L’Institut Seti annonce, selon Futura Sciences, avoir détecté près de 74 millions de signaux radio en provenance de la zone entourant l’objet interstellaire 3I/Atlas. Une campagne d’observation menée à l’aide du réseau de télescopes Allen (ATA) a permis de recueillir sept heures de données sur les fréquences comprises entre 1 et 9 GHz. Après un filtrage rigoureux des interférences et une analyse des signaux potentiellement liés au mouvement de l’objet, seuls une vingtaine de candidats ont retenu l’attention des chercheurs. Aucun ne s’est finalement révélé d’origine extraterrestre.
Ce qu'il faut retenir
- Détection initiale : 3I/Atlas a été repéré le 1er juillet 2025 par le système Atlas, conçu pour surveiller les astéroïdes menaçant la Terre.
- Origine interstellaire : Son déplacement à une vitesse incompatible avec les objets du Système solaire a confirmé sa provenance d’au-delà de notre système.
- Analyse radio : Le réseau ATA a collecté des données sur une bande de fréquences large, adaptée à la recherche de signaux technologiques.
- Filtrage des signaux : Sur 74 millions de signaux détectés, seuls 200 environ ont été conservés après élimination des interférences terrestres.
- Résultat négatif : Tous les signaux retenus provenaient de technologies humaines, satellites ou équipements au sol.
- Contexte historique : La recherche de signaux extraterrestres, initiée par des pionniers comme Frank Drake et Carl Sagan, reste d’actualité avec des projets comme Breakthrough Listen.
L’objet 3I/Atlas suscite depuis sa découverte un vif intérêt scientifique en raison de sa trajectoire inhabituelle. Arrivé dans notre système il y a moins d’un an, il a immédiatement été classé comme le troisième objet interstellaire identifié après ʻOumuamua en 2017 et Borisov en 2019. Contrairement aux comètes ou astéroïdes naturels, sa vitesse et sa trajectoire elliptique ont alimenté des hypothèses variées, allant de l’objet naturel atypique à une éventuelle sonde artificielle.
C’est dans ce cadre que l’Institut Seti a mobilisé ses ressources pour traquer d’éventuels signaux radio émis depuis ou à proximité de 3I/Atlas. « Cette large gamme de fréquences permet aux scientifiques de rechercher des signaux radio à bande étroite, qui ne sont pas produits naturellement », précise le communiqué de l’institut. Ces signaux, s’ils étaient détectés, pourraient constituer une preuve indirecte de l’existence d’une technologie extraterrestre. Une approche qui s’inscrit dans la continuité des travaux menés depuis les années 1960 par des figures comme Frank Drake ou Carl Sagan.
« Si des civilisations extraterrestres avancées existent dans la Galaxie, elles pourraient communiquer entre elles ou avec leurs colonies à l’aide d’ondes radio. »
— Giuseppe Cocconi et Philip Morrison, Searching for Interstellar Communications, 1959
Le choix des fréquences analysées s’appuie sur un raisonnement scientifique solide. Les chercheurs se concentrent sur la bande étroite autour de 21 centimètres, correspondant à la longueur d’onde de la transition hyperfine de l’atome d’hydrogène neutre. Ce choix n’est pas anodin : l’hydrogène est l’élément le plus abondant de l’Univers, et cette longueur d’onde offre une fenêtre de communication efficace, malgré le bruit de fond galactique. Une stratégie déjà envisagée par les pionniers du programme Seti, dont les travaux ont inspiré des projets modernes comme Breakthrough Listen, lancé en 2015 avec le soutien de Yuri Milner et de personnalités comme Stephen Hawking.
Malgré l’absence de signaux extraterrestres détectés autour de 3I/Atlas, l’analyse menée par l’Institut Seti n’en reste pas moins riche en enseignements. Les données recueillies permettent d’affiner les méthodes de détection et de mieux comprendre les limites des technologies actuelles. « Tous provenaient de technologies situées à la surface de notre planète ou de nos propres satellites en orbite terrestre », a indiqué l’institut dans son communiqué. Une conclusion qui rappelle la difficulté de distinguer un signal artificiel extraterrestre parmi le bruit des émissions humaines, un défi que les radioastronomes tentent de relever depuis des décennies.
L’objet 3I/Atlas lui-même continue d’intriguer les scientifiques. Une étude publiée en 2025 par le télescope Hubble a révélé la présence de cyanure dans sa composition, un élément toxique pour la vie telle que nous la connaissons. Une découverte qui renforce l’hypothèse d’un objet naturel, probablement une comète ou un fragment de corps céleste issu d’un autre système stellaire. Pourtant, même les caractéristiques les plus inhabituelles de 3I/Atlas ne suffisent pas à écarter définitivement la possibilité d’une origine artificielle, bien que cette thèse reste marginale au sein de la communauté scientifique.
Cette enquête rappelle que la recherche de vie intelligente dans l’Univers reste un domaine où la prudence scientifique prime. Entre espoirs, spéculations et rigueur méthodologique, les chercheurs avancent pas à pas, conscients que chaque signal ou absence de signal contribue à écrire une page de l’histoire de l’humanité. Une chose est sûre : tant que l’Univers recèle des mystères, la quête d’une réponse à la question « Sommes-nous seuls ? » continuera de mobiliser les esprits.
Cette longueur d’onde correspond à la transition hyperfine de l’atome d’hydrogène neutre, l’élément le plus abondant de l’Univers. Elle offre une fenêtre de communication efficace, car elle est peu affectée par le bruit de fond galactique. Ce choix avait été théorisé dès 1959 par les physiciens Giuseppe Cocconi et Philip Morrison dans leur article fondateur Searching for Interstellar Communications.
Les deux premiers objets interstellaires identifiés étaient ʻOumuamua en 2017 et Borisov en 2019. 3I/Atlas est donc le troisième de cette catégorie, mais le premier à avoir fait l’objet d’une campagne d’observation aussi poussée par l’Institut Seti.