Une équipe de chercheurs bretons explore une solution originale pour améliorer la durabilité des revêtements routiers. Selon Franceinfo - Sciences, des coquilles Saint-Jacques pourraient bientôt remplacer partiellement les matériaux traditionnels dans la composition des enrobés bitumineux.
Ce qu'il faut retenir
- Une équipe de l’Université de Bretagne-Sud teste l’incorporation de coquilles Saint-Jacques broyées dans les enrobés routiers.
- L’objectif est d’améliorer la résistance des routes tout en réduisant l’impact environnemental.
- Les premiers essais en laboratoire montrent une meilleure adhérence et une réduction des émissions de CO₂.
- Le projet, soutenu par des fonds régionaux, pourrait être déployé d’ici 2027.
Une piste écologique pour les routes du futur
Côté Bretagne, une équipe de l’Université de Bretagne-Sud mène des recherches inédites sur l’utilisation des coquilles Saint-Jacques comme additif dans les enrobés routiers. D’après Franceinfo - Sciences, ces déchets de la pêche, jusqu’ici peu valorisés, pourraient offrir une alternative durable aux granulats traditionnels. Leur structure calcaire, à la fois résistante et poreuse, suscite l’intérêt des scientifiques pour ses propriétés mécaniques et environnementales.
Les premiers résultats en laboratoire, obtenus en collaboration avec des laboratoires spécialisés, montrent une meilleure adhérence des revêtements et une réduction significative des émissions de CO₂ liées à leur production. Autant dire que la piste mérite d’être creusée, surtout dans une région où la filière pêche génère des milliers de tonnes de coquilles chaque année.
Des essais prometteurs en conditions réelles
Pour valider leur hypothèse, les chercheurs ont lancé des essais en conditions réelles sur une portion de route située près de Lorient. Ces tests, menés depuis six mois, visent à évaluer la durabilité du matériau face aux contraintes climatiques et au trafic routier. Les premiers constats sont encourageants : l’usure est moindre que sur les revêtements classiques, et la résistance aux chocs thermiques s’avère supérieure.
« Les coquilles Saint-Jacques apportent une rigidité supplémentaire sans altérer la flexibilité nécessaire aux routes », a expliqué Marie Le Floch, ingénieure en génie civil et coordinatrice du projet. « Leur porosité permet aussi une meilleure évacuation des eaux, réduisant ainsi les risques de formation de nids-de-poule. »
Un cercle vertueux pour l’économie locale
Au-delà des performances techniques, ce projet pourrait s’inscrire dans une démarche d’économie circulaire. En Bretagne, où la pêche est une activité économique majeure, les coquilles Saint-Jacques représentent un déchet abondant. Plutôt que de les envoyer en décharge, leur réutilisation dans la construction routière permettrait de réduire les coûts de traitement tout en créant une nouvelle filière de valorisation.
Les promoteurs du projet estiment que cette solution pourrait diviser par deux la quantité de granulats naturels extraits, responsables de l’érosion des carrières et de l’impact carbone lié à leur transport. « C’est une piste qui allie performance et écologie, deux enjeux majeurs pour les infrastructures de demain », a souligné un représentant de la Région Bretagne, partenaire financier du projet.
Pour l’heure, les autorités locales et les professionnels du BTP suivent ces avancées avec attention. Si l’expérience s’avère concluante, elle pourrait bien inspirer d’autres filières où le recyclage des déchets marins se révèle une solution d’avenir.
Les coquilles Saint-Jacques présentent une structure calcaire particulièrement résistante et une porosité adaptée à l’évacuation des eaux. Leur disponibilité massive en Bretagne et leur faible coût de collecte en font un matériau idéal pour une valorisation à grande échelle, contrairement à d’autres coquillages comme les moules, moins riches en carbonate de calcium.