligataires internationaux, une condition sine qua non pour assainir durablement sa dette. Enfin, la capacité du gouvernement à concilier rigueur budgétaire et relance de l’activité économique sans aggraver les tensions sociales sera un test majeur pour Javier Milei et son équipe.

La revalorisation de la note souveraine par S&P et Fitch constitue indéniablement un signal positif pour l’Argentine, mais elle ne garantit en rien la pérennité de cette embellie. La route vers une stabilité économique durable reste longue et semée d’embûches, dans un pays où les crises successives ont laissé des traces profondes.

Le gouvernement argentin n’a pas détaillé de nouvelles mesures majeures dans l’immédiat, mais les priorités annoncées incluent la poursuite de la réduction des dépenses publiques, la réforme du système fiscal et la privatisation partielle de certaines entreprises d’État. Ces réformes visent à améliorer la compétitivité du pays et à attirer des investissements étrangers, tout en maintenant l’équilibre budgétaire.