Thomas Pesquet s’apprête à effectuer son troisième voyage vers la Station spatiale internationale (ISS), cette fois en tant que commandant de bord, a annoncé le président Emmanuel Macron le 1er juin 2026. Selon Franceinfo - Sciences, cette mission, prévue pour 2027, s’inscrira dans un double mouvement : la poursuite des activités scientifiques dans l’espace tout en mettant en lumière l’importance des observations depuis l’orbite pour le suivi du changement climatique. Une autre première attend également la France spatiale, avec le départ d’Arnaud Prost vers une station commerciale en développement.

Ce qu'il faut retenir

  • Thomas Pesquet, 48 ans, effectuera son troisième vol vers l’ISS en 2027 et en prendra le commandement, une première pour un Français.
  • Arnaud Prost, 34 ans, scientifique et militaire marseillais, sera le premier Français à embarquer vers une station spatiale commerciale en tant qu’ingénieur.
  • Les deux missions seront financées par Vast Space, une entreprise privée, en partenariat avec les agences spatiales européennes et françaises.
  • Pesquet mettra en avant le rôle de l’espace dans la surveillance du climat, soulignant que « c’est vraiment dans l’espace que ça se passe ».
  • Arnaud Prost a été sélectionné parmi 22 500 candidats et deviendra le 12e Français à voyager dans l’espace.

Une mission historique pour Thomas Pesquet, bientôt commandant de l’ISS

Plus de cinq ans après son dernier séjour en orbite, Thomas Pesquet s’apprête à retrouver les étoiles. Le Français de 48 ans s’envolera en 2027 pour une nouvelle mission à bord de l’ISS, mais cette fois en tant que commandant de bord. Une première pour un astronaute français. Annoncée officiellement par le président Emmanuel Macron le 1er juin 2026, cette mission s’annonce à la fois scientifique et pédagogique. L’objectif affiché est de partager cette aventure avec le grand public, comme l’a expliqué Pesquet lors d’une interview à Franceinfo - Sciences : « Les astronautes, on a la chance de faire partie de ceux qui reviennent de l’espace, donc c’est important aussi d’incarner ça, et de dire que l’espace, c’est pas virtuel. On l’a tous dans nos téléphones, on utilise la technologie tous les jours, les applications qui surveillent la planète, le changement climatique, c’est vraiment dans l’espace que ça se passe. On ne parle pas que d’exploration, on ne parle pas que d’envoyer des astronautes dans l’espace, on parle aussi de tout ça. »

Arnaud Prost, un nouveau visage pour la conquête spatiale française

Alors que Thomas Pesquet s’apprête à retourner dans l’ISS, un autre Français s’apprête à franchir le pas pour la première fois. Arnaud Prost, 34 ans, originaire de Marseille, sera le premier Français à embarquer vers une station spatiale commerciale en développement. Scientifique et officier de l’armée de l’Air, il a été choisi parmi 22 500 candidats pour devenir le 12e Français à voyager dans l’espace. Son rôle ? Ingénieur de bord sur une mission dont le lancement est prévu pour 2027. « Demain par rapport au sommet spatial, on sait qu’on a énormément d’atouts dans ce pays et en Europe de manière générale sur ce secteur-là. Pour nous, c’est sûr que c’est une grande fierté aussi de pouvoir venir participer », a-t-il déclaré. Ces deux missions marquent une nouvelle étape pour le secteur spatial français, désormais engagé dans des partenariats public-privé.

Un financement privé, mais une ambition européenne

Les deux missions, bien que financées par l’entreprise américaine Vast Space, s’inscrivent dans une logique de collaboration avec les agences spatiales européennes et françaises. Le Centre national d’études spatiales (CNES) a d’ores et déjà précisé que Thomas Pesquet ne serait pas le commandant d’une mission purement touristique. « Il n’est pas question pour nous que Thomas Pesquet soit le commandant de bord d’une mission de tourisme spatial. Ce n’est pas nos valeurs et ce n’est pas là-dedans qu’on se positionne, et c’est très clair pour cet accord », a affirmé Lionel Suchet, directeur général délégué du CNES. Cette collaboration illustre la montée en puissance des acteurs privés dans l’exploration spatiale, tout en maintenant un ancrage institutionnel fort en Europe.

L’espace, un outil clé pour surveiller le changement climatique

Au-delà de l’exploit technique et humain, les missions de Pesquet et Prost s’inscrivent dans un enjeu bien plus large : l’utilisation de l’espace pour mieux comprendre et atténuer les effets du changement climatique. Comme l’a souligné l’astronaute français, les satellites et les technologies spatiales jouent un rôle central dans la surveillance des phénomènes environnementaux. Des applications présentes dans nos téléphones aux outils de modélisation climatique, l’espace est devenu un maillon indispensable de la lutte contre le réchauffement. « On ne parle pas que d’exploration, on parle aussi de tout ça », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de démocratiser cette vision auprès du grand public.

Et maintenant ?

Si les calendriers sont maintenus, les deux missions devraient être lancées en 2027. Pour Thomas Pesquet, il s’agira d’une nouvelle étape dans une carrière déjà marquée par deux séjours dans l’espace, dont un à la tête de l’ISS lors de la mission Alpha en 2021. Quant à Arnaud Prost, son vol inaugural représentera une première pour la France dans le domaine des stations spatiales commerciales, un secteur en pleine expansion. Les prochaines années pourraient donc voir la France renforcer sa position sur la scène spatiale internationale, entre exploration scientifique et innovation technologique.

Ces projets s’inscrivent dans un contexte où l’Europe et la France cherchent à affirmer leur souveraineté spatiale. Les partenariats public-privé, comme celui avec Vast Space, pourraient bien devenir la norme dans les années à venir. Reste à voir comment ces missions seront accueillies par le public et si elles parviendront à susciter un regain d’intérêt pour les enjeux spatiaux et environnementaux.

Les durées exactes n’ont pas encore été précisées par les agences spatiales. Cependant, les missions vers l’ISS durent généralement entre six mois et un an, tandis que les séjours sur des stations commerciales pourraient varier selon les objectifs scientifiques ou commerciaux fixés par les opérateurs privés.

Vast Space, comme d’autres acteurs du New Space, mise sur le développement de stations spatiales commerciales pour répondre à la demande croissante en orbite basse. Ces partenariats avec les agences spatiales permettent de mutualiser les coûts tout en accélérant l’innovation. Le CNES et l’ESA y voient une opportunité de maintenir une présence européenne dans l’espace face à la concurrence internationale.