Alors que la France sort d’un épisode de canicule exceptionnel ayant mis en lumière les lacunes dans l’adaptation des infrastructures publiques aux fortes chaleurs, Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise (LFI) et député des Bouches-du-Rhône, a réaffirmé le soutien de son parti à la motion de censure déposée par Les Écologistes contre le gouvernement. Selon Franceinfo – Politique, cette initiative sera examinée à l’Assemblée nationale en début de semaine prochaine.

Ce qu'il faut retenir

  • Manuel Bompard a annoncé que LFI cosignerait et voterait la motion de censure contre le gouvernement, présentée par Les Écologistes, en raison de son « niveau d’impréparation » face à la canicule.
  • La motion, prévue pour être examinée la semaine prochaine, dénonce notamment le manque de rénovation des écoles et des hôpitaux, avec 60 % des établissements hospitaliers classés comme des « passoires énergétiques ».
  • Bompard a critiqué le gouvernement pour avoir réduit de « quatre fois » le Fonds vert, dédié à la rénovation énergétique, et a souligné que 32 °C en moyenne ont été enregistrés dans les écoles lors de la canicule.
  • Il a défendu l’usage de la climatisation dans les lieux accueillant des personnes fragiles (hôpitaux, EHPAD, écoles), tout en reconnaissant que la rénovation des bâtiments restait prioritaire.
  • La motion de censure intervient dans un contexte où LFI et ses alliés multiplient les critiques** sur la gestion des crises climatiques par l’exécutif.

Une motion de censure justifiée par l’échec du gouvernement face à la canicule

Intervenant sur le plateau de l’émission « 4V » sur France 2 le 1er juillet, Manuel Bompard a justifié la décision de LFI de voter et de cosigner la motion de censure déposée par Les Écologistes. Pour lui, l’impréparation du gouvernement face à la canicule exceptionnelle qui a touché la France la semaine dernière est « inacceptable ». Les critiques portent notamment sur les conditions de travail, l’état des écoles et des hôpitaux, ainsi que sur l’absence de mesures adaptées pour protéger les populations vulnérables.

« Quand le gouvernement agit mal, la motion de censure est évidemment ce qu’il faut déposer et voter », a-t-il affirmé lors de son intervention. Il a rappelé que des situations « absolument inacceptables » avaient été observées, comme des températures moyennes de 32 °C dans les salles de classe ou encore 60 % des hôpitaux toujours considérés comme des passoires énergétiques. Selon lui, ces dysfonctionnements ne peuvent être attribués à une simple négligence, mais relèvent d’un choix politique.

Climatisation et rénovation des écoles : des solutions différenciées

Lors de l’entretien, Bompard a été interrogé sur sa position concernant la climatisation dans les écoles. Bien qu’il ait reconnu que la rénovation des bâtiments était une priorité, il a défendu l’installation de systèmes de climatisation dans les lieux accueillant des personnes fragiles, comme les hôpitaux, les EHPAD ou les crèches. « La climatisation dans les endroits où il y a, en particulier, des personnes fragiles, évidemment que cela doit faire partie des priorités », a-t-il souligné.

Il a également évoqué le Fonds vert, un dispositif destiné à financer la rénovation énergétique des bâtiments publics. Selon lui, ce fonds a été « divisé par quatre » par les gouvernements successifs d’Élisabeth Borne, de Gabriel Attal et de Franck Riester, réduisant ainsi les moyens disponibles pour mener à bien les projets urgents. « Un tiers des projets financés par le Fonds vert concernent la rénovation du bâti scolaire », a-t-il rappelé, avant d’ajouter : « Les écoles, c’est la catastrophe. Les hôpitaux, c’est la catastrophe. »

Le débat sur la légitimité de la résistance lors de la motion de censure

L’entretien avec Manuel Bompard a également été l’occasion d’aborder un autre sujet sensible : les attaques judiciaires dont Jean-Luc Mélenchon et LFI font l’objet. Plusieurs victimes franco-israéliennes des attentats du 7 octobre 2023 ont en effet porté plainte contre le leader insoumis pour « apologie du terrorisme ». Cette accusation fait suite à une déclaration de Mélenchon lors d’un meeting, dans laquelle il avait évoqué « la question de la forme de la résistance qu’on oppose à une oppression et une occupation ».

Interrogé sur ce point, Bompard a fermement rejeté l’idée selon laquelle cette déclaration légitimerait le terrorisme. « Cela signifie qu’en droit international, la résistance à l’oppression est définie », a-t-il expliqué, citant les résolutions de l’Organisation des Nations unies qui reconnaissent la légitimité de la résistance dans certaines situations. Il a précisé que les actes commis le 7 octobre étaient des « crimes » qui avaient été « condamnés » par Mélenchon, tout en insistant sur la nécessité de distinguer entre résistance légitime et terrorisme.

« Jean-Luc Mélenchon les recondamne à nouveau lors de cette intervention. Et je vous remercie d’avoir cité l’ensemble et l’intégralité de sa déclaration, ce qu’un certain nombre de personnes n’ont pas fait », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de ne pas sortir les propos de leur contexte.

LFI et les Écologistes unis contre l’exécutif

Cette mobilisation conjointe entre LFI et Les Écologistes s’inscrit dans une stratégie plus large de l’opposition pour critiquer la gestion gouvernementale des crises climatiques et sociales. Les deux formations politiques partagent une vision critique de la politique environnementale et sociale du gouvernement, notamment sur les questions de rénovation énergétique et de justice fiscale.

Manuel Bompard a rappelé que le programme de LFI pour la prochaine élection présidentielle, porté par Jean-Luc Mélenchon, plaçait au cœur de ses priorités la question du « partage des richesses ». Il a cité les chiffres de la pauvreté en France, « qu’on n’avait pas connus depuis les années 1970 », tout en soulignant la progression du nombre de millionnaires et de milliardaires dans le pays. Pour lui, ces inégalités structurelles justifient la nécessité d’un programme de redistribution ambitieux.

Et maintenant ?

La motion de censure déposée par Les Écologistes et soutenue par LFI devrait être examinée à l’Assemblée nationale en début de semaine prochaine. Si elle est adoptée, elle pourrait entraîner la chute du gouvernement, bien que cette hypothèse reste peu probable, faute de majorité absolue à l’Assemblée. En attendant, l’opposition compte bien maintenir la pression sur l’exécutif, notamment sur les questions climatiques et sociales, où les critiques sur l’impréparation et le manque de moyens persistent. La question de la climatisation dans les écoles et les hôpitaux, ainsi que celle de la rénovation énergétique des bâtiments publics, devraient rester au cœur des débats dans les semaines à venir.

Pour rappel, cette initiative intervient après un épisode de canicule qui a révélé les faiblesses des infrastructures publiques face aux changements climatiques. Alors que les températures extrêmes devraient devenir plus fréquentes, la question de l’adaptation des politiques publiques à ces nouveaux défis reste plus que jamais d’actualité.

LFI justifie son soutien à la motion de censure par le « niveau d’impréparation » du gouvernement face à la canicule, qui a révélé des dysfonctionnements dans les écoles, les hôpitaux et les conditions de travail. Manuel Bompard a notamment pointé du doigt la réduction du Fonds vert et la persistance de 60 % des hôpitaux classés comme passoires énergétiques.

LFI rejette ces accusations en rappelant que Jean-Luc Mélenchon a condamné à plusieurs reprises les attentats du 7 octobre 2023. Manuel Bompard a expliqué que les propos de Mélenchon s’inscrivaient dans une réflexion sur la légitimité de la résistance en droit international, sans pour autant légitimer le terrorisme.