Selon Futura Sciences, une récente étude menée auprès de plus de 2 000 Australiens révèle un lien entre la consommation d’aliments ultra-transformés et une diminution mesurable de la capacité de concentration. Publiée le 12 juin 2026 dans la revue Alzheimer’s & Dementia: Diagnosis, Assessment & Disease Monitoring, cette recherche s’ajoute à un corpus croissant d’études suggérant que ces produits pourraient altérer les fonctions cognitives, y compris chez les personnes ayant une alimentation globalement équilibrée.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude australienne portant sur 2 100 participants montre qu’une augmentation de 10 % de la consommation d’aliments ultra-transformés réduit significativement la concentration.
- Les participants tiraient en moyenne 41 % de leurs calories quotidiennes de ces produits, comme des biscuits apéritifs, sodas ou viandes transformées.
- Même les personnes suivant un régime équilibré, comme le régime méditerranéen, présentaient ce lien entre consommation d’aliments ultra-transformés et baisse des performances cognitives.
- Les chercheurs soulignent que l’impact va au-delà d’une simple privation de nutriments, évoquant des mécanismes liés au degré de transformation des aliments eux-mêmes.
- Une consommation élevée d’aliments ultra-transformés est également associée à une augmentation des facteurs de risque de démence, comme l’obésité ou l’hypertension artérielle.
Des résultats qui confirment des craintes grandissantes
Les aliments ultra-transformés, tels que les biscuits apéritifs, sodas, viandes transformées ou glaces, sont de plus en plus pointés du doigt par la communauté scientifique. Si aucune étude ne permet encore d’affirmer avec certitude qu’ils favorisent directement le déclin cognitif ou la démence, les preuves s’accumulent quant à leur responsabilité dans certains dysfonctionnements cérébraux.
Une méta-analyse publiée en 2024 dans The British Medical Journal avait déjà établi un lien entre une consommation importante de ces produits et un risque accru de 48 à 53 % de troubles mentaux courants, comme l’anxiété. Une autre étude, parue en 2022 dans JAMA Neurology, suggérait quant à elle que les aliments ultra-transformés pourraient accélérer le déclin cognitif chez des adultes d’âge moyen.
Une étude australienne apporte de nouveaux éléments
Pour cette étude, une équipe internationale de chercheurs, issus notamment des universités de Monash et Deakin en Australie et de São Paulo au Brésil, a analysé les données alimentaires et cognitives de 2 100 Australiens âgés en moyenne de 57 ans, sans diagnostic de démence. Tous avaient passé des tests cognitifs standardisés mesurant l’attention visuelle et la vitesse de traitement de l’information.
Les résultats montrent que, dans l’ensemble, les participants tiraient 41 % de leurs calories quotidiennes de produits ultra-transformés. Plus frappant encore : même une légère hausse de cette consommation était corrélée à une baisse significative de la capacité de concentration. « Pour chaque augmentation de 10 % de la consommation d’aliments ultra-transformés, nous avons observé une baisse mesurable de la concentration », a déclaré Barbara Cardoso, auteure principale de l’étude et chercheuse au département de nutrition de l’université Monash.
« Une augmentation de 10 % de la consommation d’aliments ultra-transformés équivaut à ajouter un paquet de chips standard à l’alimentation quotidienne. Les résultats suggèrent que le lien entre alimentation et fonctions cognitives va au-delà de la simple privation d’aliments sains, et met en évidence des mécanismes liés au degré de transformation des aliments eux-mêmes. »
Barbara Cardoso, chercheuse à l’université Monash
Une corrélation indépendante du reste de l’alimentation
Un point notable de cette étude est que la corrélation entre consommation d’aliments ultra-transformés et baisse de la concentration persistait même chez les participants adoptant une alimentation globalement équilibrée, comme le régime méditerranéen. Cela suggère que les effets néfastes de ces produits ne se limitent pas à un déséquilibre nutritionnel global, mais pourraient être liés à des composants spécifiques ou à leur degré de transformation.
Les chercheurs évoquent plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène : une mauvaise qualité nutritionnelle favorisant l’inflammation, le stress oxydatif ou encore la perturbation du microbiote et de l’axe intestin-cerveau. Ces mécanismes pourraient, à long terme, altérer les circuits cérébraux de la récompense et aggraver les risques de troubles cognitifs.
Un enjeu de santé publique, surtout chez les enfants
L’attention étant une fonction cognitive essentielle, son déclin peut avoir des répercussions majeures, notamment dans les apprentissages, la résolution de problèmes ou d’autres tâches mentales. Chez l’adulte, une baisse des capacités d’attention est souvent considérée comme un signe avant-coureur de troubles cognitifs plus graves.
Les auteurs de l’étude soulignent que ces résultats devraient inciter à une réflexion plus large sur les politiques publiques en matière de santé alimentaire. « L’enjeu est de taille, notamment chez les enfants, dont le développement cognitif dépend fortement d’une alimentation adaptée », rappellent-ils. L’étude australienne s’inscrit ainsi dans un débat plus large sur les dangers potentiels des aliments ultra-transformés, déjà associés à d’autres problèmes de santé comme l’obésité ou l’hypertension.
Reste à voir si ces résultats inciteront les autorités sanitaires à renforcer les campagnes de sensibilisation ou à modifier les réglementations sur la composition de ces aliments. Une chose est sûre : le débat sur les aliments ultra-transformés est loin d’être clos.
Selon la classification Nova, un aliment ultra-transformé appartient à la catégorie Nova 4. Trois critères principaux permettent de les identifier : une liste d’ingrédients longue et peu compréhensible, la présence d’additifs (comme les « E » suivis de chiffres) ou d’ingrédients rares dans une cuisine classique (amidon modifié, sirops de glucose, protéines hydrolysées, etc.), et enfin une faible teneur en aliments bruts. Des bases de données comme Open Food Facts permettent de vérifier la catégorie Nova des produits alimentaires.