Pour la première fois, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a exprimé clairement et sans ambiguïté son rejet d’un plan de paix en 15 points pour la bande de Gaza, élaboré sous l’égide du Conseil de la paix et soutenu activement par Donald Trump. Selon Le Figaro, cette prise de position publique intervient dimanche 9 août 2026, marquant un tournant dans les relations entre Jérusalem et Washington sur la question palestinienne.
Ce qu'il faut retenir
- Un rejet explicite : Netanyahou a personnellement et publiquement rejeté la « feuille de route » proposée par le Conseil de la paix fin juillet 2026, malgré le soutien affiché de Donald Trump à ce projet.
- Un plan en 15 points : Le projet prévoit un désarmement du Hamas et un retrait progressif de l’armée israélienne, qui occupe actuellement près de 70 % de la superficie de Gaza.
- Une opposition longtemps feutrée : Jusqu’alors, Netanyahou avait laissé ses proches collaborateurs critiquer le plan, évitant une confrontation directe avec le président américain.
- Un geste symbolique : Sous pression américaine, Israël a suspendu depuis une semaine ses opérations « d’éliminations ciblées » contre des responsables du Hamas.
Cette annonce survient alors que les négociations pour un cessez-le-feu et une solution politique restent au point mort. Le plan américain, conçu pour mettre fin à des années de conflit, prévoit notamment un désarmement complet des factions armées à Gaza, une levée progressive du blocus imposé par Israël, et la tenue d’élections palestiniennes. Jusqu’à présent, Israël avait adopté une posture prudente, évitant d’afficher publiquement son opposition au projet, malgré les critiques internes.
Selon des sources diplomatiques citées par Le Figaro, Netanyahou a justifié son refus en invoquant l’absence de garanties sécuritaires suffisantes pour Israël. « La sécurité de nos citoyens ne peut être compromise par des concessions sans contreparties tangibles », a-t-il déclaré, sans préciser quelles modifications il souhaitait apporter au plan. Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les deux rives de la Méditerranée, où les attaques entre Israël et les groupes armés palestiniens se poursuivent malgré les appels à la désescalade.
Le rejet de Netanyahou intervient alors que Donald Trump, qui préside personnellement le Conseil de la paix, a multiplié les déclarations en faveur du plan. Le président américain avait qualifié ce projet de « dernière chance pour éviter une guerre régionale ». Pourtant, le premier ministre israélien a choisi de rompre avec cette dynamique, préférant afficher une ligne dure face aux revendications palestiniennes. Jusqu’à présent, les discussions étaient restées discrètes, Netanyahou laissant ses ministres et conseillers exprimer leurs réserves en coulisses.
« Ce plan ne répond pas aux impératifs de sécurité d’Israël. Nous ne pouvons pas prendre le risque de voir Gaza se transformer en une base militaire hostile après un retrait », a affirmé Netanyahou dans un communiqué diffusé dimanche soir. « La paix doit être fondée sur des réalités, pas sur des illusions. »
Cette décision pourrait compliquer les relations entre Israël et les États-Unis, traditionnellement alliés malgré leurs divergences sur la question palestinienne. Elle intervient également alors que la communauté internationale, y compris des pays arabes modérés, a salué le plan américain comme une avancée majeure. L’Égypte et la Jordanie, deux acteurs clés dans la région, ont déjà indiqué leur volonté de participer aux discussions sur sa mise en œuvre.
Côté palestinien, le Hamas a réitéré dimanche son engagement à appliquer le plan, qualifiant le rejet israélien de « preuve que Netanyahou ne souhaite pas la paix ». Dans un communiqué, le mouvement islamiste a appelé la communauté internationale à « faire pression sur Israël pour qu’il accepte une solution négociée ».
Cette crise diplomatique survient alors que la situation humanitaire à Gaza reste critique. Selon l’ONU, près de 80 % de la population dépend de l’aide alimentaire internationale, et les infrastructures civiles sont largement détruites après des années de conflit. Les observateurs s’interrogent désormais sur la capacité des parties à trouver un compromis, alors que les positions semblent s’éloigner chaque jour davantage.
Les prochaines semaines seront déterminantes. Si Israël maintient son refus, le plan américain pourrait être enterré, laissant la région sans alternative crédible pour mettre fin à un conflit qui dure depuis près de deux décennies. Une nouvelle escalade militaire n’est pas exclue, alors que les tensions entre Israël et le Hezbollah au Liban, ainsi qu’avec l’Iran, restent vives.
Le plan en 15 points proposé par le Conseil de la paix, soutenu par Donald Trump, prévoyait notamment un désarmement complet du Hamas, un retrait progressif de l’armée israélienne des zones occupées (actuellement 70 % de Gaza), la levée du blocus imposé par Israël, et l’organisation d’élections palestiniennes sous supervision internationale. Il incluait également des garanties sécuritaires pour Israël et une aide massive à la reconstruction de Gaza.
Le premier ministre israélien invoque l’absence de garanties sécuritaires suffisantes pour Israël. Selon ses déclarations, le plan ne permettrait pas d’empêcher une reprise des hostilités après un éventuel retrait israélien. Netanyahou craint que Gaza ne devienne une base hostile, contrôlée par des groupes armés, malgré les engagements du Hamas. Sa position reflète aussi les divisions au sein de son gouvernement, où les partis d’extrême droite s’opposent à toute concession territoriale.