Selon Ouest France, Marc Butruille, gérant du jardin du Presby’terre à Chemellier, dans le Maine-et-Loire, prodigue des conseils pour adapter les espaces verts aux étés de plus en plus chauds. Cultivant son domaine en permaculture, il partage ses pistes pour créer des environnements résilients face aux changements climatiques actuels.

Ce qu'il faut retenir

  • Marc Butruille est propriétaire du jardin du Presby’terre à Chemellier (Maine-et-Loire), un espace cultivé en permaculture.
  • Les canicules récurrentes de ces dernières années ont poussé les jardiniers à repenser l’aménagement des espaces verts.
  • L’ombre et la gestion de l’eau figurent parmi les priorités pour limiter les impacts des fortes chaleurs sur la flore.
  • La permaculture, qui mise sur la biodiversité et les interactions naturelles, est présentée comme une solution adaptée.
  • Les conseils de Marc Butruille s’adressent aussi bien aux particuliers qu’aux collectivités souhaitant végétaliser durablement leurs territoires.

Un jardin en permaculture face aux étés caniculaires

Installé au sud d’Angers, le jardin du Presby’terre s’étend sur un terrain que Marc Butruille cultive depuis plusieurs années en appliquant les principes de la permaculture. Cette méthode, qui reproduit les écosystèmes naturels, vise à créer des espaces autonomes et résistants. Face à des étés marqués par des températures dépassant régulièrement les 35°C, l’agriculteur a dû adapter ses techniques pour préserver la vitalité de ses cultures.

Selon lui, la clé réside dans l’organisation des végétaux et la gestion de l’eau. « L’ombre, c’est capital », a-t-il souligné. Les arbres et arbustes sont plantés de manière stratégique pour créer des zones ombragées, limitant ainsi l’évaporation et maintenant l’humidité dans le sol. Bref, une approche qui mêle pragmatisme et respect des cycles naturels.

Des techniques accessibles pour tous les jardiniers

Marc Butruille insiste sur le fait que ses recommandations ne s’adressent pas uniquement aux experts. « On peut très bien commencer petit à petit, en observant son terrain et en identifiant les zones les plus exposées au soleil », a-t-il expliqué. Côté plantes, il préconise les espèces locales et résistantes à la sécheresse, comme les aromatiques (thym, romarin) ou certaines vivaces.

Pour les sols, il recommande de pailler abondamment — avec des copeaux de bois ou des feuilles mortes — afin de conserver l’humidité et de protéger les micro-organismes. « Un sol vivant est un sol qui résiste mieux », a-t-il ajouté. Ces méthodes, simples à mettre en œuvre, permettent de réduire l’arrosage tout en favorisant la biodiversité.

L’ombre, un atout majeur contre la chaleur

L’une des priorités mises en avant par le permaculteur est l’aménagement d’espaces ombragés. Les pergolas, les treillages recouverts de plantes grimpantes ou encore les haies composites sont autant de solutions pour briser les rayons du soleil. « Une fois que l’ombre est bien positionnée, on remarque une baisse immédiate de la température au sol », a-t-il précisé.

Il cite en exemple son propre jardin, où des haies de noisetiers et de sureaux, plantées en quinconce, font office de brise-vent et de parasol naturel. « Ces choix ne sont pas anodins : ils répondent à un besoin de régulation thermique, autant dire que c’est indispensable aujourd’hui », a-t-il affirmé. Pour les balcons ou les petits jardins urbains, il suggère des pots suspendus avec des plantes retombantes ou des voiles d’ombrage temporaires.

L’eau, un enjeu central pour les espaces verts

Autre défi majeur : la gestion de l’eau. Marc Butruille plaide pour des systèmes de récupération d’eau de pluie, couplés à des techniques d’irrigation goutte-à-goutte pour une utilisation ciblée. « Arroser le soir ou tôt le matin limite l’évaporation », a-t-il rappelé. Il déconseille les arrosages en pleine journée, où l’eau s’évapore avant même de pénétrer le sol.

Côté infrastructures, il évoque les bassins de rétention ou les mares, qui stockent l’eau et favorisent la présence d’amphibiens et d’insectes utiles. « Un écosystème équilibré a besoin d’eau, mais aussi de zones humides », a-t-il souligné. Ces aménagements, souvent négligés, jouent un rôle clé dans la résilience des jardins face aux canicules.

Et maintenant ?

Avec l’aggravation des vagues de chaleur prévue dans les décennies à venir, les collectivités et les particuliers pourraient multiplier les projets de végétalisation adaptée. Les communes sont déjà incitées à intégrer ces principes dans leurs plans d’urbanisme, notamment via des subventions pour les « villes perméables ». Reste à voir si les jardiniers amateurs suivront massivement ces conseils, alors que les étés deviennent de plus en plus imprévisibles.

Pour aller plus loin, Marc Butruille organise régulièrement des ateliers au jardin du Presby’terre. Ces sessions, ouvertes à tous, permettent d’échanger sur les bonnes pratiques et de découvrir des variétés résistantes. Une initiative qui pourrait inspirer d’autres régions confrontées aux mêmes défis climatiques.

Marc Butruille recommande les espèces locales et adaptées comme le thym, le romarin, la lavande ou encore certaines graminées. Ces plantes nécessitent peu d’eau une fois installées et supportent bien les fortes chaleurs. Il conseille également les vivaces, qui reviennent chaque année sans besoin de replantation.