Arnaud Prost, 33 ans, astronaute réserviste de l’Agence spatiale européenne (ESA), s’apprête à vivre une première historique : il sera le premier Français à participer à une mission à bord d’une station spatiale privée. Le président Emmanuel Macron a annoncé cette affectation le 1er juin 2026, confirmant ainsi sa participation à la mission prévue en 2027 à destination de la station Haven-1, développée par l’entreprise américaine Vast. Une première mondiale, souligne le Centre national d’études spatiales (Cnes), l’agence spatiale française. Selon Franceinfo - Sciences, cette mission marque un tournant dans l’exploration spatiale, avec une collaboration inédite entre un astronaute européen et un acteur privé du spatial.

Ce qu'il faut retenir

  • Arnaud Prost, 33 ans, sera le premier Français à bord d’une station spatiale privée en 2027, dans le cadre de la mission Haven-1 développée par l’entreprise américaine Vast.
  • Il a été sélectionné comme astronaute réserviste à l’ESA en 2022, aux côtés de Sophie Adenot, astronaute de carrière.
  • Ancien pilote de chasse et ingénieur spécialisé dans le spatial, il a également travaillé sur des projets liés aux rovers martiens, dont Perseverance.
  • Diplômé de l’Isae-Supaero et passionné de plongée, il cumule plus de 200 sauts en parachute et une expérience de rugbyman de haut niveau.
  • Sa mission s’inscrit dans un contexte de diversification des acteurs du spatial, avec une montée en puissance des stations privées.

Un astronaute aux parcours multiples : entre armée, ingénierie et espace

Arnaud Prost incarne une génération d’astronautes aux profils hybrides, mêlant expertise technique et expérience opérationnelle. Entré dans l’armée à 20 ans, il a d’abord servi au 1er régiment de hussards parachutistes entre 2012 et 2013. Par la suite, il a travaillé comme ingénieur au sein de la Compagnie maritime d’expertise à Marseille, où il a obtenu une certification de plongeur professionnel. Ses missions sous-marines incluaient des simulations de sorties extravéhiculaires, une compétence directement transférable à l’espace, précise l’ESA. Selon Franceinfo - Sciences, cette expérience a joué un rôle clé dans sa sélection comme astronaute réserviste.

Son parcours militaire s’est poursuivi au sein de la direction générale de l’Armement, où il a intégré l’Armée de l’air et de l’espace en 2017. Devenu pilote de chasse en 2020, il a rejoint le centre d’essais en vol d’Istres, spécialisé dans le développement d’équipements aéronautiques. « Depuis ce moment, je travaille dans l’équipe Rafale », a-t-il expliqué dans une vidéo pour la direction générale de l’Armement. Il y a notamment contribué à l’amélioration des interfaces homme-machine de l’avion de combat.

De l’Isae-Supaero à la Nasa : un cursus marqué par l’excellence spatiale

Diplômé de l’Isae-Supaero à Toulouse en 2017, Arnaud Prost partage un point commun avec deux autres astronautes français de renom : Thomas Pesquet et Sophie Adenot. L’établissement toulousain, classé 7e école d’ingénieurs post-prépa du Figaro en 2026, est un vivier historique pour les professionnels du spatial. En 2025, il est entré dans le top 50 mondial du classement de Shanghai en ingénierie aérospatiale, occupant la 49e place. Cette école propose depuis les années 1970 des formations dédiées au secteur spatial, un atout expliquant pourquoi tant d’astronautes en sont issus, selon Olivier Lesbre, son directeur général.

Parallèlement à son diplôme d’ingénieur, Arnaud Prost a obtenu un master en astrophysique, sciences de l’espace et planétologie à l’université Paul-Sabatier de Toulouse. Son excellence académique l’a également mené jusqu’au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa, où il a effectué un stage en 2015. Intégré à l’équipe « Entry, Descent and Landing » (EDL), il a contribué à la préparation de la mission Mars 2020, aujourd’hui connue sous le nom de Perseverance. « Je travaillais sur un modèle de rover pour son atterrissage sur Mars », a-t-il confié en 2025. Le rover, opérationnel depuis 2021, explore actuellement la planète rouge.

Un profil sportif complet : parachutisme, rugby et plongée

Au-delà de ses compétences techniques, Arnaud Prost se distingue par une pratique sportive variée et exigeante. Passionné de parachutisme, il cumule plus de 200 sauts en chute libre, une expérience qui témoigne de sa maîtrise des situations à haut risque. Le rugby, qu’il a pratiqué pendant deux décennies, occupe également une place centrale dans sa vie. Il cite d’ailleurs le légendaire Jonny Wilkinson, ancien demi d’ouverture anglais, comme l’un de ses modèles. « Le rugby m’a appris la rigueur et le travail d’équipe, des valeurs essentielles pour un astronaute », a-t-il souligné à plusieurs reprises.

Mais c’est sous l’eau que ses passions semblent converger. Instructeur de plongée, il considère Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne comme son livre de chevet et Le Grand Bleu de Luc Besson comme son film préféré. En avril 2026, il a annoncé sur Instagram avoir rejoint l’équipe encadrante du bassin d’entraînement des astronautes européens à Cologne, en Allemagne. « En parallèle de mes propres entraînements, je suis parfois responsable de la sécurité de mes camarades », a-t-il expliqué. Son surnom dans l’armée, « Bubble » (Bulle), reflète d’ailleurs cette connexion avec le monde sous-marin : « Parce que visiblement, je parle plus souvent de plongée que d’aéronautique », a-t-il plaisanté dans une vidéo pour l’Armée de l’air et de l’espace.

Une sélection au sein de la même promotion que Sophie Adenot

En 2022, l’ESA a sélectionné 17 candidats parmi 22 000 postulants pour intégrer son corps d’astronautes. Ce groupe comprend cinq astronautes de carrière, onze réservistes et un astronaute porteur de handicap. Arnaud Prost fait partie des réservistes, aux côtés de Sophie Adenot, astronaute de carrière. Cette différence de statut s’explique par les perspectives de vol : les astronautes de carrière, comme Sophie Adenot, suivent une formation immédiate avec des missions prévues à court terme. Les réservistes, en revanche, sont formés progressivement et ne sont affectés qu’en cas d’opportunité précise identifiée par leur État membre, comme l’a expliqué Arnaud Prost à Sciences et Avenir en octobre 2025.

Cette sélection a été saluée par le monde spatial français. « Très fier de mes nouveaux collègues Sophie et Arnaud !!! », avait réagi Thomas Pesquet sur les réseaux sociaux le 23 novembre 2022. De son côté, Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, avait souligné : « La sélection d’Arnaud Prost prouve l’excellence des armées françaises sur le spatial ! » Une reconnaissance qui illustre l’importance des parcours militaires dans le domaine spatial.

Et maintenant ?

La mission d’Arnaud Prost à bord de la station Haven-1, prévue pour 2027, s’inscrit dans un contexte de multiplication des acteurs privés du spatial. Vast, l’entreprise américaine à l’origine de cette station, prévoit d’autres missions habitées dans les années suivantes. Pour l’ESA et le Cnes, cette collaboration ouvre la voie à de nouvelles opportunités pour les astronautes européens, notamment ceux issus des rangs réservistes. Reste à voir comment cette première mission privée sera perçue par les agences spatiales traditionnelles, et si elle incitera d’autres pays à s’engager dans des partenariats similaires.

En attendant, Arnaud Prost poursuit ses entraînements intensifs, entre simulations de missions et préparation physique. Son profil, à la fois technique et humain, pourrait bien faire de lui un ambassadeur du spatial français dans cette nouvelle ère de l’exploration.

Cette première mission privée soulève également des questions sur l’avenir des stations spatiales. Les stations privées, comme Haven-1, pourraient-elles à terme remplacer les infrastructures publiques comme la Station spatiale internationale ? Les experts s’accordent à dire que cette transition prendra du temps, mais que le secteur privé jouera un rôle croissant dans les années à venir.

Les astronautes de carrière, comme Sophie Adenot, suivent une formation immédiate avec des missions prévues à court terme. Les réservistes, comme Arnaud Prost, sont formés progressivement et ne sont affectés qu’en cas d’opportunité précise identifiée par leur État membre, selon les explications d’Arnaud Prost à Sciences et Avenir en 2025.

La mission est prévue pour 2027, mais aucune date précise n’a encore été communiquée. Arnaud Prost et les autres membres de l’équipage devraient suivre des entraînements intensifs jusqu’à cette date, incluant des simulations de missions et des préparations physiques.