Alors que les systèmes de chauffage d’appoint restent des solutions temporaires prisées pour pallier les variations de température dans les logements, leur utilisation soulève des questions de sécurité et d’efficacité énergétique. Selon BFM Business, une émission diffusée ce lundi 15 juin 2026, les experts de l’immobilier ont rappelé les gestes essentiels à adopter pour limiter les dangers liés aux bouilloires thermiques et autres dispositifs similaires.
Ce qu'il faut retenir
- 1,2 million de logements en France seraient encore équipés de bouilloires thermiques ou de chauffages d’appoint non conformes aux normes actuelles.
- Ces appareils, souvent utilisés comme solution d’urgence, représentent un risque accru d’incendie ou d’intoxication au monoxyde de carbone.
- Les experts recommandent de privilégier des alternatives durables, comme les pompes à chaleur ou les radiateurs électriques performants, éligibles à des aides financières.
- Un contrôle régulier des installations de chauffage est conseillé, notamment dans les logements anciens ou mal isolés.
- La durée de vie moyenne d’une bouilloire thermique dépasse rarement 10 à 15 ans, au-delà de laquelle son remplacement devient une priorité.
- En 2025, 18 % des incendies domestiques en France étaient liés à des équipements de chauffage défectueux, selon les données de la Fédération française de l’assurance.
Des risques réels, mais souvent sous-estimés
Les bouilloires thermiques, ces petits radiateurs électriques mobiles, sont fréquemment utilisées dans les logements mal isolés ou lors de pics de froid. Pourtant, leur utilisation prolongée ou inadaptée peut entraîner des surchauffes, des courts-circuits, voire des départs de feu. D’après les données compilées par BFM Business, ces appareils sont responsables de près d’un incendie domestique sur cinq en période hivernale. « Leur popularité tient à leur prix abordable et à leur simplicité d’installation », explique Marie Coeurderoy, journaliste spécialisée en immobilier. « Mais leur dangerosité est réelle, surtout lorsqu’ils sont branchés sur des multiprises surchargées ou placés à proximité de rideaux ou de meubles inflammables. »
Les experts insistent sur un point crucial : ces appareils ne sont pas conçus pour un usage permanent. Leur système de sécurité, souvent rudimentaire, peut s’avérer insuffisant face à une utilisation intensive. « Une bouilloire thermique laissée allumée toute une nuit dans une pièce mal aérée représente un danger majeur », souligne un expert cité par l’émission. « Le monoxyde de carbone, même en faible quantité, peut provoquer des intoxications graves, voire mortelles. »
Des alternatives existent, mais leur adoption reste limitée
Face à ces risques, les professionnels de l’immobilier recommandent de se tourner vers des solutions plus sûres et plus durables. Les pompes à chaleur, par exemple, bénéficient d’aides de l’État via des dispositifs comme MaPrimeRénov’. Selon les dernières données, près de 30 % des logements rénovés en 2025 ont opté pour ce type d’équipement, contre seulement 12 % en 2020. « Ces appareils sont non seulement plus sûrs, mais ils permettent aussi des économies d’énergie significatives », précise un consultant en rénovation énergétique.
Pour les locataires ou les propriétaires aux budgets serrés, des alternatives existent. Les radiateurs à inertie, par exemple, offrent une chaleur plus homogène et consomment jusqu’à 20 % d’énergie en moins que les bouilloires thermiques. Les aides locales, comme les primes des collectivités territoriales, peuvent aussi faciliter leur acquisition. « Il faut casser l’idée reçue selon laquelle le chauffage d’appoint est la seule solution », rappelle Marie Coeurderoy. « Avec les subventions disponibles, il est souvent possible de financer une partie du coût. »
Un marché en mutation, mais des freins persistent
Malgré ces avantages, le marché des solutions de chauffage durables reste inégal. Les bouilloires thermiques conservent une part de marché non négligeable, notamment dans les zones où les logements sont anciens et mal isolés. Selon une étude de l’Agence de la transition écologique (ADEME), 45 % des ménages en situation de précarité énergétique utilisent encore des équipements obsolètes, faute de moyens pour les remplacer. « Le problème n’est pas l’absence de solutions, mais leur accessibilité », explique un économiste de l’immobilier. « Les aides existent, mais elles sont parfois mal connues ou trop complexes à obtenir. »
Les experts appellent à une simplification des démarches administratives pour accélérer la rénovation des logements. « En 2026, avec l’entrée en vigueur de nouvelles normes européennes sur l’efficacité énergétique, les bouilloires thermiques pourraient être progressivement interdites à la vente », annonce un représentant du secteur. « Les fabricants sont déjà en train d’adapter leurs gammes, mais la transition prendra du temps. » Un calendrier qui laisse peu de place à l’improvisation pour les propriétaires et locataires concernés.
Face à l’urgence climatique et aux risques sanitaires, la question n’est plus seulement technique, mais aussi sociale. Comment concilier transition énergétique et pouvoir d’achat ? Les réponses, encore floues, pourraient bien façonner le paysage immobilier des années à venir.
Plusieurs dispositifs existent, comme MaPrimeRénov’ (jusqu’à 10 000 € selon les revenus), les primes énergie des fournisseurs d’électricité (jusqu’à 5 000 €), ou encore les aides locales (varient selon les départements). Il est conseillé de consulter le site www.maprimerenov.gouv.fr pour vérifier son éligibilité.
Son usage doit rester ponctuel : jamais plus de quelques heures d’affilée, dans une pièce aérée, et loin de tout matériau inflammable. Il est impératif de vérifier régulièrement son état (câble, résistance) et de ne jamais la laisser sans surveillance. En cas de doute, il est préférable de la remplacer par un équipement certifié.