Avec **67 départements** placés en vigilance orange canicule ce mercredi 8 juillet 2026, la France fait face à un nouvel épisode de chaleur intense, le troisième en quelques semaines. Selon Le Figaro, cette vague de chaleur s’accompagne d’une dégradation accélérée des nappes phréatiques et d’un risque d’incendie « très élevé » dans plusieurs régions du sud et de l’est du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • **67 départements** en vigilance orange canicule mercredi, contre 61 la veille.
  • Plus de **la moitié des nappes phréatiques** en dessous des normales, contre 77 % un mois plus tôt.
  • Risque d’incendie « très élevé » dans **7 départements** : Drôme, Vaucluse, Gard, Hérault, Aude, Bouches-du-Rhône et Pyrénées-Orientales.
  • **Deux millions de personnes âgées** supplémentaires intégrées automatiquement aux registres de vigilance canicule.
  • **800 pompiers** mobilisés dans les Pyrénées-Orientales sur un incendie de 4 900 hectares.
  • Plusieurs communes annulent les feux d’artifice du 14 juillet en raison de la sécheresse.

Une chaleur persistante et des nappes phréatiques en souffrance

Les conditions anticycloniques, associées à une masse d’air de plus en plus chaude, étendent leur emprise sur l’Hexagone. « Ces températures suffocantes nécessitent une vigilance particulière, notamment pour les personnes sensibles ou exposées », a souligné Météo-France, rappelant que les plus âgés et les plus jeunes sont particulièrement vulnérables. Selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), **93 % des nappes phréatiques** sont en baisse au 1er juillet, contre 77 % un mois plus tôt. « La vidange des nappes est cette année particulièrement intense et sévère », a expliqué David Ratheau, hydrogéologue au BRGM, lors d’un point presse.

Cette situation s’explique par « un déficit de pluies efficaces depuis le mois de mai sur tout le territoire, avec notamment une sécheresse plus marquée et des températures élevées au mois de juin », précise l’organisme. Début juin, la majorité des nappes étaient encore en état « satisfaisant », mais la dégradation s’est accélérée avec la canicule de juin, laissant craindre une sécheresse estivale généralisée.

Un risque d’incendie « très élevé » dans sept départements

La Météo des forêts indique que le risque d’incendie sera « très élevé » ce mercredi dans la Drôme, le Vaucluse, le Gard, l’Hérault, l’Aude, les Bouches-du-Rhône et les Pyrénées-Orientales. Dans l’Aude, deux zones – le « Lézignanais » et le « Littoral » – ont même été classées au niveau de risque « extrême », ce qui limite l’accès au massif de la Clape et à la pinède de Lézignan aux seuls résidents. « La situation reste difficile avec la reprise de la tramontane mercredi, des températures élevées et un niveau d’humidité très bas », a précisé la préfecture des Pyrénées-Orientales.

Plus de **800 pompiers** sont toujours mobilisés depuis quatre jours sur un incendie qui a déjà ravagé **4 900 hectares** dans les Pyrénées-Orientales. Dans l’Ardèche et le Morbihan, plusieurs centaines d’hectares sont également partis en fumée ces derniers jours. Les sapeurs-pompiers restent en alerte maximale dans les Bouches-du-Rhône, où la sécheresse aggrave la propagation des feux.

Deux millions de personnes âgées supplémentaires intégrées aux registres de vigilance

Pour mieux protéger les populations vulnérables, **deux millions de personnes âgées isolées** vont être automatiquement ajoutées aux registres communaux de vigilance canicule, selon un décret publié samedi. Cette mesure, prévue par la loi « bien vieillir » de juillet 2024, étend les registres existants – initialement basés sur le volontariat – à partir des données des bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et de la prestation de compensation du handicap (PCH). « Seuls les personnes qui s’y opposent expressément ne seront pas incluses », a précisé la ministre de la Santé.

Depuis 2004, les municipalités sont tenues de tenir à jour un registre des personnes âgées de plus de 65 ans, handicapées ou fragiles, pour faciliter leur prise en charge en cas de chaleur extrême. Pourtant, seulement **10 % des personnes vulnérables** étaient inscrites spontanément, selon un récent rapport de l’association Conséquences. Ce nouvel épisode de canicule rappelle l’urgence d’améliorer la couverture de ces registres, alors que « plusieurs milliers de personnes âgées meurent encore chaque année de la chaleur », comme le rapportait récemment un rapport sur les Ehpad.

Des mesures locales et des annulations liées à la sécheresse

Face à la sécheresse persistante, plusieurs communes ont d’ores et déjà pris des mesures exceptionnelles. En Bretagne, dans les Deux-Sèvres, la Vienne et la Creuse, les feux d’artifice prévus pour le 14 juillet ont été annulés. Cette décision s’inscrit dans une logique de prévention, alors que les restrictions d’eau et les risques d’incendie se multiplient. « La situation est sous haute surveillance, et nous adaptons nos dispositifs en conséquence », a indiqué un porte-parole de la préfecture de la Vienne.

Dans le sud du pays, où la sécheresse est la plus marquée, les autorités appellent à la plus grande prudence. « Les sols sont extrêmement secs, et une simple étincelle peut suffire à déclencher un incendie », a rappelé un responsable des services de secours dans les Bouches-du-Rhône. Les pompiers restent en alerte maximale, avec des renforts mobilisés en permanence.

Et maintenant ?

Les prévisions météo indiquent que l’épisode de canicule devrait persister au moins jusqu’à la mi-juillet, avec des températures pouvant dépasser **35 °C** dans plusieurs régions. Les autorités appellent à une vigilance accrue, notamment pour les personnes âgées et les activités en extérieur. Une réunion de crise est prévue jeudi avec les préfets des départements les plus touchés, afin d’évaluer l’évolution de la situation et d’ajuster les mesures de prévention. La question de l’eau potable et de l’arrosage des cultures pourrait également être abordée lors de cette rencontre.

Alors que la France enchaîne les épisodes de canicule depuis le début de l’été, la répétition de ces événements interroge sur l’adaptation des infrastructures et des politiques publiques face au changement climatique. Les spécialistes s’accordent à dire que ces vagues de chaleur pourraient devenir plus fréquentes et plus intenses dans les années à venir, rendant indispensable une meilleure gestion des ressources en eau et une protection renforcée des populations vulnérables.

La loi « bien vieillir » de juillet 2024 a modifié les modalités d’inscription aux registres communaux de vigilance canicule, initialement basés sur le volontariat. Désormais, les données des bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et de la prestation de compensation du handicap (PCH) sont utilisées pour intégrer automatiquement les personnes âgées isolées, sauf opposition expresse de leur part. Cette mesure vise à améliorer la couverture des populations vulnérables, alors que seulement 10 % des personnes éligibles étaient inscrites spontanément.

Selon la Météo des forêts, le risque d’incendie sera « très élevé » ce mercredi dans sept départements : la Drôme, le Vaucluse, le Gard, l’Hérault, l’Aude, les Bouches-du-Rhône et les Pyrénées-Orientales. Dans l’Aude, deux zones (le « Lézignanais » et le « Littoral ») ont même été classées au niveau de risque « extrême », limitant l’accès à certaines zones boisées.