Selon BFM Business, la Banque mondiale révise à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, anticipant un ralentissement à 2,5 %, soit le niveau le plus bas enregistré depuis la crise liée à la pandémie de Covid-19. Cette révision s’explique principalement par l’impact prolongé de la guerre au Moyen-Orient, qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement énergétiques et accru les coûts des matières premières. Les économistes de l’institution financière soulignent que ce scénario pourrait encore se dégrader si les tensions s’intensifient.

Ce qu'il faut retenir

  • Prévision de croissance mondiale en 2026 : 2,5 %, en baisse par rapport aux 2,9 % estimés pour 2025.
  • Impact du conflit au Moyen-Orient : hausse des prix de l’énergie et ralentissement économique dans les pays exportateurs de pétrole.
  • Scénarios alternatifs : une croissance pourrait chuter à 1,3 % si les perturbations énergétiques et financières s’aggravent.
  • Inflation mondiale : estimée à 4 % en 2026, avec un risque de hausse à 4,4 % dans un scénario défavorable.
  • Perspectives régionales : l’Inde reste la grande économie la plus dynamique (6,6 % en 2026), tandis que la zone euro (0,8 %) et le Japon (0,7 %) enregistrent des ralentissements marqués.

Un ralentissement économique amplifié par les tensions géopolitiques

D’après les dernières projections de la Banque mondiale, publiées ce jeudi 11 juin 2026, la croissance mondiale devrait marquer le pas à 2,5 % en 2026, contre 2,9 % l’année précédente. Cette estimation représente une baisse de 0,4 point par rapport aux prévisions initiales de janvier 2026. La principale cause de ce ralentissement réside dans les répercussions du conflit au Moyen-Orient, qui dure depuis près de quatre mois. Les perturbations des approvisionnements en énergie, notamment en pétrole et en gaz, ont entraîné une flambée des prix des matières premières, affectant ainsi les économies mondiales.

L’institution financière basée à Washington précise que plus des deux tiers des pays verront leur croissance ralentir par rapport aux dernières estimations. Les pays les plus exposés sont les Émirats arabes unis, l’Irak et d’autres États de la région, dont les exportations d’hydrocarbures ont été fortement impactées. La Banque mondiale table sur un prix moyen du baril de pétrole Brent à 94 dollars en 2026, soit une hausse de 36 % par rapport à 2025. Elle anticipe une atténuation des tensions sur les marchés énergétiques d’ici la fin juillet, mais les risques de dégradation persistent.

Des scénarios alternatifs inquiétants en cas d’aggravation des crises

La Banque mondiale a modélisé plusieurs scénarios pour évaluer l’impact potentiel d’une aggravation de la situation. Si les perturbations énergétiques se prolongent et que le prix du pétrole atteint en moyenne 115 dollars le baril, la croissance mondiale pourrait chuter à 2,1 %, tandis que l’inflation grimperait à 4,4 %. Le scénario le plus pessimiste prévoit une croissance limitée à 1,3 % en cas de choc énergétique combiné à une crise des marchés financiers, entraînant une volatilité accrue et une perte de confiance des investisseurs.

Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale, a mis en garde : « Ces scénarios de risque montrent à quelle vitesse les perspectives pourraient se détériorer si les pressions énergétiques et financières s’accentuent mutuellement. Si le choc énergétique déclenchait un choc sur les marchés financiers, la confiance pourrait s’éroder rapidement. » Il a souligné que la résilience de l’économie mondiale reste inférieure à celle observée lors des crises précédentes, comme en 2008 ou en 2018.

Les prévisions par région : l’Inde en tête, l’Europe et le Japon à la traîne

La Banque mondiale a revu à la baisse ses prévisions pour la plupart des régions du monde. En 2026, la croissance du PIB américain est estimée à 2,2 %, stable par rapport aux dernières estimations, mais devrait ralentir à 2,1 % en 2027 et 2 % en 2028. La zone euro, quant à elle, devrait enregistrer une croissance de seulement 0,8 % en 2026, contre 1,4 % en 2025. Le Japon suivra une tendance similaire, avec un PIB en progression de 0,7 %, contre 1,1 % l’année précédente.

Côté Asie, la Chine verra son économie croître de 4,2 % en 2026, soit une révision à la baisse de 0,2 point par rapport aux prévisions initiales. L’Inde restera la grande économie la plus dynamique, avec une croissance prévue de 6,6 % en 2026, après 7 % en 2025. En revanche, les pays du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord, d’Afghanistan et du Pakistan subiront un ralentissement marqué, avec une croissance révisée à la baisse de 2,7 points, passant de 4 % en 2025 à 1,6 % en 2026. Une reprise est toutefois attendue en 2027, avec une croissance régionale estimée à 5 %.

Les pays exportateurs de pétrole les plus touchés

Parmi les pays directement impactés par le conflit, les Émirats arabes unis voient leur croissance chuter à 2,4 % en 2026, contre une prévision initiale de 5 % et un taux de 6,2 % en 2025. La Turquie, elle aussi, subit une révision de ses prévisions, avec une croissance attendue de 2,8 % en 2026, soit un recul de 0,9 point par rapport aux estimations précédentes. Ces ajustements reflètent les difficultés rencontrées par les économies dépendantes des exportations d’hydrocarbures, dont les revenus ont été fortement affectés par la guerre et les sanctions internationales.

Indermit Gill, économiste en chef de la Banque mondiale, a déclaré : « L’économie mondiale est beaucoup moins résiliente aujourd’hui qu’elle ne l’était en 2008, et même qu’en 2018. » Il a ajouté que les années à venir seront marquées par une forte incertitude politique, des pressions inflationnistes persistantes et des taux d’intérêt élevés, qui pèseront sur la reprise économique.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’évolution de la situation géopolitique et ses répercussions économiques. La Banque mondiale table sur une amélioration progressive de la croissance mondiale d’ici 2027 et 2028, avec des taux estimés à 2,8 % pour ces deux années. Cependant, ces prévisions restent soumises à des incertitudes majeures, notamment liées aux tensions au Moyen-Orient et à la volatilité des marchés financiers. Les décisions des banques centrales, dont la BCE, qui devrait relever ses taux ce 11 juin 2026, pourraient également influencer la trajectoire de l’inflation et de la croissance dans les mois à venir.

Alors que l’économie mondiale tente de se relever des chocs récents, les gouvernements et les institutions internationales devront naviguer entre relance économique et maîtrise des risques inflationnistes. Les prochaines mises à jour des Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale, prévues pour octobre 2026, permettront d’affiner ces prévisions et d’évaluer l’efficacité des mesures mises en place pour soutenir la croissance.

La révision s’explique principalement par l’impact prolongé du conflit au Moyen-Orient, qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement énergétiques et fait flamber les prix des matières premières. Selon la Banque mondiale, plus des deux tiers des pays devraient subir un ralentissement de leur croissance en 2026 par rapport aux dernières estimations.

En cas d’aggravation des perturbations énergétiques et d’une crise financière, la croissance mondiale pourrait chuter à 1,3 % en 2026. Ce scénario suppose un prix moyen du pétrole à 115 dollars le baril, une inflation à 4,4 % et une perte de confiance des marchés financiers.