Le ministre français des Transports, Philippe Tabarot, a démenti mardi 30 juin 2026 sur franceinfo avoir menacé son homologue local, le maire de Nice Éric Ciotti. Selon les propos rapportés par ce dernier, le ministre aurait proféré des menaces à son encontre, évoquant notamment l’envoi de « Géorgiens » pour le « faire disparaître ». Des accusations que Philippe Tabarot qualifie de « pas sa manière de faire » et qu’il rejette catégoriquement.

Comme le rapporte BFM - Politique, Éric Ciotti a saisi le Premier ministre pour demander le départ du ministre des Transports après ces déclarations présumées. Ces tensions s’inscrivent dans un contexte de rivalité politique locale exacerbée par la création de l’Union des Démocrates et Républicains (UDR) et son rapprochement avec le Rassemblement national (RN).

Ce qu'il faut retenir

  • Philippe Tabarot nie avoir menacé Éric Ciotti, affirmant : « Je n’ai menacé personne. (...) ce n’est pas ma manière de faire ».
  • Éric Ciotti a demandé au Premier ministre de démettre Philippe Tabarot de ses fonctions après des accusations de menaces publiques.
  • Les deux hommes, tous deux originaires des Alpes-Maritimes, entretiennent des relations exécrables depuis la scission d’Éric Ciotti avec Les Républicains.
  • Ces tensions surviennent à quelques mois des sénatoriales de septembre 2026, une élection cruciale pour la droite.
  • Éric Ciotti a annoncé déposer une requête devant la Cour de justice de la République à la suite de ces accusations.

Des accusations de menaces publiques

Le 14 juin 2026, lors de la visite d’Emmanuel Macron et du Premier ministre indien Narendra Modi à Nice, Éric Ciotti affirme que Philippe Tabarot l’a « injurié » et proféré des menaces à son encontre. Selon lui, le ministre des Transports aurait évoqué l’envoi de « Géorgiens » pour le « faire disparaître », ainsi que d’autres propos insultants comme le traiter de « nabot ». Ces déclarations auraient été faites « sans aucune provocation » de la part du maire de Nice, selon ses dires.

Des accusations que Philippe Tabarot a fermement contestées lors de son passage sur franceinfo, insistant sur le fait qu’il n’a « jamais menacé personne ». « Je crois sincèrement que nos chicaneries niçoises n’ont rien à faire dans le débat aujourd’hui avec la gravité des sujets qu’on traite », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant une discussion tendue entre les deux hommes, qu’il connaît de longue date.

Une rivalité politique devenue publique

Les relations entre Philippe Tabarot et Éric Ciotti se sont fortement dégradées depuis que ce dernier a rompu avec Les Républicains pour se rapprocher de l’UDR et du RN. « Je ne l’ai pas suivi dans ses choix politiques de proximité avec le Rassemblement national et j’ai cru comprendre qu’il m’en voulait pas mal », a concédé Philippe Tabarot, évoquant une incompatibilité croissante entre leurs orientations politiques.

Ces tensions, bien que connues localement, prennent désormais une dimension nationale, alors que les deux hommes se disputent un fief commun dans les Alpes-Maritimes. Leur rivalité s’inscrit dans un contexte électoral tendu, avec les sénatoriales de septembre 2026 en ligne de mire. Sans le soutien de l’UDR et du RN, la droite pourrait rencontrer des difficultés pour maintenir ses positions dans cette région.

Une requête déposée devant la Cour de justice de la République

Face à ce qu’il considère comme des menaces publiques, Éric Ciotti a annoncé avoir déposé une requête devant la Cour de justice de la République (CJR). Cette juridiction est compétente pour juger les ministres pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions. Une procédure qui pourrait, si elle aboutit, entraîner des conséquences politiques et judiciaires pour Philippe Tabarot.

Interrogé sur l’éventualité d’une telle procédure, le ministre des Transports n’a pas réagi publiquement, se contentant de rappeler que ses propos avaient été sortis de leur contexte. Pour autant, cette affaire relance le débat sur les tensions au sein de la majorité présidentielle et la gestion des conflits internes, alors que le gouvernement doit faire face à des défis majeurs en matière de transports et de politique intérieure.

Et maintenant ?

La procédure engagée par Éric Ciotti devant la CJR pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant d’aboutir. Dans l’immédiat, Philippe Tabarot conserve ses fonctions, mais cette affaire pourrait affaiblir sa position au sein du gouvernement. Par ailleurs, les sénatoriales de septembre 2026 pourraient offrir un terrain d’affrontement supplémentaire entre les deux hommes, dans un contexte politique déjà très fragmenté.

Cette affaire illustre les divisions persistantes au sein de la droite française, entre ceux qui prônent un rapprochement avec l’extrême droite et ceux qui refusent cette stratégie. Pour l’heure, ni l’Élysée ni Matignon n’ont réagi officiellement à ces accusations, laissant planer une incertitude sur l’issue de ce conflit personnel et politique.