Un ancien commandant de police, Christian Le Jallé, a passé un quart de siècle à traquer l’un des tueurs en série les plus insaisissables de France. Son récit, livré dans un livre à paraître, éclaire les coulisses d’une enquête hors norme qui a duré plus de trois décennies. Selon Ouest France, cette traque s’est achevée par l’identification du principal suspect, François Vérove, surnommé le « Grêlé » en raison d’une cicatrice caractéristique sur le visage.
Ce qu'il faut retenir
- François Vérove, surnommé le « Grêlé » pour une cicatrice faciale, est suspecté d’avoir commis une série d’agressions et de meurtres entre 1986 et 1994.
- L’enquête, menée pendant trente-cinq ans, a mobilisé des centaines de policiers et a connu des avancées majeures grâce aux techniques modernes d’ADN.
- Christian Le Jallé, ancien commandant de police, a consacré vingt-cinq ans de sa carrière à traquer le suspect.
- Le livre de Christian Le Jallé, à paraître, revient sur les étapes clés de cette traque et les obstacles rencontrés.
- L’identification de François Vérove a été rendue possible par l’analyse de traces ADN réexaminées en 2023.
Une traque marquée par des échecs et des rebondissements
Pendant des années, les enquêteurs ont accumulé les pistes sans parvenir à identifier le tueur. Les agressions, principalement commises en région parisienne, présentaient des similitudes troublantes : des victimes agressées dans leur domicile, parfois violées, et des traces de sperme retrouvées sur les scènes de crime. Pourtant, malgré les multiples signalements et les portraits-robot, le « Grêlé » est resté introuvable. Selon Christian Le Jallé, cité par Ouest France, « les avancées technologiques ont été déterminantes pour relancer l’enquête dans les années 2020 ». Les nouvelles méthodes d’analyse ADN ont permis de faire le lien entre plusieurs affaires non résolues.
Le rôle central de Christian Le Jallé dans l’enquête
Recruté en 1996 au sein de la brigade criminelle, Christian Le Jallé a été chargé de reprendre le dossier en 2001. Son livre, dont la sortie est prévue pour le mois prochain, détaille les stratégies mises en place pour identifier le suspect. « On partait de zéro, ou presque, car les techniques de l’époque ne permettaient pas d’exploiter pleinement les indices biologiques », explique-t-il. Malgré les pressions et les doutes, il a maintenu ses efforts pendant des années, convaincu que le tueur finirait par commettre une erreur. C’est finalement en 2023 que les enquêteurs ont pu établir un lien génétique entre François Vérove et plusieurs scènes de crime grâce à une réanalyse des échantillons d’ADN conservés.
François Vérove, un profil insaisissable
Né en 1962 à Paris, François Vérove a mené une vie ordinaire en apparence, travaillant comme pompier à Compiègne dans l’Oise. C’est son inscription dans le fichier des empreintes génétiques, en 2014, qui a attiré l’attention des enquêteurs. Ses antécédents judiciaires, notamment pour des faits de violences, n’avaient jusqu’alors pas été mis en relation avec les affaires du « Grêlé ». « Ce profil discret, presque invisible, a rendu la traque encore plus complexe », souligne Christian Le Jallé. Les investigations ont révélé que Vérove avait vécu dans plusieurs régions de France, ce qui pourrait expliquer la dispersion géographique des crimes attribués au « Grêlé ».
Reste à savoir si François Vérove reconnaîtra les faits lors de sa garde à vue, prévue dans les prochains jours. Les enquêteurs espèrent également que cette affaire permettra de faire la lumière sur d’autres dossiers non résolus, liés à des agressions sexuelles commises dans les années 1990. Autant dire que cette traque, qui a duré plus de trois décennies, n’est pas encore tout à fait terminée.
François Vérove est suspecté d’avoir commis au moins quatre meurtres et plusieurs agressions sexuelles entre 1986 et 1994, principalement en région parisienne. Les enquêteurs lui attribuent également d’autres affaires non élucidées dans d’autres régions de France.