La Banque mondiale a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, anticipant désormais une progression de seulement 2,5 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, selon Capital. Cette estimation, révélée jeudi 11 juin, marque un recul par rapport aux 2,6 % annoncés en janvier et représente le niveau le plus bas depuis la crise liée à la pandémie de Covid-19.
Plus des deux tiers des pays devraient subir un ralentissement de leur croissance par rapport aux dernières projections de l’institution financière. La guerre au Moyen-Orient joue un rôle central dans cette dégradation, notamment en raison de la hausse des cours des matières premières. Le pétrole, le gaz, les plastiques ou encore les engrais voient leurs prix s’envoler, pénalisant particulièrement les pays exportateurs de la région.
Ce qu'il faut retenir
- 2,5 % : la croissance mondiale attendue en 2026, soit le niveau le plus bas depuis la pandémie de Covid-19.
- Plus des deux tiers des pays devraient connaître un ralentissement économique par rapport aux prévisions précédentes.
- En cas de persistance des tensions géopolitiques, la croissance pourrait chuter jusqu’à 1,3 %.
- L’inflation mondiale est estimée à 4 % en 2026, mais pourrait dépasser 4,4 % si le prix du baril atteignait 115 dollars.
- La croissance de la zone euro est révisée à 0,8 % (contre 1,4 % en 2025), tandis que celle des États-Unis se stabiliserait à 2,2 %.
Une croissance mondiale sous pression
L’institution financière souligne que la situation économique reste fragile, avec une croissance mondiale en net recul par rapport aux années précédentes. « Si le choc énergétique déclenchait un choc sur les marchés financiers, la confiance pourrait s’éroder rapidement », a déclaré Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale. Selon lui, une détérioration supplémentaire des perspectives est à craindre en cas de pressions énergétiques et financières accrues.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment la guerre en cours, aggravent la situation en alimentant une hausse des prix de l’énergie. En mai 2026, l’inflation dans la zone euro a atteint 3,2 %, poussant la Banque centrale européenne (BCE) à relever ses taux directeurs d’un quart de point jeudi 11 juin. Cette décision intervient après trois ans sans ajustement, reflétant les pressions inflationnistes persistantes dans un contexte de crise énergétique.
Des prévisions revues à la baisse pour les grandes économies
Dans le détail, la Banque mondiale a fortement révisé ses estimations pour les principales zones économiques. La croissance de la zone euro est désormais attendue à 0,8 % en 2026, contre 1,4 % en 2025. Aux États-Unis, la progression du PIB devrait se stabiliser autour de 2,2 %, avant un possible ralentissement ultérieur. En Chine, après une croissance de 5 % en 2025, le ralentissement attendu est de 4,2 % en 2026.
Les régions du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ne sont pas épargnées, avec des prévisions en net recul. En revanche, l’Inde devrait conserver une croissance robuste de 6,6 % en 2026, malgré un léger ralentissement par rapport aux 7 % enregistrés en 2025. L’Inde reste ainsi la grande économie à la croissance la plus dynamique au monde, devant la Chine.
Une économie mondiale moins résiliente qu’en 2008
Indermit Gill, économiste en chef de la Banque mondiale, a mis en garde contre la vulnérabilité accrue de l’économie mondiale. « L’économie mondiale est beaucoup moins résiliente aujourd’hui qu’elle ne l’était en 2008, et même qu’en 2018 », a-t-il souligné. Il a pointé du doigt plusieurs facteurs de risque : des taux d’intérêt élevés, des pressions inflationnistes persistantes et une incertitude politique généralisée. Ces éléments devraient marquer les années à venir, limitant la capacité de rebond des économies.
Malgré ce tableau sombre, la Banque mondiale entrevoit une légère amélioration à moyen terme. Ses prévisions pour 2027 et 2028 tablent sur une croissance mondiale de 2,8 %, même si ces niveaux restent inférieurs à ceux observés durant les années 2010. Gill a rappelé que les économies avancées, en particulier, peinent à retrouver leur dynamisme d’avant-crise.
Pour l’instant, les gouvernements et les institutions financières restent en alerte, conscients que la résilience des économies dépendra largement de leur capacité à absorber les chocs externes. Les prochaines réunions du G20 et les annonces des banques centrales seront suivies de près par les marchés.
La croissance mondiale est revue à la baisse en raison de plusieurs facteurs : la guerre au Moyen-Orient, qui alimente une hausse des prix de l’énergie, les tensions géopolitiques persistantes, et des taux d’intérêt élevés dans les économies avancées. Selon la Banque mondiale, plus des deux tiers des pays devraient connaître un ralentissement par rapport aux prévisions précédentes.
La zone euro et le Moyen-Orient figurent parmi les régions les plus affectées, avec des prévisions de croissance revues respectivement à 0,8 % et en forte baisse pour les pays exportateurs de matières premières. Les États-Unis et la Chine connaissent également un ralentissement, mais dans une moindre mesure.