Les chiens ne sont pas les animaux de compagnie les plus proches de l’humain sur le plan génétique. C’est une étude menée par des chercheurs de l’université Texas A&M, publiée il y a plusieurs années mais toujours d’actualité, qui le confirme. Selon Futura Sciences, les chats présentent une organisation chromosomique bien plus proche de celle des humains que les chiens, avec un écart génétique deux fois moins important.
Ce qu'il faut retenir
- Les chats partagent une organisation chromosomique deux fois plus proche de celle des humains que les chiens, selon une étude de l’université Texas A&M.
- Cette proximité génétique explique pourquoi certaines maladies félines, comme la polykystose rénale ou certains cancers, présentent des mécanismes similaires à ceux observés chez l’humain.
- Le chat est désormais utilisé comme modèle d’étude pour des recherches médicales, réduisant parfois le recours aux modèles animaux plus controversés.
- Les chiens, bien que toujours utilisés en recherche (notamment pour l’Alzheimer ou l’épilepsie), suscitent des débats éthiques croissants en raison de leur sélection pour des traits de docilité.
- La domestication du chien remonte à plus de 11 000 ans, avec une diversité morphologique précoce, mais son génome a subi des remaniements plus importants que celui du chat.
Des lignées évolutives éloignées, mais des similitudes génomiques marquées
Chiens, chats et humains descendent tous de mammifères carnivores apparus il y a environ 90 millions d’années. Leurs lignées évolutives se sont cependant séparées à des époques différentes : celle des humains a divergé il y a environ 90 millions d’années, tandis que chiens et chats ont pris des chemins distincts il y a 55 millions d’années. Autant dire que nous sommes tous des cousins très éloignés, mais avec des degrés de proximité variables.
Le chercheur William Murphy, coauteur de l’étude, a souligné dans une interview accordée à Live Science : « Pour ce qui est de l’agencement des gènes au sein des chromosomes, les humains et les chats sont deux fois plus semblables entre eux que les humains ne le sont aux chiens. » Une affirmation qui s’appuie sur des analyses comparatives de la structure chromosomique des trois espèces. Contrairement aux chiens, dont le génome a subi des remaniements profonds au fil de l’évolution, les chats conservent une organisation génomique remarquablement stable, plus proche de celle des humains.
Des maladies communes entre chats et humains : une piste pour la médecine
Cette proximité génomique n’est pas qu’une curiosité scientifique. Elle a des implications concrètes pour la recherche médicale. Plusieurs pathologies, comme la polykystose rénale, touchent aussi bien les humains que certains félins, avec des mécanismes biologiques suffisamment similaires pour que l’étude du chat éclaire directement la compréhension de la maladie chez l’humain. « Les ressemblances biologiques justifient l’utilisation du chat comme modèle d’étude », explique un chercheur cité par Futura Sciences.
Une étude publiée en février 2026 dans la revue Science a même montré que les mutations génétiques associées à certains cancers félins présentaient des altérations troublantes chez les humains. Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques, tout en limitant le recours à des modèles animaux plus controversés, comme le beagle, souvent choisi pour sa docilité.
Le chien, un allié historique, mais sous le feu des critiques éthiques
Si le chat gagne en pertinence pour la recherche, le chien reste un modèle incontournable pour l’étude de maladies comme l’Alzheimer, l’épilepsie ou certaines pathologies cardiaques. Cependant, son utilisation soulève des questions éthiques croissantes. André Ménache, ancien vétérinaire et conseiller scientifique d’Antidote Europe, a critiqué dans les colonnes de Geo le choix systématique du beagle, souvent privilégié pour sa docilité : « C’est une trahison de notre meilleur ami », a-t-il déclaré. Ces critiques s’inscrivent dans un débat public de plus en plus intense dans plusieurs pays européens.
La sélection de races canines pour des traits comportementaux ou morphologiques a également entraîné des problèmes de santé spécifiques chez les chiens. Des études récentes ont mis en évidence une augmentation des maladies génétiques chez certaines races, liées à la consanguinité et à la sélection artificielle. Un contraste frappant avec le chat, dont le génome, plus stable, limite ces dérives.
Une domestication aux conséquences génétiques contrastées
La domestication du chien remonte à plus de 11 000 ans, comme l’ont révélé des analyses 3D de centaines de crânes préhistoriques. Dès cette époque, les chiens présentaient une diversité morphologique et fonctionnelle remarquable, adaptée à des rôles variés auprès des humains. Pourtant, cette longue cohabitation a aussi entraîné des modifications génétiques profondes, notamment dans l’organisation des chromosomes.
Le chat, bien que domestiqué plus tardivement, a conservé une structure génomique bien plus proche de celle des humains. Une stabilité qui en fait un outil précieux pour les chercheurs, tout en réduisant les risques de biais expérimentaux liés à des différences génétiques trop marquées. « L’utilisation du chat comme modèle pourrait permettre de mieux cibler les recherches et de limiter le recours à des animaux dont la proximité génétique avec l’humain est moins évidente », souligne un expert en génomique.
Une chose est sûre : le débat entre chiens et chats dépasse désormais la simple préférence personnelle. Il touche à des enjeux médicaux, éthiques et scientifiques majeurs, où la génétique joue un rôle central.
Non, car les chiens restent des modèles précieux pour l’étude de certaines maladies, comme l’Alzheimer ou l’épilepsie, où leur physiologie présente des similitudes spécifiques avec celle des humains. Cependant, leur utilisation pourrait être réduite dans certains domaines grâce à la pertinence accrue du modèle félin pour d’autres pathologies.
Parmi les pathologies communes, on trouve la polykystose rénale, certains types de cancers (comme ceux étudiés dans l’étude de Science en février 2026), ainsi que des maladies cardiaques héréditaires. Ces similitudes s’expliquent par la proximité de leurs structures génomiques et biologiques.