L’abbé Paul Houée, artisan de la première intercommunalité française créée dans les années 1970, s’est éteint le lundi 29 juin 2026 à l’âge de 88 ans. Selon Ouest France, il s’est éteint à la résidence Les Cèdres, à Saint-Brieuc, où il résidait. Ses obsèques ont été célébrées samedi 4 juillet dans sa commune natale, Saint-Gilles-du-Mené, dans les Côtes-d’Armor.

Ce qu'il faut retenir

  • Paul Houée a initié la première intercommunalité de France au Mené, près de Loudéac (Côtes-d’Armor), dans les années 1970.
  • Il a été maire de Saint-Gilles-du-Mené et est décédé à 88 ans à Saint-Brieuc.
  • Son action a été saluée par l’ancien Premier ministre Michel Rocard.
  • Ses funérailles ont eu lieu le 4 juillet 2026 dans sa commune.

Un pionnier de l’intercommunalité

Paul Houée restera dans l’histoire comme l’homme qui a impulsé la création de la première intercommunalité française. Selon Ouest France, c’est au Mené, dans les années 1970, qu’il a posé les bases de ce modèle d’organisation territoriale. À l’époque, cette initiative novatrice visait à mutualiser les ressources entre plusieurs communes rurales. Son engagement a marqué un tournant dans l’aménagement du territoire, bien avant que l’intercommunalité ne devienne une obligation légale en 1999.

Son travail a été reconnu par des personnalités politiques de premier plan. Michel Rocard, alors Premier ministre, a notamment salué son action. Cette reconnaissance témoigne de l’importance de son rôle dans la modernisation des structures locales. Paul Houée a ainsi contribué à façonner une nouvelle approche de la gestion publique, fondée sur la coopération plutôt que sur l’isolement administratif.

Un parcours marqué par l’engagement local

Né à Saint-Gilles-du-Mené, Paul Houée a choisi de s’investir pleinement dans sa commune. Selon Ouest France, il en a été le maire, un mandat qui a sans doute renforcé sa connaissance des enjeux territoriaux. Son action s’est inscrite dans la continuité de son engagement pastoral : il était abbé, une fonction qui, dans son cas, s’est doublée d’une vision politique et sociale.

Côté vie personnelle, il s’est éteint à la résidence Les Cèdres de Saint-Brieuc, où il vivait ses dernières années. Son décès, survenu un lundi 29 juin, a été annoncé dans la presse régionale, soulignant l’impact de sa disparition sur le paysage politique breton. Autant dire que son héritage dépasse largement les frontières de sa commune d’origine.

Un héritage politique et territorial

L’intercommunalité qu’il a contribué à créer au Mené reste un modèle cité en exemple. Aujourd’hui, ce territoire est souvent évoqué pour illustrer les bénéfices d’une gestion collective des services publics. Paul Houée a ainsi posé les jalons d’une organisation qui permet aux petites communes de mutualiser leurs moyens, que ce soit pour les transports, l’urbanisme ou les équipements culturels.

Son nom reste associé à une époque où l’innovation territoriale était encore marginale. Bref, son action a ouvert la voie à des dizaines de milliers d’intercommunalités aujourd’hui en place en France. Pour les élus locaux, il incarne une forme d’audace et de pragmatisme, deux qualités rares dans le monde politique.

« Nous sommes tous ses héritiers », aurait déclaré Michel Rocard à propos de Paul Houée, soulignant ainsi l’empreinte durable de son travail.

Et maintenant ?

Avec son décès, c’est une page de l’histoire de l’intercommunalité bretonne qui se tourne. Reste à voir comment les territoires qu’il a inspirés perpétueront son héritage. Pour l’heure, aucune date n’a été annoncée pour un hommage national, mais son nom pourrait être évoqué lors des prochaines célébrations des 50 ans de la loi Chevènement, qui a structuré l’intercommunalité en France.

La question de la pérennité des structures qu’il a contribué à créer pourrait également se poser dans les années à venir, alors que les débats sur la simplification territoriale se poursuivent. Son modèle, fondé sur la coopération volontaire, reste un exemple à méditer pour les territoires ruraux.