Un phénomène aussi intrigant que déroutant intrigue depuis des décennies les scientifiques comme le grand public. Selon Futura Sciences, une question persiste : pourquoi certaines personnes éternuent-elles en regardant le soleil ? Autant dire que la réponse mêle physiologie, neurosciences et même génétique.
Ce qu'il faut retenir
- Un tiers de la population serait concerné par ce réflexe, appelé « photic sneeze reflex » en anglais.
- Ce phénomène se déclenche généralement 1 à 5 secondes après une exposition soudaine à une lumière intense.
- Les scientifiques évoquent un court-circuit neuronal entre les nerfs optique et trijumeau comme cause probable.
- Ce réflexe n’est pas dangereux, mais il peut être handicapant pour certains conducteurs ou sportifs en plein soleil.
Un réflexe méconnu mais répandu
On l’appelle « ACHOO syndrome », acronyme de « Autosomal Dominant Compelling Helio-Ophthalmic Outburst ». Autant dire que le phénomène est officiellement reconnu par la communauté scientifique. Selon Futura Sciences, il toucherait environ 18 à 35 % de la population mondiale, selon les études épidémiologiques. Le mécanisme en jeu repose sur une anomalie génétique, souvent héréditaire, qui perturbe la communication entre les nerfs optique et trijumeau.
Les personnes atteintes de ce réflexe ne sont pas des cas isolés. Ce phénomène a été documenté pour la première fois au XIXe siècle, mais ce n’est qu’au XXe siècle que des recherches approfondies ont permis d’en comprendre les mécanismes. Les neurologues soulignent que ce réflexe n’a rien d’anormal : il s’agit simplement d’une particularité anatomique.
Une explication neurobiologique
Le cerveau humain fonctionne comme un réseau électrique où les signaux transitent entre les neurones. Dans le cas du « soleil qui fait éternuer », une confusion se produit entre les nerfs optique et trijumeau. Comme le rapporte Futura Sciences, cette dernière structure est responsable de la sensibilité faciale et de certains réflexes, dont celui de l’éternuement. Lorsqu’une lumière intense active le nerf optique, celui-ci envoie un signal qui, par erreur, est interprété par le nerf trijumeau comme une irritation nasale.
Cette théorie, appelée « théorie de l’interférence neuronale », est la plus largement admise aujourd’hui. Elle explique pourquoi ce réflexe se déclenche si rapidement après une exposition à la lumière. Les personnes concernées peuvent ressentir une envie irrépressible d’éternuer, parfois accompagnée d’un clignement des yeux ou d’une gêne passagère.
Un phénomène sans gravité, mais parfois gênant
Si le « soleil qui fait éternuer » n’a aucune conséquence médicale, il peut représenter un inconfort dans certaines situations. Les conducteurs exposés à un contre-jour soudain, les skieurs ou les randonneurs en haute montagne sont particulièrement vulnérables. Selon Futura Sciences, des études ont montré que ce réflexe pouvait aussi être déclenché par un passage brutal de l’ombre à la lumière, comme lorsqu’on quitte une pièce sombre pour sortir en plein soleil.
Pour limiter les effets, les experts recommandent de porter des lunettes de soleil adaptées et de s’habituer progressivement à la lumière. Certaines personnes utilisent également des techniques de respiration pour contrôler l’éternuement. Cependant, il n’existe pas de solution universelle, car chaque individu réagit différemment.
Pour aller plus loin : quelques questions fréquentes
Non, car il s’agit d’une particularité génétique et non d’une maladie. En revanche, on peut atténuer ses effets avec des lunettes de soleil ou en s’exposant progressivement à la lumière.
Aucune étude ne démontre un lien direct entre le « soleil qui fait éternuer » et la migraine. Cependant, certaines personnes atteintes de ce réflexe peuvent aussi souffrir d’hypersensibilité à la lumière (photophobie), sans que cela soit systématique.