Ce mercredi 3 juin 2026, François Cabau, économiste senior au sein du Groupe AXA, a analysé lors de l'émission BFM Bourse deux éléments majeurs pour l'économie mondiale : les prévisions de croissance de l'OCDE et les dernières données de l'Indice ISM des services américains pour le mois de mai. Présentée par Guillaume Sommerer, cette émission quotidienne sur BFM Business s'est penchée sur des indicateurs conjoncturels cruciaux, alors que les marchés financiers attendent avec attention les signaux de l'activité économique américaine, moteur de la croissance mondiale.
Ce qu'il faut retenir
- L'OCDE a revu à la hausse ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, mais les risques persistent selon l'analyse de François Cabau.
- L'Indice ISM des services aux États-Unis pour mai 2026 s'est établi à 52,3, un niveau supérieur aux attentes des analystes.
- Microsoft accélère son indépendance en intelligence artificielle en lançant ses propres modèles pour concurrencer OpenAI et Anthropic.
- L'usage de ChatGPT atteint désormais un milliard d'utilisateurs actifs mensuels, un record pour un outil d'IA grand public.
- Les semiconducteurs pourraient bientôt devenir le bien le plus vendu au monde, selon Bastien Drut de CPR AM.
Les prévisions de l'OCDE et l'importance de l'ISM Services américain
François Cabau a détaillé lors de son intervention sur BFM Bourse les dernières projections de l'OCDE concernant la croissance mondiale. L'organisation a légèrement relevé ses estimations pour 2026, reflétant une reprise plus résiliente que prévu dans plusieurs grandes économies. « Les risques restent orientés à la baisse, notamment en raison des tensions géopolitiques et des incertitudes sur les politiques monétaires », a précisé l'économiste senior du Groupe AXA. Pour les États-Unis, l'indice ISM des services, publié début juin, constitue un baromètre essentiel de l'activité économique non manufacturière.
Le chiffre de 52,3 enregistré en mai 2026, légèrement supérieur aux attentes des marchés, indique une expansion modérée du secteur des services américains. Cet indicateur, suivi de près par les investisseurs, permet d'évaluer la santé de l'économie américaine, un pilier de la croissance mondiale. « Un ISM supérieur à 50 signale une croissance, mais la modération actuelle suggère une activité qui peine à accélérer », a expliqué François Cabau. Ces données s'inscrivent dans un contexte où la Réserve fédérale américaine reste attentive aux signaux de ralentissement ou de surchauffe.
Microsoft mise sur l'indépendance en IA face à la concurrence
Dans sa chronique USA Today diffusée sur BFM Bourse, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion, a mis en lumière la stratégie agressive de Microsoft dans le domaine de l'intelligence artificielle. Le géant technologique accélère le développement de ses propres modèles d'IA pour réduire sa dépendance vis-à-vis d'OpenAI et Anthropic, ses partenaires historiques. « Microsoft veut contrôler l'ensemble de sa chaîne de valeur en IA, des infrastructures aux applications grand public », a souligné l'analyste.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte où l'usage de ChatGPT, l'un des outils phares d'OpenAI soutenu par Microsoft, a atteint un cap symbolique : un milliard d'utilisateurs actifs mensuels. Ce chiffre illustre l'adoption massive de l'IA générative, un marché en pleine expansion. Parallèlement, Microsoft pourrait valoriser SpaceX à 135 dollars par action lors de son introduction en bourse, un projet qui s'inscrit dans la tendance des méga-IPO attendues à Wall Street en 2026.
Les semiconducteurs, futur bien le plus vendu au monde ?
Bastien Drut, économiste chez CPR AM, a développé une analyse prospective sur les semiconducteurs lors de l'émission. Selon lui, ces composants électroniques pourraient bientôt détrôner les autres catégories de biens en termes de volume de ventes mondiales. « Avec l'explosion de la demande liée à l'IA, à l'Internet des objets et aux besoins croissants en calcul haute performance, les semiconducteurs sont devenus un enjeu stratégique », a-t-il expliqué.
Cette tendance s'accompagne de défis macroéconomiques, notamment en matière de chaîne d'approvisionnement et de tensions géopolitiques. Les investisseurs surveillent de près les capacités de production, notamment en Asie, et les risques de pénuries. « Les valeurs tech restent exposées à des risques géopolitiques, mais leur croissance structurelle justifie leur attractivité », a ajouté Bastien Drut. Les entreprises du secteur, comme Palo Alto, ont d'ailleurs relevé leurs objectifs de chiffre d'affaires annuel pour 2026, reflétant un optimisme mesuré.
Les autres indicateurs économiques à suivre ce mercredi
Outre l'ISM Services, d'autres données ont été commentées lors de l'émission BFM Bourse. Thibault François, cofondateur de Fastea Capital, a évoqué les résultats de Valeo en Bourse, tirés par l'optimisme de JPMorgan, ainsi que l'investissement de 200 millions d'euros annoncé par Air Liquide en Corée du Sud. Ce projet s'inscrit dans la stratégie du groupe français pour renforcer sa présence en Asie.
Côté consommation, Inditex, maison mère de Zara, a enregistré des ventes en hausse pour le début de la saison estivale, confirmant la résilience du secteur de la mode. De son côté, Ulta Beauty a dépassé les attentes de bénéfices au premier trimestre 2026, un signe positif pour le secteur de la distribution spécialisée aux États-Unis. Enfin, l'enquête ADP a révélé la création de 122 000 emplois en mai 2026, un chiffre en deçà des prévisions mais qui confirme une dynamique de l'emploi américain.
Alors que l'économie mondiale tente de trouver un équilibre entre croissance et stabilité, les indicateurs américains, comme l'ISM Services, restent un thermomètre essentiel. Les décisions de politique monétaire, les innovations technologiques et la dynamique des secteurs clés détermineront dans les prochains mois si la reprise actuelle peut s'installer durablement.
L'indice ISM des services couvre plus de 80 % du PIB américain et reflète l'activité dans des secteurs clés comme la finance, la santé ou le commerce. Un ISM supérieur à 50 signale une expansion, ce qui influence directement les décisions de la Réserve fédérale en matière de taux d'intérêt et la confiance des investisseurs.