L’Agence spatiale européenne (ESA) a officiellement validé la mission Arrakihs, classée en tant que mission F2, selon Futura Sciences. Ce projet ambitieux, dont le lancement est prévu d’ici la fin de la décennie, marquera la première exploration ciblée des halos galactiques, ces régions périphériques des galaxies majoritairement composées de matière noire et de matière normale (gaz et étoiles).

Ce qu'il faut retenir

  • L’ESA a adopté la mission Arrakihs comme mission F2 en juin 2026, avec un lancement prévu avant 2030.
  • Cette mission vise à étudier les halos galactiques, composés de matière noire et de matière visible, pour percer les secrets de la formation des galaxies.
  • Arrakihs analysera au moins 80 galaxies similaires à la Voie lactée, dont notre propre galaxie.
  • L’instrument principal, composé de deux télescopes binoculaires, capturera la lumière faible des halos dans plusieurs bandes spectrales.
  • Les données recueillies pourraient révolutionner la compréhension de la matière noire et de l’évolution des galaxies.

Selon Futura Sciences, cette mission s’inscrit dans une démarche d’« archéologie galactique », visant à reconstituer l’histoire des galaxies en étudiant leurs composantes les moins visibles. « Et si certains des secrets de l’Univers se cachaient dans ses régions les plus obscures ? », s’interrogeait récemment le consortium Arrakihs sur les réseaux sociaux. Une question que la mission espère trancher en observant des phénomènes jusqu’alors inaccessibles.

Une première scientifique aux enjeux majeurs

Les halos galactiques, bien que peu lumineux, jouent un rôle clé dans la structure et l’évolution des galaxies. Composés à plus de 80 % de matière noire – une forme de matière invisible mais dont l’influence gravitationnelle est mesurable –, ces régions restent largement inexplorées. Arrakihs ambitionne de combler cette lacune en cartographiant la distribution de la matière noire autour des galaxies, notamment autour de la Voie lactée, notre galaxie hôte.

Les scientifiques espèrent ainsi répondre à des questions fondamentales : pourquoi les galaxies spirales comme la nôtre possèdent-elles des halos aussi étendus ? Comment la matière noire influence-t-elle la dynamique des étoiles et du gaz au sein des galaxies ? Autant de mystères que la mission pourrait éclairer grâce à ses observations inédites. « En capturant la faible lumière de ces halos, Arrakihs permettra d’explorer l’histoire cosmique et la formation des galaxies », précise Futura Sciences.

Une technologie innovante pour sonder l’invisible

Pour mener à bien cette exploration, Arrakihs s’appuiera sur un instrument unique : un système de deux télescopes binoculaires capables de capter la lumière dans une large gamme spectrale, allant du proche ultraviolet au proche infrarouge. Cette approche, combinée à une sensibilité accrue, permettra de détecter des objets célestes jusqu’ici trop faiblement lumineux pour être observés.

« Cette technologie avancée est essentielle pour observer des régions de l’Univers jusque-là peu accessibles », explique un membre du consortium Arrakihs cité par Futura Sciences. L’instrument, conçu pour fonctionner en orbite terrestre ou lunaire, devra également résister aux contraintes d’un environnement spatial exigeant, avec des températures extrêmes et un vide poussé.

Les données recueillies seront analysées par des équipes internationales, impliquant des chercheurs de l’Institut d’Estudis Espacials de Catalunya (IEEC), du Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CRAL), et d’autres institutions européennes. Leur objectif : établir une base de données exhaustive des halos galactiques, ouvrant la voie à des modèles plus précis de la formation et de l’évolution des galaxies.

Des réponses attendues sur la matière noire et les fusions galactiques

Parmi les avancées scientifiques les plus attendues figure une meilleure compréhension du rôle de la matière noire dans la structuration des galaxies. Selon les modèles actuels, cette matière invisible formerait un « échafaudage » autour duquel s’organisent les galaxies. Arrakihs pourrait confirmer ou infirmer ces théories en étudiant la distribution des halos autour de galaxies similaires à la Voie lactée.

La mission permettra également d’observer des flux stellaires – des courants d’étoiles arrachés à des galaxies naines par les forces de marée de galaxies plus massives – ainsi que les traces de fusions galactiques passées. Ces observations pourraient révéler comment les galaxies évoluent au fil des milliards d’années, notamment à travers des collisions ou des interactions gravitationnelles.

« Arrakihs prévoit d’étudier au moins 80 galaxies de masse similaire à celle de la Voie lactée », indique Futura Sciences. Cette ampleur statistique est cruciale pour déterminer si notre galaxie est un cas typique ou, au contraire, une exception dans l’Univers. En comparant les données de différentes galaxies, les chercheurs espèrent identifier des schémas récurrents ou, à l’inverse, des anomalies révélatrices de processus encore méconnus.

Un projet européen au cœur de l’astronomie moderne

Classée comme mission F2 par l’ESA, Arrakihs s’inscrit dans la lignée des grandes missions spatiales européennes, comme le télescope Euclid, dédié à l’étude de l’énergie noire et de la matière noire. Contrairement à Euclid, qui cartographie de vastes régions du ciel, Arrakihs se concentrera sur des cibles précises, offrant une résolution et une sensibilité sans précédent pour l’étude des halos.

Le projet, coordonné par l’Université de Zurich en collaboration avec l’ESA, bénéficie d’un budget estimé à plusieurs centaines de millions d’euros. Son développement s’étendra sur plusieurs années, avec une phase de conception détaillée prévue jusqu’en 2028, suivie des tests et intégrations techniques avant le lancement.

« Cette mission est une opportunité unique pour l’Europe de prendre la tête dans l’exploration de l’Univers à faible luminosité », a souligné un porte-parole de l’ESA dans un communiqué diffusé le 11 juin 2026. Avec Arrakihs, l’ESA confirme ainsi son ambition de rester un acteur majeur de l’astronomie spatiale, aux côtés de la NASA et d’autres agences internationales.

Et maintenant ?

D’ici 2030, les équipes impliquées dans la mission Arrakihs devront finaliser la conception des instruments et valider leur fonctionnement dans des conditions spatiales simulées. Une fois en orbite, la mission collectera des données pendant une durée minimale de trois ans, avec une extension possible si les résultats s’avèrent prometteurs. Les premières analyses pourraient être publiées dès 2031, offrant un aperçu inédit des halos galactiques et, potentiellement, des réponses à certaines des plus grandes énigmes de l’astrophysique.

À plus long terme, les découvertes d’Arrakihs pourraient influencer les futures missions spatiales, notamment celles dédiées à l’étude de la matière noire ou à la recherche d’exoplanètes dans les halos galactiques. Pour l’instant, la communauté scientifique retient son souffle : une fenêtre s’ouvre sur l’invisible, et les halos galactiques n’auront bientôt plus de secrets pour nous.

Les halos galactiques sont composés en grande partie de matière noire, qui n’émet ni n’absorbe de lumière, et de matière normale (gaz et étoiles) très dispersée. Leur faible luminosité les rend quasi indétectables avec les télescopes classiques, nécessitant des instruments ultra-sensibles comme ceux d’Arrakihs.