Une start-up américaine, Ferveret, propose une solution innovante pour répondre au défi environnemental posé par les centres de données, ces infrastructures essentielles au fonctionnement de l’intelligence artificielle. Selon Futura Sciences, cette entreprise fondée au Massachusetts Institute of Technology (MIT) a développé un système de refroidissement par immersion liquide, inspiré des technologies nucléaires, qui réduit significativement la consommation d’eau et d’électricité des data centers.
Ce qu'il faut retenir
- Ferveret utilise un procédé d’ébullition saturée inspiré des réacteurs nucléaires pour refroidir les serveurs, réduisant ainsi la consommation d’énergie et d’eau.
- Le système, testé avec des partenaires comme CleanSpark et FuriosaAI, améliore de 15 % l’efficacité énergétique par rapport aux méthodes actuelles.
- Grâce à cette technologie, la start-up affirme produire 35 % de tokens supplémentaires à consommation électrique égale.
- Les bacs de refroidissement, compacts et modulables, s’intègrent facilement dans les data centers existants.
- Cette innovation ouvre la voie à l’installation de centres de données dans des régions ensoleillées mais pauvres en eau, comme certaines zones d’Afrique ou du Moyen-Orient.
Des centres de données toujours plus gourmands en ressources
L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle (IA) a entraîné une explosion de la taille et de la puissance des centres de données. Aux États-Unis, ces infrastructures pourraient représenter entre 9 % et 17 % de la consommation électrique du pays d’ici la fin de la décennie, selon des projections citées par Futura Sciences. À l’échelle mondiale, leur consommation d’eau pourrait bientôt égaler celle de 1,3 milliard de personnes. Or, près d’un tiers de l’énergie utilisée par ces sites sert uniquement à refroidir les puces, une dépense colossale qui pèse sur l’efficacité globale et l’empreinte écologique de ces installations.
Face à ce constat, Ferveret propose une alternative radicalement différente des méthodes traditionnelles, qui reposent sur des ventilateurs et des systèmes de refroidissement par eau. « Notre technologie permet de réduire drastiquement la consommation d’eau et d’électricité tout en améliorant les performances », explique la start-up dans un communiqué.
Une technologie inspirée du nucléaire pour un refroidissement optimal
Le cœur de l’innovation de Ferveret réside dans un procédé d’ébullition saturée, directement inspiré des systèmes de refroidissement des réacteurs nucléaires. Au lieu d’utiliser des ventilateurs ou des échangeurs thermiques classiques, les serveurs sont plongés dans un liquide spécial. La chaleur est évacuée par la formation et la croissance de bulles de vapeur relativement grosses, qui se détachent ensuite de la surface des composants. Ce phénomène permet de réhumidifier rapidement la surface des puces, optimisant ainsi le transfert thermique avec une dépense énergétique minimale.
« Contrairement aux méthodes traditionnelles, notre système n’a pas besoin d’eau ni de ventilateurs pour fonctionner », précise Ferveret. « Le liquide utilisé reste en circuit fermé, ce qui élimine tout gaspillage et réduit les coûts de maintenance. » Cette approche permet également de limiter la consommation électrique au strict nécessaire, grâce à un logiciel de monitoring intégré à chaque module de refroidissement.
Une solution modulaire et adaptable aux infrastructures existantes
Plutôt que de proposer de grands réservoirs d’immersion, Ferveret a conçu des modules montés en rack, chacun contenant un serveur. Cette modularité facilite l’intégration du système dans les data centers déjà en place, sans nécessiter de travaux lourds. Chaque module est équipé d’un logiciel capable de surveiller en temps réel la température et la pression du liquide, ajustant automatiquement la consommation d’électricité pour maintenir un refroidissement optimal.
Les tests menés en collaboration avec l’University of California, Los Angeles (UCLA) ont confirmé l’efficacité de la technologie. Selon les résultats, Ferveret a amélioré de 15 % l’efficacité énergétique des calculs par rapport aux meilleurs systèmes de refroidissement actuels. « À consommation électrique égale, notre solution permet de générer 35 % de tokens supplémentaires », affirme la start-up. Une performance qui pourrait séduire les géants de la tech, déjà en quête de solutions durables.
Des perspectives prometteuses pour les régions arides
L’un des principaux avantages de cette technologie réside dans son indépendance vis-à-vis de l’eau. Dans les régions ensoleillées mais pauvres en ressources hydriques, comme certaines zones d’Afrique, du Moyen-Orient ou même de l’Europe du Sud, les data centers pourraient enfin voir le jour sans aggraver les tensions locales sur l’accès à l’eau. « Notre système ouvre la voie à des centres de données alimentés par des énergies renouvelables, comme le solaire, sans sacrifier les performances », souligne Ferveret.
Cette innovation intervient à un moment où les géants de la tech sont sous pression pour réduire l’impact environnemental de leurs infrastructures. En 2026, Microsoft a annoncé avoir atteint 100 % d’énergies renouvelables dans ses approvisionnements, mais la question de l’eau reste un enjeu majeur. D’autres acteurs, comme Google, explorent également des solutions alternatives, comme des microréacteurs nucléaires pour alimenter leurs data centers.
Une révolution en marche pour l’industrie des data centers
Avec l’essor de l’IA générative et des modèles de langage toujours plus gourmands en ressources, la question du refroidissement des data centers devient un enjeu stratégique. Les méthodes traditionnelles, qui consomment autant d’eau que des villes entières, ne sont plus viables à long terme. Ferveret propose une alternative crédible, même si son adoption massive dépendra de plusieurs facteurs : le coût de déploiement, la fiabilité à long terme et l’acceptation par les acteurs établis du secteur.
Pour l’instant, la start-up reste discrète sur les détails techniques de son liquide de refroidissement, mais ses résultats parlent d’eux-mêmes. Si elle parvient à industrialiser sa solution et à séduire les géants de la tech, Ferveret pourrait bien marquer un tournant dans la course à la durabilité des infrastructures numériques. Une chose est sûre : l’industrie des data centers n’a pas d’autre choix que de se réinventer, et vite.
La start-up utilise un procédé d’ébullition saturée, inspiré des systèmes de refroidissement des réacteurs nucléaires. Les serveurs sont plongés dans un liquide spécial où la chaleur est évacuée par la formation et la croissance de bulles de vapeur, qui se détachent ensuite pour réhumidifier rapidement la surface des composants.
Ferveret collabore avec plusieurs acteurs du secteur, dont CleanSpark, FuriosaAI et Switch. Une étude menée en partenariat avec l’University of California, Los Angeles (UCLA) a permis de valider les performances de sa solution.