La station balnéaire de La Baule-Escoublac, en Loire-Atlantique, se dote d’un nouvel outil de surveillance avec l’étude d’une flotte de drones de vidéoprotection. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des préparatifs à l’adoption prochaine du projet de loi sur l’extension des prérogatives des polices municipales, comme le rapporte Le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude est lancée dès cet été pour évaluer l’utilisation de drones sur la plage et le plan d’eau de La Baule, selon les annonces du maire Franck Louvrier.
  • Les drones auront pour mission d’assurer la protection et la prévention, notamment lors de rassemblements ou de manifestations.
  • La commune dispose déjà de 320 caméras de vidéoprotection et prévoit l’installation de bornes d’urgence l’hiver prochain.
  • Le maire a évoqué les incidents violents du week-end de Pentecôte pour justifier cette démarche proactive.
  • Sept mineurs se trouvaient à bord d’un véhicule impliqué dans une rixe le 25 mai dernier sur le front de mer.

Une anticipation des nouvelles compétences des polices municipales

Le projet de loi relatif à l’extension des prérogatives des polices municipales, actuellement en discussion au Parlement, a poussé la mairie de La Baule à anticiper. Franck Louvrier, maire de la commune et membre des Républicains (LR), a annoncé le lancement d’une étude pour intégrer des drones dans l’arsenal des moyens de sécurité locaux. « Je vous informe que nous avons lancé l’étude de l’utilisation de drones, notamment au niveau de la plage et du plan d’eau », a-t-il déclaré lors du conseil municipal du 26 juin, selon les propos rapportés par Le Figaro.

Cette démarche s’ajoute à une politique proactive d’adoption de nouvelles technologies. Depuis 2022, la ville utilise déjà des radars antibruit, tandis que des bornes d’urgence, permettant de contacter directement la police municipale, seront installées dès l’hiver prochain. Ces outils visent à répondre aux attentes des habitants en matière de sécurité, a souligné l’édile.

Des incidents récents qui ont accéléré la réflexion

La décision de recourir à des drones intervient après plusieurs épisodes troublés survenus lors du week-end de Pentecôte. Le maire a rappelé les violences urbaines qui ont marqué cette période, notamment une rixe entre deux groupes de jeunes sur le front de mer le lundi 25 mai. Ce même jour, des incivilités ont également été signalées en gare SNCF de La Baule, où l’afflux de voyageurs en provenance de Nantes et Saint-Nazaire avait provoqué une surcharge du site. Ces événements, filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive émotion au sein de la population locale.

Franck Louvrier a rappelé les limites actuelles des polices municipales face à ce type de situations : « Le maire ne dispose malheureusement pas des leviers pour répondre à des violences urbaines », a-t-il déclaré. Il a réaffirmé son soutien au projet de loi gouvernemental, examiné en parallèle à la proposition de loi « Ripost », qui élargit les prérogatives des forces de l’ordre dans le domaine de l’ordre public. « Les habitants attendent des responsables publics du sérieux, de la lucidité et des solutions concrètes comme celles que nous apportons pour répondre à ces enjeux du quotidien », a-t-il ajouté.

Un arsenal de surveillance déjà conséquent

La commune de La Baule-Escoublac ne part pas de zéro en matière de sécurité. Elle dispose déjà d’un parc de 320 caméras de vidéoprotection, réparties sur l’ensemble du territoire. L’ajout des drones s’inscrit dans une logique de complémentarité, permettant d’étendre la couverture de surveillance aux zones moins accessibles, comme les plages ou les plans d’eau, où la présence humaine est plus difficile à maintenir en permanence.

Les drones devraient effectuer des missions de protection et de prévention, en complément des moyens existants. Leur déploiement est prévu d’abord sur des zones stratégiques avant une généralisation progressive. La mairie n’a pas encore précisé le nombre exact de drones qui seront utilisés ni le calendrier détaillé de leur mise en service, mais l’étude lancée cet été devrait permettre d’affiner ces éléments d’ici la fin de l’année.

Une réponse aux attentes des habitants et aux contraintes locales

La décision de recourir à des drones s’inscrit dans un contexte où les stations balnéaires doivent concilier attractivité touristique et sécurité publique. Les incidents du week-end de Pentecôte ont montré que les rassemblements, parfois spontanés, peuvent rapidement déborder et nécessiter une réponse rapide des autorités. Les drones, grâce à leur mobilité et leur capacité à couvrir de vastes zones, pourraient offrir une solution adaptée à ces contraintes.

Par ailleurs, l’installation de bornes d’urgence l’hiver prochain témoigne de la volonté de la mairie d’améliorer la réactivité des forces de l’ordre. Ces bornes, directement reliées à la police municipale, permettront aux usagers de signaler des situations d’urgence sans avoir à utiliser leur téléphone portable. Une mesure qui vise à faciliter le travail des agents en période de forte affluence ou en cas d’absence de réseau mobile.

Et maintenant ?

L’étude lancée cet été devrait aboutir à un rapport d’ici la fin de l’année, qui précisera les modalités d’utilisation des drones et les zones prioritaires. Une fois les résultats connus, la mairie devra obtenir les autorisations nécessaires auprès des autorités compétentes, notamment la CNIL pour la protection des données, et la préfecture pour l’autorisation de survol. Si tout se déroule comme prévu, les premiers drones pourraient être opérationnels dès le printemps 2027, en amont de la prochaine saison estivale.

En attendant, la mairie continue de surveiller de près l’évolution des débats parlementaires sur le projet de loi relatif aux polices municipales. Son adoption définitive pourrait ouvrir la voie à d’autres mesures renforçant les moyens des communes en matière de sécurité. Pour l’heure, La Baule mise sur l’innovation technologique pour répondre aux défis de sécurité, tout en misant sur une approche progressive pour garantir l’acceptabilité de ces nouveaux outils.

La mairie n’a pas encore précisé les caractéristiques techniques des drones qui seront déployés. L’étude en cours doit définir leur modèle, leur autonomie, leur équipement de surveillance et les conditions de leur utilisation. Les drones devraient être équipés de caméras haute définition et de systèmes de transmission en temps réel, comme le laissent supposer les missions de vidéoprotection annoncées.

Pour l’instant, aucun élément ne permet d’affirmer que les drones de La Baule seront équipés de systèmes de reconnaissance faciale. La mairie a uniquement évoqué des missions de protection et de prévention, sans mentionner des technologies avancées de reconnaissance biométrique. L’utilisation de telles technologies serait soumise à des règles strictes, notamment en matière de respect de la vie privée.