Stonehenge, l’un des monuments néolithiques les plus célèbres au monde, continue de révéler des secrets enfouis depuis des millénaires. Selon Futura Sciences, des archéologues ont mis au jour à quelques kilomètres du site une structure qui pourrait bien être un prototype du monument emblématique. Une découverte qui, selon les chercheurs, pourrait révolutionner notre compréhension des origines de ce site préhistorique.

Ce qu'il faut retenir

  • Une structure en bois, composée de deux poteaux alignés à 120 mètres de distance, a été découverte à Bulford, à seulement cinq kilomètres de Stonehenge.
  • Les poteaux étaient alignés de manière à pointer vers le lever du soleil au solstice d’été et vers le coucher du soleil au solstice d’hiver, suggérant une fonction astronomique ou rituelle.
  • Les fouilles, réalisées entre 2015 et 2017, ont révélé des poteries, des ossements d’animaux et un couteau en forme de disque, potentiellement lié à des pratiques religieuses ou cérémonielles.
  • La datation au carbone 14 situe cette structure vers 3 000 av. J.-C., soit environ 500 ans avant l’édification des trilithes de Stonehenge.
  • L’archéologue Phil Harding, connu pour ses interventions dans l’émission Time Team, qualifie cette découverte de « trouvaille d’une vie » et comme le « point culminant » de sa carrière.

Une découverte fortuite aux portes de Stonehenge

C’est dans le cadre d’une campagne de fouilles menée par l’équipe de Wessex Archaeology à Bulford, un village situé à cinq kilomètres seulement du cercle de pierres de Stonehenge, que les chercheurs ont fait une découverte inattendue. Les archéologues, déployés sur le terrain entre 2015 et 2017, auraient bien failli passer à côté de cette structure en bois composée de deux poteaux distants de 120 mètres. L’alignement précis de ces poteaux, pointant vers les directions du soleil levant et couchant lors des solstices, a immédiatement interpellé les scientifiques.

« La trouvaille d’une vie », s’est exclamé Phil Harding, l’archéologue à la tête des fouilles, lors d’une déclaration relayée par Futura Sciences. À 76 ans, ce spécialiste reconnu, souvent médiatisé pour ses apparitions dans l’émission Time Team, a décrit cette découverte comme le « point culminant » de sa carrière, soulignant ainsi son importance exceptionnelle pour l’archéologie britannique.

Des indices d’une fonction rituelle ou astronomique

Outre les deux poteaux en bois, les fouilles ont permis de mettre au jour plusieurs artefacts qui renforcent l’hypothèse d’un lieu de rassemblement à caractère religieux ou cérémoniel. Parmi ces découvertes figurent des poteries fragmentaires, des ossements d’animaux ainsi qu’un couteau en forme de disque, dont la forme pourrait symboliser le soleil. Pour les chercheurs, ces éléments suggèrent que le site de Bulford a pu servir de lieu de rassemblement pour des communautés néolithiques il y a plus de 5 000 ans.

L’alignement des poteaux avec les solstices, phénomène également observé à Stonehenge, laisse penser que cette structure pourrait avoir joué un rôle dans l’observation des cycles solaires, une pratique courante dans les sociétés néolithiques. Bien que les archéologues n’aient pas encore tranché sur la fonction exacte du monument, l’hypothèse d’un temple ou d’un observatoire astronomique reste la plus plausible aux yeux des spécialistes.

Un prototype de Stonehenge ? La datation au carbone 14 éclaire le débat

Les analyses réalisées sur les artefacts découverts à Bulford ont permis de dater la structure vers 3 000 av. J.-C., une période qui coïncide avec les débuts de la construction de Stonehenge. Selon les chercheurs, cette découverte pourrait ainsi représenter un « prototype » du célèbre monument, ou tout au moins un campement lié à sa première phase de construction. Les datations au carbone 14, effectuées sur des échantillons organiques retrouvés sur place, ont confirmé cette chronologie, offrant ainsi un éclairage nouveau sur l’évolution des pratiques architecturales et rituelles de l’époque.

Cette découverte intervient à un moment où les chercheurs s’interrogent sur les origines exactes de Stonehenge. Jusqu’à présent, les théories les plus répandues suggéraient que le monument avait été construit en une seule phase, entre 3 000 et 2 000 av. J.-C. Cependant, la structure de Bulford pourrait indiquer que les bâtisseurs de Stonehenge ont d’abord expérimenté des formes architecturales plus simples avant d’ériger le monument que l’on connaît aujourd’hui. Une piste qui, si elle est confirmée, pourrait bouleverser les connaissances actuelles sur l’histoire de Stonehenge.

Un patrimoine néolithique plus complexe qu’envisagé

Cette découverte s’inscrit dans un contexte plus large de réévaluation des connaissances sur les sociétés néolithiques en Europe. En 2026, plusieurs projets de recherche en archéologie visent à mieux comprendre les réseaux d’échange, les pratiques culturelles et les innovations techniques de cette période. Stonehenge, longtemps considéré comme un site isolé, apparaît désormais comme un maillon d’un réseau plus vaste de monuments et de sites rituels répartis à travers la Grande-Bretagne.

Par ailleurs, cette trouvaille rappelle une autre découverte récente aux Pays-Bas, où un tumulus vieux de 4 000 ans a été identifié comme un calendrier solaire, similaire à Stonehenge. Ces parallèles soulignent l’importance des alignements astronomiques dans les constructions néolithiques et invitent les chercheurs à repenser leur approche des sites préhistoriques en Europe.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour les chercheurs consisteront à approfondir les analyses des artefacts découverts à Bulford, notamment grâce à des techniques d’imagerie avancées et des études isotopiques. Une datation plus précise des poteaux en bois et des poteries pourrait permettre de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse d’un lien direct avec la construction de Stonehenge. Par ailleurs, des fouilles complémentaires sur le site pourraient révéler d’autres structures similaires dans la région, offrant ainsi un éclairage inédit sur les pratiques architecturales de l’époque. Les résultats de ces recherches devraient être publiés d’ici la fin de l’année 2026, selon les responsables de Wessex Archaeology.

Pour les amateurs d’archéologie et les visiteurs de Stonehenge, cette découverte ajoute une nouvelle couche de mystère à l’un des sites les plus emblématiques au monde. Alors que des milliers de personnes se réuniront à Stonehenge ce dimanche 21 juin 2026 pour célébrer le solstice d’été, elles pourront désormais se remémorer que, il y a 5 000 ans, leurs ancêtres faisaient de même : observer le lever du soleil et rendre hommage à ces cycles cosmiques qui ont façonné les premières civilisations.

La structure découverte à Bulford, composée de deux poteaux alignés avec les solstices, présente des caractéristiques similaires à celles de Stonehenge. Sa datation à 3 000 av. J.-C., soit 500 ans avant l’édification des trilithes, suggère qu’elle pourrait être une version antérieure ou expérimentale du célèbre monument. Les artefacts retrouvés sur place, comme le couteau en forme de disque, renforcent l’hypothèse d’un lieu de rassemblement à caractère rituel ou astronomique.

Les chercheurs prévoient de poursuivre les analyses des artefacts découverts à Bulford, notamment grâce à des datations au carbone 14 supplémentaires et des études isotopiques. Des fouilles complémentaires pourraient également être menées pour identifier d’autres structures similaires dans la région. Les résultats devraient être publiés d’ici la fin de l’année 2026.