En Hongrie, András Baka, figure emblématique de l'opposition judiciaire à Viktor Orbán, a été choisi par le mouvement de Péter Magyar pour briguer le poste de président de la République. Selon Le Monde, cette candidature s'inscrit dans une stratégie plus large visant à rassembler les forces anti-Orbán autour d'une personnalité respectée pour son intégrité. András Baka incarne, en effet, une résistance symbolique face aux réformes controversées qui ont marqué la justice hongroise ces dernières années.
Ce qu'il faut retenir
- András Baka a été destitué en 2012 de la présidence de la Cour suprême de Hongrie après avoir dénoncé une « purge déguisée » de la magistrature.
- Cette destitution faisait suite à l'abaissement de l'âge de départ à la retraite des juges, passé de 70 ans à 62 ans, une réforme critiquée comme un moyen de contrôler la justice.
- Péter Magyar, figure montante de l'opposition, mise sur la candidature de Baka pour incarner une alternative crédible à Viktor Orbán.
- La désignation de Baka intervient dans un contexte de tensions politiques accrues, à moins d'un an des prochaines élections.
Un parcours judiciaire marqué par la résistance à Viktor Orbán
András Baka, juriste expérimenté, a occupé la présidence de la Cour suprême hongroise jusqu'en juin 2012, date à laquelle il a été destitué sans préavis. Sa chute s'est produite après qu'il ait publiquement dénoncé la réforme abaissant l'âge de la retraite des magistrats. Pour lui, cette mesure n'était autre qu'une manœuvre politique visant à écarter les juges les plus indépendants et âgés de 62 à 70 ans, afin de placer des magistrats plus alignés sur le pouvoir. « Cette réforme était une attaque frontale contre l'indépendance de la justice », avait-il alors affirmé dans un entretien au Figaro, selon Le Monde.
Depuis cette date, András Baka est devenu une figure de proue de l'opposition judiciaire en Hongrie. Son nom circule régulièrement dans les cercles politiques comme symbole de la résistance à l'autoritarisme d'Orbán. Sa désignation par Péter Magyar, ancien membre du parti Fidesz avant de rompre avec Orbán, marque donc un tournant symbolique dans la stratégie d'opposition.
Péter Magyar mise sur une candidature à haute valeur symbolique
Péter Magyar, dont le mouvement « Résistance » (Ellenzék) cherche à fédérer les forces anti-Orbán, a justifié son choix par la nécessité de présenter une personnalité intègre et respectée. « András Baka incarne l'honneur de la justice hongroise », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Budapest, selon Le Monde. Son mouvement, qui a émergé en 2024 après des révélations sur la corruption au sein du parti au pouvoir, mise sur une alliance large pour affronter le Fidesz aux prochaines élections.
La candidature de Baka pourrait également servir de levier pour mobiliser l'électorat modéré, lassé par les années de pouvoir d'Orbán. Cependant, les observateurs soulignent que son profil, bien que respecté, reste méconnu du grand public. Autant dire que son élection dépendra en grande partie de la capacité de Magyar à transformer ce symbole en un projet politique viable.
La désignation de Baka intervient également à un moment où l'Union européenne maintient une pression constante sur la Hongrie concernant l'État de droit. Bruxelles a déjà gelé des fonds européens en raison de réformes controversées, et la question judiciaire reste un point de friction majeur. Reste à voir si cette candidature pourra servir de catalyseur pour une mobilisation plus large contre le pouvoir en place.
András Baka a été destitué de la présidence de la Cour suprême hongroise après avoir critiqué publiquement la réforme abaissant l'âge de départ à la retraite des juges, passant de 70 à 62 ans. Il avait dénoncé cette mesure comme une « purge déguisée » de la magistrature, visant à écarter les juges les plus indépendants, selon Le Monde.
Péter Magyar, ancien membre du parti Fidesz d'Orbán, a rompu avec le pouvoir en place en 2024. Son mouvement, « Résistance », cherche à fédérer l'opposition. Il a choisi András Baka pour incarner une alternative crédible et symboliser la résistance à l'autoritarisme, en raison de son parcours judiciaire et de son opposition aux réformes controversées.