Un séminaire organisé ce vendredi 29 mai à Bruxelles a mis en lumière les défis posés par la concurrence chinoise sur les marchés européens. Selon BFM Business, trois économistes de premier plan – Patrick Artus, conseiller économique d'Ossiam, Antonin Bergeaud, Prix du meilleur jeune économiste 2025, et Olivier Garnier, expert associé à l'Institut Montaigne – ont analysé, lors de l'émission « Les Experts », les moyens dont dispose l'Europe pour protéger son commerce face à Pékin. L'un des sujets phares portait sur la nécessité d'imposer le modèle européen d'intelligence artificielle Mistral aux États membres.

Ce qu'il faut retenir

  • Un séminaire à Bruxelles ce 29 mai a examiné les outils de défense commerciale de l'Europe contre la menace chinoise.
  • Les économistes Patrick Artus, Antonin Bergeaud et Olivier Garnier ont participé à l'émission « Les Experts » sur BFM Business.
  • La question de l'imposition du modèle d'IA Mistral aux Européens a été soulevée comme un levier stratégique.
  • L'émission a été diffusée en direct et disponible en podcast pour les auditeurs.
  • Le débat s'inscrit dans un contexte de tensions commerciales accrues entre l'UE et la Chine.

Bruxelles examine ses armes face à la concurrence chinoise

Les discussions de ce vendredi à Bruxelles s'inscrivent dans un contexte où la Chine représente un défi économique croissant pour l'Union européenne. Les experts réunis par BFM Business ont souligné que les outils de défense commerciale européens, jusqu'alors jugés insuffisants, devaient être renforcés. Antonin Bergeaud a rappelé que « l'Europe doit désormais jouer un rôle plus actif dans la régulation des échanges, notamment face à des pratiques chinoises parfois perçues comme déloyales ». Les participants ont également pointé du doigt les subventions massives accordées par Pékin à ses entreprises, faussant la concurrence.

Parmi les solutions évoquées, la généralisation du modèle d'intelligence artificielle Mistral a été présentée comme une piste sérieuse. Olivier Garnier a expliqué que « l'adoption massive de cette technologie par les Européens pourrait servir de levier pour réduire la dépendance vis-à-vis des solutions étrangères ». Pour lui, il s'agit moins d'un protectionnisme déguisé que d'une stratégie visant à préserver l'autonomie technologique du continent. Patrick Artus, quant à lui, a insisté sur l'urgence d'agir : « Chaque jour de retard dans la mise en place de ces outils équivaut à une perte de parts de marché face à des concurrents qui ne respectent pas toujours les règles du jeu. »

Une émission en direct pour éclairer les enjeux économiques

L'émission « Les Experts », diffusée ce vendredi 29 mai sur BFM Business, a permis de décrypter ces enjeux sous l'angle des faits et des chiffres. Les trois économistes ont abordé plusieurs thèmes clés : la baisse récente du PIB français au premier trimestre 2026, les risques de dérive des comptes sociaux, et la nécessité de revaloriser les salaires dans un contexte inflationniste persistant. Selon Antonin Bergeaud, « le recul du PIB français de 0,2 % au premier trimestre n'est pas un accident isolé, mais le symptôme d'une économie qui peine à retrouver sa compétitivité ».

Le séminaire de Bruxelles et l'émission de BFM Business interviennent alors que l'Union européenne finalise son plan de relance industrielle, un texte attendu pour la fin de l'année 2026. Les experts ont salué cette initiative, tout en rappelant que son efficacité dépendrait largement de la capacité des États membres à coordonner leurs politiques commerciales. Olivier Garnier a noté que « sans une harmonisation des règles entre pays européens, les efforts nationaux risquent de se neutraliser ».

Mistral, un symbole des ambitions européennes

Le modèle d'IA Mistral, développé en France, est devenu un symbole des ambitions européennes en matière de souveraineté technologique. Lors du débat, Patrick Artus a souligné que « l'enjeu n'est pas seulement économique, mais aussi géopolitique ». Pour lui, l'Europe ne peut se permettre de dépendre de solutions américaines ou chinoises pour des technologies aussi stratégiques. Antonin Bergeaud a ajouté que « l'adoption de Mistral par les États membres enverrait un signal fort aux partenaires internationaux, tout en renforçant la cohésion du marché unique ».

Les trois économistes ont également abordé les risques d'une fragmentation accrue du marché européen si les pays ne s'alignent pas sur une stratégie commune. Olivier Garnier a averti que « les divergences actuelles entre États membres pourraient affaiblir la position de l'UE face à la Chine et aux États-Unis ». Pour illustrer ce point, il a cité l'exemple des subventions nationales accordées à certains secteurs industriels, qui créent des distorsions de concurrence en interne.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes devraient s'articuler autour de la finalisation du plan de relance industrielle européen, prévu pour la fin 2026. Les experts estiment que ce texte pourrait inclure des mesures concrètes pour encourager l'adoption de solutions technologiques européennes, comme Mistral. Par ailleurs, la Commission européenne devrait présenter, d'ici la fin de l'année, une proposition de règlement visant à harmoniser les règles commerciales entre États membres. Reste à voir si ces initiatives suffiront à inverser la tendance actuelle, alors que la Chine continue de renforcer sa présence sur les marchés européens, notamment dans les secteurs des énergies renouvelables et des véhicules électriques.

L'émission « Les Experts » de ce vendredi 29 mai sur BFM Business reste disponible en podcast pour ceux qui souhaitent approfondir ces débats. Les prochaines émissions des « Experts » aborderont d'autres enjeux économiques majeurs, dont les pistes pour redresser les finances publiques françaises et les conséquences de la revalorisation du Smic pour les très petites entreprises.

Selon les économistes interrogés par BFM Business, les outils incluent des droits de douane ciblés, des mécanismes de surveillance des subventions étrangères, et l'encouragement à l'adoption de technologies européennes comme Mistral. L'objectif est de rétablir une concurrence loyale tout en réduisant la dépendance aux solutions étrangères.

Mistral est perçu comme un levier pour l'autonomie technologique de l'Europe. Son adoption massive par les États membres permettrait de limiter la dépendance vis-à-vis des solutions américaines ou chinoises, tout en créant un écosystème industriel intégré. Les économistes y voient aussi un symbole de la capacité européenne à innover dans des secteurs clés.