Face à l’essor des véhicules électriques, l’installation de bornes de recharge dans les copropriétés devient un enjeu central pour les résidents comme pour les gestionnaires. Entre le droit à la prise, les aides financières et les infrastructures collectives, plusieurs voies permettent aujourd’hui d’équiper un parking collectif sans alourdir la facture des copropriétaires. Selon BFM Immo, les solutions existent, mais leur mise en œuvre nécessite de suivre des étapes précises et de mobiliser des dispositifs adaptés.
Ce qu'il faut retenir
- Deux options principales s’offrent aux copropriétés : l’installation individuelle via le droit à la prise, ou un projet collectif mutualisant les coûts.
- Le programme ADVENIR, soutenu par les certificats d’économies d’énergie (CEE), finance jusqu’à 50 % des coûts pour les bornes individuelles et collectives.
- Une TVA réduite à 5,5 % s’applique aux travaux, sous conditions d’ancienneté du logement et de nature des travaux.
- Certains opérateurs, comme Hellio, proposent un préfinancement des infrastructures par le gestionnaire du réseau de distribution, évitant toute avance de frais pour la copropriété.
- Le gestionnaire du réseau (GRD) peut intervenir pour des raccordements complexes, notamment lors de la création d’une infrastructure collective.
Avec la montée en puissance des véhicules électriques, la question de la recharge à domicile se pose avec une acuité croissante dans les immeubles collectifs. Selon BFM Immo, de plus en plus de résidents souhaitent pouvoir brancher leur véhicule directement sur leur place de stationnement, un besoin devenu incontournable pour certains. « Installer une borne de recharge en copropriété soulève des questions pratiques et financières », rappelle la rédaction, tout en soulignant que le cadre réglementaire a été adapté pour faciliter ces démarches.
Droit à la prise ou projet collectif : deux voies pour équiper un parking
Pour installer une borne de recharge en copropriété, deux approches coexistent. La première repose sur le droit à la prise, un dispositif légal permettant à un copropriétaire ou un locataire de faire valoir son projet individuel. Dans ce cas, le résident doit simplement notifier son intention au syndic, qui inscrit alors la demande à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. « Sauf impossibilité technique ou projet collectif équivalent, la copropriété ne peut pas s’opposer à l’installation », précise BFM Immo. Une solution qui limite les contraintes administratives tout en répondant aux besoins des utilisateurs de véhicules électriques.
À l’inverse, une copropriété peut opter pour un projet collectif, anticipant ainsi les besoins de l’ensemble des résidents. Cette démarche permet de mutualiser les coûts et d’éviter la multiplication d’installations individuelles, souvent plus coûteuses à long terme. « Dans ce cas, une validation par vote en assemblée générale est nécessaire », souligne la source. Une option idéale pour les immeubles équipés de parkings intérieurs ou extérieurs, où le raccordement électrique peut être optimisé pour plusieurs bornes.
Des étapes techniques et administratives à respecter
Quelle que soit l’option choisie, plusieurs étapes clés doivent être respectées. D’abord, une analyse technique du parking et de l’installation électrique existante est indispensable pour évaluer la faisabilité du projet. « Il s’agit de définir la solution la plus adaptée, qu’il s’agisse d’une borne individuelle ou d’une infrastructure collective », explique BFM Immo. Ensuite, le projet doit être validé par les copropriétaires lors d’une assemblée générale, un passage obligé pour les initiatives collectives.
Une fois le projet approuvé, le raccordement au réseau électrique et l’installation des équipements peuvent être lancés. Pour les projets collectifs impliquant plusieurs points de recharge, le gestionnaire du réseau de distribution (GRD) intervient souvent pour réaliser le raccordement et déployer une infrastructure mutualisée. « Cette solution permet d’anticiper les futurs besoins sans multiplier les travaux individuels », indique la source. Une approche pragmatique, surtout dans les copropriétés déjà bien équipées en réseaux électriques.
Un coût maîtrisé grâce à des aides financières et fiscales
L’installation d’une borne de recharge représente un investissement significatif, surtout dans un parking collectif. Heureusement, plusieurs dispositifs permettent d’en réduire la charge. Le principal levier reste le programme ADVENIR, soutenu par les certificats d’économies d’énergie (CEE). « Ce programme finance une partie des coûts liés à l’installation de bornes, que ce soit pour des solutions individuelles ou collectives », précise BFM Immo. Les aides peuvent couvrir jusqu’à 50 % de l’investissement, un avantage non négligeable pour les copropriétés.
En complément, les travaux bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 %, à condition que les logements concernés soient achevés depuis plus de deux ans. « Cette réduction s’applique à la fois à la fourniture et à l’installation de l’équipement », rappelle la source. Une mesure qui allège directement la facture finale pour les copropriétaires, surtout lorsque les travaux sont importants.
Autre possibilité : certains modèles reposent sur un préfinancement par un opérateur ou le GRD. Dans ce cas, la copropriété ne supporte aucun coût pour l’infrastructure, seuls les résidents souhaitant s’équiper financent leur borne individuelle et leur consommation. « Ce modèle permet de déployer un réseau de recharge sans avance de frais pour la copropriété », explique BFM Immo. Une solution particulièrement adaptée aux immeubles où les travaux de raccordement seraient complexes ou coûteux.
Des solutions clés en main pour accélérer les projets
Pour accompagner les copropriétés, des entreprises comme Hellio proposent des solutions sur mesure. Leur offre inclut un préfinancement de l’installation par le gestionnaire du réseau de distribution dès la première demande. « Le dispositif prévoit également un pré-équipement sans coût, afin d’anticiper les besoins futurs sans multiplier les travaux », indique BFM Immo. Une approche qui séduit les copropriétés souhaitant éviter les dépenses immédiates tout en préparant l’avenir.
Les solutions proposées par Hellio s’adaptent à toutes les configurations : places intérieures, extérieures ou boxes. « Les résidents sans voiture électrique pourront ainsi en disposer en cas de transition ou dans un contexte de revente de bien », souligne la source. Une flexibilité qui rend ces installations accessibles à un large public, même dans les immeubles déjà construits.
Installer une borne de recharge en copropriété n’a rien d’une évidence, mais les outils et aides disponibles rendent désormais la démarche accessible. Entre le droit à la prise, les subventions d’ADVENIR ou les préfinancements proposés par des opérateurs comme Hellio, les solutions existent. « L’enjeu est désormais de passer à l’action », conclut BFM Immo. Une étape qui pourrait bien transformer durablement le paysage des copropriétés françaises.
La TVA réduite à 5,5 % s’applique uniquement si les travaux sont réalisés dans un logement achevé depuis plus de deux ans. Elle concerne à la fois la fourniture et l’installation de l’équipement, à condition que le projet soit mené dans le cadre d’une copropriété ou d’un logement individuel éligible.
ADVENIR, soutenu par les certificats d’économies d’énergie (CEE), prend en charge une partie des coûts d’installation, que ce soit pour des bornes individuelles ou collectives. Le montant de l’aide dépend de la puissance de la borne et de la configuration du projet, mais peut couvrir jusqu’à 50 % de l’investissement initial.