Singapour, 9 juin 2026 – Une équipe de chercheurs de l’Université technologique de Nanyang (NTU) a mis au point une cellule solaire à base de pérovskite, si fine qu’elle équivaut à un dix-millième de l’épaisseur d’un cheveu humain. Selon Futura Sciences, cette innovation pourrait transformer n’importe quelle surface en producteur d’électricité, des façades de bâtiments aux carrosseries de véhicules, en passant par les fenêtres de bureaux.
Ce qu'il faut retenir
- Une épaisseur record : seulement 10 nanomètres, soit 10 000 fois plus fine qu’un cheveu.
- Deux versions disponibles : une opaque (rendement de 7 % à 12 %) et une semi-transparente (41 % de lumière visible transmise, rendement de 7,6 %).
- Fabriquée par évaporation thermique, une méthode industrielle évitant l’usage de solvants toxiques.
- Compatibilité urbaine : fonctionne avec une lumière diffuse, idéale pour les villes densément bâties.
- Potentiel de généralisation : intégration possible sur des surfaces variées sans transformation majeure des infrastructures.
- Production à moindre coût : la pérovskite est moins chère à produire que le silicium traditionnel.
Une technologie conçue pour les milieux urbains denses
L’équipe dirigée par la professeure associée Annalisa Bruno, chercheuse à la NTU, a développé une cellule solaire semi-transparente capable de s’intégrer discrètement aux environnements urbains. « Contrairement aux panneaux photovoltaïques classiques, notre technologie ne nécessite pas une exposition directe au soleil pour fonctionner efficacement », explique-t-elle. Cette caractéristique est particulièrement adaptée aux centres-villes, où les immeubles de grande hauteur limitent l’accès à la lumière directe. D’après Futura Sciences, la cellule peut ainsi capter l’énergie solaire même par temps nuageux ou lorsque le soleil est bas sur l’horizon.
La structure repose sur un film ultra-mince de pérovskite, un matériau semi-conducteur connu pour son efficacité à absorber la lumière tout en restant économique à produire. « La pérovskite offre un rendement énergétique supérieur à celui du silicium pour un coût de fabrication bien moindre », précise la chercheuse. En ajustant l’épaisseur de la couche active, les scientifiques ont conçu deux modèles distincts : un premier totalement opaque, atteignant un rendement maximal de 12 %, et un second semi-transparent, laissant passer 41 % de la lumière visible tout en affichant un rendement de 7,6 %.
Un procédé de fabrication respectueux de l’environnement
Pour obtenir ces résultats, l’équipe a utilisé la technique de l’évaporation thermique sous vide. « Ce procédé industriel consiste à chauffer un matériau jusqu’à ce qu’il se vaporise, puis à le déposer sous forme de film extrêmement mince sur une surface », détaille Futura Sciences. Contrairement aux méthodes traditionnelles de fabrication des cellules solaires, cette approche élimine le recours à des solvants toxiques et simplifie considérablement la production à grande échelle. « C’est une avancée majeure pour l’industrie photovoltaïque, car elle réduit les coûts tout en limitant l’impact environnemental », souligne Annalisa Bruno.
Cette innovation s’inscrit dans une logique de transition énergétique, alors que les villes cherchent à réduire leur dépendance aux énergies fossiles. « Plutôt que de construire de nouveaux parcs solaires en périphérie, nous pouvons désormais électrifier les infrastructures existantes », commente la professeure. Les fenêtres, les murs et les toitures des bâtiments pourraient ainsi devenir des sources d’énergie renouvelable sans nécessiter de modifications architecturales majeures.
Un potentiel encore limité, mais des perspectives prometteuses
À ce stade, le rendement des cellules ultra-minces reste inférieur à celui des panneaux photovoltaïques classiques, qui affichent généralement des taux de conversion supérieurs à 20 %. Pourtant, les chercheurs estiment que leur technologie comble un vide technologique en offrant une solution flexible et peu encombrante. « L’objectif n’est pas de remplacer les panneaux solaires traditionnels, mais de les compléter là où leur installation n’est pas envisageable », rappelle Annalisa Bruno.
Une telle approche pourrait, par exemple, permettre d’équiper les véhicules électriques de surfaces photovoltaïques discrètes, prolongeant ainsi leur autonomie. De même, les bâtiments à façade vitrée pourraient générer une partie de leur propre électricité sans altérer leur esthétique. Selon Futura Sciences, cette technologie pourrait aussi trouver des applications dans des secteurs comme l’agriculture, où des serres équipées de cellules semi-transparentes pourraient produire de l’électricité tout en laissant passer la lumière nécessaire aux cultures.
Si ces essais s’avèrent concluants, cette technologie pourrait jouer un rôle clé dans la transition vers des villes plus autonomes sur le plan énergétique. « L’enjeu n’est plus seulement de produire plus d’énergie renouvelable, mais de le faire de manière intelligente et intégrée à notre environnement quotidien », conclut Annalisa Bruno.
Le rendement énergétique reste inférieur à celui des panneaux photovoltaïques traditionnels, avec un maximum de 12 % pour les versions opaques et 7,6 % pour les versions semi-transparentes. De plus, la durabilité à long terme de ces cellules ultra-minces n’a pas encore été pleinement évaluée.
Pour l’instant, les chercheurs travaillent sur des prototypes en laboratoire. Une commercialisation à grande échelle n’est pas attendue avant plusieurs années, une fois les tests en conditions réelles terminés et les coûts de production optimisés.