Les forces américaines ont lancé mardi une série de frappes ciblées contre plus de 80 sites iraniens, en riposte aux attaques menées par l’Iran contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, comme le rapporte Le Figaro.

Cette escalade survient dans un contexte de tensions persistantes entre Washington et Téhéran, malgré l’accord de cessez-le-feu signé le 17 juin dernier. Les frappes américaines, qualifiées d’« absolutely necessary » par le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, visaient notamment des systèmes de défense antiaérienne, des sites de radars côtiers et des capacités de missiles antinavires, selon les déclarations du commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Ce qu'il faut retenir

  • Les États-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne et des sites radar, après des attaques contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
  • L’Iran affirme avoir riposté en ciblant des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, déclenchant des sirènes d’alerte aérienne et des explosions dans ces deux pays.
  • Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a justifié ces frappes en les qualifiant de « totally crucial » et de « absolutely necessary ».
  • Washington a rétabli les sanctions sur le pétrole iranien, invoquant des actions « totally unacceptable » de Téhéran dans le détroit d’Ormuz.
  • Trois navires ont été touchés en 24 heures dans le détroit, selon l’agence britannique UKMTO, malgré l’accord de cessez-le-feu du 17 juin.

Une escalade militaire après des attaques en série dans le détroit d’Ormuz

Tout a basculé dans la nuit de mardi à mercredi, lorsque l’armée américaine a lancé une « série de frappes puissantes » contre l’Iran, en réponse directe aux tirs iraniens ayant visé trois navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, comme le précise Le Figaro. Ces attaques, qui ont fait l’objet de rapports contradictoires entre les parties, ont été suivies de violentes réactions iraniennes.

Selon les autorités américaines, les navires en question ont été pris pour cible par des drones et des missiles, imputés à l’Iran par plusieurs pays riverains, dont le Qatar et l’Arabie saoudite. L’agence de sécurité maritime britannique UKMTO a confirmé trois incidents en 24 heures, malgré l’existence d’un cessez-le-feu signé le 17 juin entre Téhéran et Washington. Ce protocole prévoyait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz — par où transite 20 % du brut et du GNL mondial — ainsi que la levée progressive des sanctions américaines sur le pétrole iranien.

L’Iran frappe à son tour : bases américaines visées au Koweït et à Bahreïn

Dans un communiqué relayé par la télévision d’État iranienne Irib, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir mené une « opération conjointe » visant 85 installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. « En première riposte à cette agression, la Marine et la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) ont mené une opération conjointe à l’aide de missiles et de drones », a précisé le texte, précisant qu’un drone MQ-9 américain avait également été abattu.

Ces représailles ont provoqué une réaction immédiate des deux pays riverains. À Bahreïn, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti dès mercredi matin, suivies d’explosions « fortes » dans le nord de l’État insulaire, selon un journaliste de l’AFP. Le ministère de l’Intérieur a appelé la population à se réfugier dans les abris les plus proches. De son côté, l’armée koweïtienne a annoncé repousser des attaques de drones et de missiles, sans en préciser l’origine. Ces événements rappellent les tensions récurrentes dans la région, où la dernière attaque majeure remontait au 28 juin, selon Bahreïn.

Washington durcit le ton : sanctions sur le pétrole iranien rétablies

Face à cette escalade, les États-Unis ont choisi de durcir leur position en rétablissant, dès mardi, leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien. Un responsable gouvernemental américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré que « les agissements de l’Iran dans le détroit sont totally unacceptable aux yeux des États-Unis et ne resteront pas impunis ».

Le ministère américain des Finances a publié un document interdisant « toutes nouvelles transactions » d’hydrocarbures iraniens à compter de cette date, mettant fin à la levée progressive des sanctions prévue par l’accord du 17 juin. « Les sanctions visent à répondre aux actions totally unacceptable de l’Iran dans le détroit d’Ormuz », a souligné la même source. Cette décision intervient alors que Téhéran avait accusé Washington de violer le protocole d’accord en procédant à ces frappes.

Mark Rutte, secrétaire général de l’Otan, valide les frappes américaines

Lors d’une conférence de presse tenue à Ankara mercredi, Mark Rutte, secrétaire général de l’Alliance atlantique, a apporté son soutien aux actions américaines. « Je pense que c’était absolutely necessary (...) Je pense qu’il est totally crucial que les États-Unis réagissent avec fermeté », a-t-il déclaré devant les médias, au deuxième jour d’un sommet de l’Otan.

Ces propos, qui reflètent la position officielle de l’organisation, contrastent avec les divisions internes au sein de l’Alliance sur la gestion de la crise iranienne. À Ankara, plusieurs pays membres ont réitéré leur inquiétude face à l’escalade, tout en reconnaissant la nécessité d’une réponse forte à l’agressivité iranienne dans une zone stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial.

Et maintenant ?

La situation reste extrêmement volatile dans le Golfe, où chaque camp semble déterminé à ne pas reculer. D’après les observateurs, une nouvelle phase de négociations pourrait s’ouvrir dans les prochaines semaines, sous l’égide de médiateurs internationaux, afin de tenter de désamorcer la crise. Les prochaines échéances à surveiller incluent notamment la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, prévue le 15 juillet, ainsi que les réactions des pays voisins, comme l’Arabie saoudite et le Qatar, directement impactés par les tensions dans le détroit d’Ormuz.

Pour l’heure, les frappes américaines et les représailles iraniennes ont plongé la région dans une incertitude inédite depuis la signature du cessez-le-feu en juin. Les analystes s’interrogent sur la capacité des deux parties à revenir à une diplomatie constructive, alors que les sanctions et les menaces militaires s’accumulent.

Le détroit d’Ormuz est un point de passage obligatoire pour près de 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié (GNL). Toute perturbation dans cette zone — comme un blocus ou des attaques répétées — a des répercussions immédiates sur les prix de l’énergie et la stabilité économique mondiale. C’est la raison pour laquelle les États-Unis et leurs alliés surveillent de près toute escalade militaire dans ce secteur.