Selon BFM Business, la fortune d’Elon Musk pourrait franchir un seuil historique dès le 12 juin 2026, avec l’introduction en Bourse de SpaceX. Cette opération, attendue sur le Nasdaq à New York, propulserait la valorisation de la société spatiale entre 1 750 et 2 000 milliards de dollars, selon les dernières estimations. Dans ce contexte, la part détenue par Musk – estimée à 42 % du capital et 79 % des droits de vote après la cotation – pourrait faire passer sa fortune nette au-delà des 1 000 milliards de dollars.

Ce qu'il faut retenir

  • Elon Musk pourrait devenir le premier « trillionaire » de l’histoire dès juin 2026, avec une fortune dépassant les 1 000 milliards de dollars grâce à l’introduction en Bourse de SpaceX.
  • La valorisation de SpaceX est estimée entre 1 750 et 2 000 milliards de dollars, selon les données du Nasdaq et des plateformes spécialisées comme Forge Global.
  • Sa fortune actuelle, estimée à 835 milliards de dollars par Forbes en juin 2026, le place déjà loin devant les autres milliardaires mondiaux, comme Larry Page (298 milliards).
  • Avec une telle richesse, Musk pourrait dépenser 1 million de dollars par jour pendant 2 700 ans, ou 1 000 dollars par jour pendant 2,7 millions d’années.

SpaceX, levier de la fortune record d’Elon Musk

L’introduction en Bourse de SpaceX, prévue pour le 12 juin 2026, marque un tournant dans la valorisation de la fortune d’Elon Musk. Selon Forbes, cette opération garantirait à sa fortune nette de dépasser le seuil symbolique des 1 000 milliards de dollars, un niveau encore jamais atteint par un individu. Jusqu’ici, la société spatiale, fondée en 2002, était valorisée entre 1 250 et 1 500 milliards en mars 2025, avant que les estimations ne grimpent à 1 500 milliards début juin 2026 sur les marchés privés.

Musk détient 12 % des actions ordinaires et 94 % des actions de classe B – chacune assortie de dix droits de vote –, selon un document déposé auprès de la SEC, le gendarme américain de la Bourse. Après la cotation, il conserverait environ 42 % du capital et 79 % des droits de vote, ce qui représenterait entre 735 et 840 milliards de dollars en fonction de la valorisation finale de SpaceX.

Une concentration de richesses sans précédent depuis l’ère Rockefeller

Une fortune de plus de 1 000 milliards de dollars place Elon Musk dans une catégorie à part. Pour donner une mesure de cette richesse, Forbes souligne qu’un milliardaire « classique » peut dépenser 1 000 dollars par jour pendant 2 700 ans avant d’épuiser son patrimoine. À l’inverse, un « trillionaire » comme Musk pourrait dépenser 1 million de dollars par jour pendant la même période. Autant dire que l’échelle de sa fortune dépasse l’entendement.

Cette concentration record rappelle celle de John D. Rockefeller au début du XXe siècle. À son apogée, la fortune de Rockefeller, estimée à 40 milliards de dollars en valeur actuelle, représentait environ un trentième du PIB américain de l’époque – soit l’équivalent de 1 000 milliards de dollars aujourd’hui. Une comparaison qui souligne la similitude des niveaux de concentration, même si Rockefeller s’appuyait sur un empire industriel diversifié, moins dépendant des marchés financiers que les fortunes technologiques actuelles.

Un pouvoir économique et politique qui interroge

Selon William Robinson, professeur de sociologie à l’Université de Californie-Santa Barbara, interviewed par l’AFP, « il y a une tendance incroyable et continuelle de centralisation et de concentration des richesses (...) et, au sommet, la concentration s’accélère ». Avec une fortune dépassant le PIB annuel de plus de 125 pays – dont la Norvège, la Thaïlande ou l’Argentine –, Musk incarne une forme d’oligarchie technologique dont l’influence s’étend au-delà des sphères économiques.

Cette concentration soulève des questions sur son pouvoir politique. En 2025, Musk a brièvement participé à la réorganisation de l’administration fédérale américaine via le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), un rôle qui a renforcé les critiques sur son emprise sur les institutions. Aujourd’hui, près des deux tiers des Américains – y compris une majorité de républicains – estiment que les milliardaires comme Musk contribuent à rendre la société plus injuste, selon les dernières enquêtes disponibles.

L’évolution des fortunes : entre fascination et rejet

Historiquement, les États-Unis ont longtemps entretenu une forme de fascination pour les grandes fortunes. Pourtant, depuis 2024, l’opinion publique semble basculer. En 2025, une courte majorité d’Américains déclarait encore admirer les milliardaires, mais cette tendance s’est inversée : 65 % de la population considère désormais que ces fortunes exacerbent les inégalités et ne sont pas suffisamment utilisées au service de l’intérêt général.

Cette défiance touche particulièrement les figures les plus médiatisées. Elon Musk et Donald Trump, tous deux milliardaires, affichent aujourd’hui une image dégradée, avec une majorité d’opinions défavorables. Les manifestants du mouvement « Hands Off! », qui a rassemblé des milliers de personnes sur le National Mall en avril 2025, illustrent cette prise de conscience croissante. « Dans le même temps, 5 milliards de personnes vivent sous le seuil de pauvreté

« L’impact psychologique [d’atteindre le seuil symbolique des 1 000 milliards] peut lui faire dire : "Je suis Dieu, j’ai le plus formidable pouvoir sur la planète entière", et lui "donner une aura divine" auprès de populations », avertit William Robinson. « Cela s’accompagne d’une concentration de pouvoir technologique, financier et structurel qui dépasse largement le cadre économique. »

Et maintenant ?

Si l’introduction en Bourse de SpaceX est prévue pour le 12 juin 2026, les analystes anticipent déjà une possible fusion entre SpaceX et Tesla dès 2027. Le constructeur automobile, dont la capitalisation boursière atteint 1 580 milliards de dollars, se recentre de plus en plus sur la robotique, l’énergie et les transports autonomes. Une telle alliance pourrait encore renforcer l’emprise d’Elon Musk sur des secteurs clés de l’économie mondiale.

Reste à savoir si cette concentration de richesses inédite entraînera des régulations accrues aux États-Unis, où la fiscalité des ultra-riches reste un sujet de débat. Pour l’heure, les mécanismes d’optimisation successorale permettent à des fortunes comme celle de Musk de se transmettre avec une imposition minimale, perpétuant ainsi les inégalités structurelles.

Les fortunes technologiques, un phénomène récent et instable

Contrairement à Rockefeller, dont l’empire reposait sur des industries diversifiées, les fortunes technologiques comme celle d’Elon Musk sont extrêmement volatiles. Avant de dominer le classement des milliardaires, Musk a alterné avec d’autres figures : Carlos Slim en 2012, Bill Gates (record de longévité au sommet), Jeff Bezos ou Bernard Arnault. Même Larry Ellison, cofondateur d’Oracle, a brièvement occupé la première place grâce à la hausse de l’action de son entreprise.

Cette instabilité rappelle que les hiérarchies des grandes fortunes évoluent plus vite aujourd’hui qu’au XXe siècle. La dépendance aux marchés financiers rend ces empires économiques vulnérables aux crises boursières, aux régulations ou aux changements de conjoncture. Pour Musk, dont la fortune repose à 99,9 % sur des actifs non liquides – principalement Tesla et SpaceX –, une chute des valorisations pourrait donc inverser la tendance en quelques mois.

Comparaison avec les grandes fortunes historiques : une nouvelle ère ?

Si Elon Musk venait à dépasser les 1 000 milliards de dollars, il deviendrait le premier individu à atteindre ce seuil, dépassant ainsi des figures comme Rockefeller. Pourtant, la comparaison reste complexe. Rockefeller contrôlait un empire industriel diversifié – chemins de fer, mines, banques –, lui permettant de réduire progressivement sa dépendance à Standard Oil. Aujourd’hui, Musk concentre ses actifs dans deux entreprises phares, Tesla et SpaceX, dont la valorisation dépend largement de la confiance des investisseurs dans l’innovation technologique.

Cette différence fondamentale interroge : les « trillionaires » de demain seront-ils des magnats industriels à l’ancienne, ou des architectes d’écosystèmes numériques et spatiaux ? Une chose est sûre, leur influence dépasse désormais le cadre économique pour s’immiscer dans les rouages politiques, technologiques et sociétaux des États.

Le terme « trillionaire » désigne une personne dont la fortune dépasse le seuil d’un trillion de dollars, soit 1 000 milliards. En français, « trillion » correspond à l’anglais « billion » (mille milliards), car le système de numération français utilise le terme « billion » pour désigner 1012 (un million de millions). Elon Musk pourrait devenir le premier « trillionaire » de l’histoire dès juin 2026, selon les estimations de BFM Business et Forbes.