L’économiste chinois Gao Shanwen, connu pour ses analyses critiques des chiffres officiels de croissance en Chine, est décédé le 8 juillet 2026 à l’âge de 55 ans des suites d’une maladie, selon BFM Business. Ancien chef économiste de SDIC Securities, un établissement financier contrôlé par l’État, il s’était imposé comme une référence en macroéconomie avant de devenir une figure controversée en remettant publiquement en cause les statistiques économiques chinoises.
Ce qu'il faut retenir
- Gao Shanwen, 55 ans, ancien économiste en chef de SDIC Securities, est décédé des suites d’une maladie.
- En 2024, il avait estimé que la croissance réelle de la Chine était proche de 2 %, loin des près de 5 % annoncés par Pékin.
- Ses déclarations sur les difficultés économiques et sociales de la Chine avaient suscité une vive émotion et des débats sur la liberté d’expression.
- Il avait disparu de la scène publique pendant plusieurs mois avant de réapparaître brièvement en 2025.
- Sa disparition relance les interrogations sur la fiabilité des indicateurs économiques chinois, alors que les autorités renforcent leur contrôle sur les analyses économiques.
Gao Shanwen s’était distingué en 2024 lors d’une conférence à Washington, où il avait évalué la croissance réelle de l’économie chinoise à environ 2 %, un chiffre bien inférieur aux 5 % communiqués officiellement par les autorités chinoises. Cette prise de position, perçue comme une remise en cause directe des statistiques gouvernementales, avait rapidement circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux. L’économiste, qui avait été conseiller du gouvernement chinois, y décrivait une société chinoise post-pandémique marquée par « des personnes âgées dynamiques, des jeunes apathiques et des personnes d’âge mûr désespérées ». Il soulignait notamment la précarité de l’emploi chez les jeunes, en opposition à la stabilité de la consommation des seniors.
Cette critique ouverte des données officielles avait valu à Gao Shanwen une quasi-disparition de la scène publique pendant plusieurs mois. Plusieurs médias, dont le Wall Street Journal, ont rapporté qu’il aurait fait l’objet d’enquêtes menées par les autorités chinoises. Il aurait réapparu brièvement en 2025 lors d’un forum universitaire, avant de quitter SDIC Securities en novembre 2025, d’après le Shanghai Securities News. Parallèlement, il avait appris être atteint d’un cancer au début de l’année 2025.
La nouvelle de sa disparition a suscité une vague d’hommages sur les réseaux sociaux chinois. De nombreux internautes ont salué son courage à exprimer publiquement des analyses critiques, dans un contexte où les critiques des données officielles sont rarement tolérées. Sur Weibo, l’un des principaux réseaux sociaux du pays, un internaute a écrit : « Celui qui a osé parler et dire la vérité n’est plus là. » Ces hommages soulignent le rôle de Gao Shanwen comme défenseur de la transparence économique, malgré les risques encourus dans un système où les statistiques officielles sont souvent perçues comme des outils de communication politique.
La réaction des autorités chinoises à cette disparition reste contrastée. Selon Bloomberg, un vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine, Lu Lei, aurait publié un article rendant hommage à son œuvre académique. Ce contenu a depuis été supprimé de la plateforme WeChat, reflétant peut-être la sensibilité du sujet. Formé auprès de Zhou Xiaochuan, ancien gouverneur de la Banque populaire de Chine, Gao Shanwen avait intégré l’institution en 1995 avant de rejoindre le secteur privé. Il avait occupé des postes clés chez Everbright Securities Research Institute, Essence Securities puis SDIC Securities, où il était économiste en chef.
Son décès survient dans un contexte où Pékin renforce son contrôle sur les commentaires économiques. Depuis le ralentissement post-Covid et la crise persistante du secteur immobilier, les autorités ont multiplié les rappels à l’ordre contre les analyses jugées trop pessimistes. Plusieurs économistes et influenceurs ont vu leurs publications censurées ou leurs comptes suspendus, illustrant la difficulté croissante à exprimer des avis critiques sur la situation économique du pays. Les interrogations sur la fiabilité des indicateurs économiques chinois, déjà fortes chez les investisseurs internationaux, pourraient s’intensifier avec cette disparition.
Les réactions internationales à cette disparition restent pour l’instant limitées, mais le cas de Gao Shanwen pourrait servir d’exemple aux économistes étrangers cherchant à analyser la situation chinoise avec plus de réalisme. Quant aux réseaux sociaux chinois, la censure pourrait s’intensifier autour des hommages à sa mémoire, comme cela a été observé pour d’autres figures controversées ces dernières années.
Gao Shanwen remettait en cause les chiffres officiels de croissance publiés par Pékin, estimant que la réalité économique était bien moins favorable. En 2024, il avait évalué la croissance réelle à environ 2 %, contre près de 5 % selon les autorités. Ses analyses, qui décrivaient une société chinoise en crise avec des jeunes en difficulté et des seniors encore dynamiques, contredisaient le récit officiel d’une économie en pleine résilience.