Le vice-président de l’Assemblée nationale et député Rassemblement national (RN) du Nord, Sébastien Chenu, a réagi ce mercredi 1er juillet sur Franceinfo - Politique à plusieurs enquêtes en cours visant son parti et son président Jordan Bardella. Ces procédures, enclenchées à quelques jours de l’élection présidentielle, ont été présentées par le député comme une tentative de nuire à son mouvement, alors que celui-ci occupe une place centrale dans les sondages.

Ce qu'il faut retenir

  • Perquisitions chez des prestataires du RN au Parlement européen : des enquêtes visent d’éventuels détournements de fonds entre 2019 et 2024, selon le Parquet européen.
  • Affaire Jordan Bardella : une association Anticor a demandé l’ouverture d’une information judiciaire pour faux et détournement de fonds publics, accusant Bardella d’avoir occupé un emploi fictif d’assistant parlementaire européen en 2015.
  • Formation de médiatraining financée par l’UE : le Parquet européen suspecte l’utilisation de fonds européens pour préparer Bardella à la campagne présidentielle de 2022.
  • Marine Le Pen jugée mardi 8 juillet : son sort concernant des emplois présumés fictifs au Parlement européen sera connu ce jour-là.
  • Gestion de la canicule : Chenu critique l’inaction du gouvernement face aux décès liés à la vague de chaleur, tout en rejetant l’idée que les écologistes aient apporté des solutions.

Des perquisitions « annonçant le générique de l’élection présidentielle »

Sébastien Chenu a évoqué hier, mardi 30 juin, la perquisition des locaux de prestataires de communication ayant travaillé avec le groupe parlementaire du RN au Parlement européen entre 2019 et 2024. Le Parquet européen soupçonne un possible détournement de fonds européens et une absence de mise en concurrence, comme l’a rapporté Franceinfo - Politique.

Le député a réaffirmé que « tout a été fait dans les règles » et promis de « démontrer » la régularité des procédures. « Ces procédures annoncent le générique de l’élection présidentielle », a-t-il déclaré, soulignant que les associations militantes déposent régulièrement des plaintes suivies de perquisitions à l’approche des scrutins. « Nous sommes habitués à ce genre de choses », a-t-il ajouté, sans détour.

Le RN accuse une instrumentalisation politique des enquêtes

Interrogé sur la possible politisation du Parquet européen, Sébastien Chenu a pointé du doigt les associations à l’origine des plaintes. « En tous les cas, ceux qui sont à l’origine du dépôt de la plainte ou du signalement sont politisés. Ça, c’est sûr », a-t-il affirmé. Selon lui, ces enquêtes s’inscrivent dans une « mécanique » désormais classique visant à discréditer le RN à l’approche des élections.

« Cela signifie que l’élection présidentielle est bien commencée, que le temps de la campagne est bien ouvert », a-t-il souligné, estimant que le Rassemblement national « inquiète un certain nombre de nos adversaires ». « On va faire la démonstration de notre pleine innocence sur tout cela », a-t-il assuré, tout en mettant en garde contre une tentative de « troubler l’électeur » par ces procédures.

Trois affaires judiciaires en cours contre le RN et Jordan Bardella

Outre les perquisitions chez les prestataires, deux autres dossiers concernent directement Jordan Bardella, président du RN. D’abord, l’association Anticor a demandé l’ouverture d’une information judiciaire pour « faux et détournement de fonds publics ». Elle l’accuse d’avoir occupé un emploi fictif d’assistant parlementaire européen en 2015, alors qu’il travaillait pour l’eurodéputé Jean-François Jalkh. « Non, pas du tout [ça ne m’inquiète pas] », a réagi Sébastien Chenu, qualifiant Anticor de « bien connue pour ses positions anti-Rassemblement national » et rappelant que l’affaire remonte à douze ans.

Le deuxième dossier, ouvert en mai 2026 par le Parquet européen, porte sur d’éventuels détournements dans des formations de médiatraining financées par l’UE. Ces formations, censées être organisées par le Parlement européen, auraient selon l’accusation servi à préparer Bardella à la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2022. Sébastien Chenu a balayé cette critique : « Qu’en 2021, Jordan Bardella puisse imaginer qu’il soit candidat à l’élection présidentielle est parfaitement ridicule, puisque, de toute façon, la justice ne s’était pas prononcée sur le cas de Marine Le Pen à l’époque. »

Marine Le Pen jugée mardi 8 juillet sur les emplois présumés fictifs

Le RN est également sous le feu des projecteurs concernant l’utilisation de fonds européens pour rémunérer certains de ses collaborateurs. Marine Le Pen, présidente du parti, sera fixée mardi 8 juillet sur son sort dans cette affaire. Sébastien Chenu a dénoncé un « harcèlement » du Parlement européen envers son parti, qu’il accuse de contester l’organisation de l’UE. « Vous voyez, nous n’avons pas le même problème avec le Parlement français », a-t-il comparé, estimant qu’il existe une « volonté politique de nous nuire ».

Canicule : Chenu critique l’inaction du gouvernement et les positions écologistes

Interrogé sur la gestion de la canicule par l’exécutif, Sébastien Chenu a vivement critiqué la réponse des autorités. Un sénateur écologiste a évoqué la semaine dernière le chiffre de 10 000 décès potentiellement liés à la vague de chaleur, accusant le gouvernement d’inaction. « Les écologistes n’ont servi à rien. Ils n’ont jamais apporté une quelconque solution », a-t-il lancé, pointant leur opposition historique à la climatisation, « une mesure pourtant nécessaire ».

Le député a également reproché au gouvernement de ne pas avoir anticipé la crise. « Pas de ministre de l’Écologie. Mme Barbu est aux abonnés absents lorsqu’elle ne dénonce pas elle-même la climatisation », a-t-il critiqué, ajoutant : « Ils ont laissé les Français, un peu comme à l’époque devant leur pompe à essence, tout seuls. » Sébastien Chenu a reconnu que la canicule a un « coût en vies et un coût financier », tout en refusant de se prononcer sur le bilan humain exact, laissant cette tâche aux « autorités sanitaires ».

Et maintenant ?

Les prochaines étapes judiciaires s’annoncent déterminantes pour le RN. Outre le jugement de Marine Le Pen mardi 8 juillet, les enquêtes en cours pourraient aboutir à des mises en examen, notamment pour Jordan Bardella. Côté politique, la campagne électorale risque d’être marquée par ces affaires, le parti mettant en avant sa volonté de démontrer son innocence. Quant à la gestion des futures canicules, le débat sur les solutions à apporter – climatisation, adaptation des infrastructures – devrait s’intensifier avant l’été prochain.

Face à ces multiples procédures, Sébastien Chenu a réaffirmé la détermination du RN à se défendre, tout en dénonçant une stratégie visant à « attenter » à sa crédibilité. « Cela n’aura pas de suite judiciaire », a-t-il assuré, mais « c’est fait pour troubler l’électeur ». Une chose est sûre : avec l’élection présidentielle en ligne de mire, ces affaires judiciaires risquent de peser dans le débat public dans les mois à venir.

Selon Sébastien Chenu, ces procédures s’inscrivent dans une stratégie plus large pour discréditer le Rassemblement national. Il estime que les associations à l’origine des plaintes, comme Anticor, et les institutions européennes cherchent à influencer le débat électoral en affaiblissant son parti, alors que celui-ci figure en tête des intentions de vote.