La France risque de perdre son statut de grande puissance scientifique si les restrictions budgétaires actuelles se poursuivent, a mis en garde Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, lors d’un entretien diffusé sur France Inter ce mercredi 10 juin 2026. Les chercheurs du Centre national de la recherche scientifique appellent à une mobilisation nationale jeudi 11 juin devant le ministère de la Recherche à Paris, ainsi que dans plusieurs régions, pour dénoncer la baisse des financements et alerter sur les conséquences d’un affaiblissement durable de la recherche publique.
Selon Franceinfo - Sciences, Antoine Petit, qui quittera ses fonctions après huit ans à la tête du CNRS, chiffre à plus de 500 millions d’euros le montant des charges obligatoires non compensées par l’État depuis octobre 2024. « La France est un grand pays scientifique. Mon ‘coup de gueule’, c’est qu’il faut que nous le restions », a-t-il déclaré. Pour lui, cette situation menace directement la souveraineté du pays, sa capacité à créer de la valeur et à générer des emplois qualifiés. « Si on n’est pas un grand pays scientifique, on ne sera plus un grand pays du tout. »
Ce qu'il faut retenir
- Le CNRS alerte sur un risque de « spirale vicieuse » liée à la baisse des investissements dans la recherche publique, selon Franceinfo - Sciences.
- Antoine Petit, PDG du CNRS, chiffre à plus de 500 millions d’euros le déficit de financement depuis octobre 2024.
- Les chercheurs organisent une journée de mobilisation nationale le 11 juin 2026 devant le ministère de la Recherche et dans plusieurs régions.
- Un manque d’investissement durable pourrait entraîner une perte de compétitivité scientifique et économique pour la France.
- Antoine Petit rappelle que « dans la recherche, il n’y a pas de miracle : si vous investissez moins que les autres de façon durable, vous ferez moins bien que les autres ».
Un déclin annoncé si les financements ne sont pas rétablis
Pour Antoine Petit, l’enjeu dépasse le simple cadre budgétaire. « Si on veut être un pays qui soit digne de Descartes, de Pasteur, de Marie Curie, il faut investir plus ! », a-t-il lancé sur France Inter. Il souligne que les concurrents de la France, qu’ils soient européens ou internationaux, augmentent leurs budgets dédiés à la recherche. « Nos concurrents investissent plus », a-t-il rappelé, avant d’ajouter : « Dans la recherche, il n’y a pas de miracle : si vous investissez moins que les autres de façon durable, vous ferez moins bien que les autres. »
Les conséquences d’un tel déclin seraient multiples : affaiblissement de l’innovation, perte d’attractivité pour les talents, et une « spirale vicieuse » aux effets économiques et sociaux profonds. « Il y aura une spirale vicieuse qui va s’instaurer. Et à la fin, on sera devenu un pays qui est pauvre », a prévenu le dirigeant. Pour lui, la souveraineté nationale, l’autonomie stratégique et la création de valeur dépendent directement de la santé du secteur scientifique.
Une mobilisation des chercheurs pour alerter l’opinion publique
Face à cette situation, les chercheurs du CNRS ont décidé de passer à l’action. Une journée de protestation est prévue demain, jeudi 11 juin, devant le ministère de la Recherche à Paris, ainsi que dans plusieurs villes de France. L’objectif ? Sensibiliser l’opinion publique et les responsables politiques aux risques encourus par la recherche française. « Les chercheurs sont appelés à se mobiliser pour défendre leur outil de travail et l’avenir de la science en France », indique-t-on au sein de l’institution.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sur le financement de la recherche publique. Plusieurs rapports et alertes ont déjà pointé du doigt la baisse des crédits alloués aux laboratoires, l’inflation des coûts de fonctionnement et les retards dans le versement des subventions. « Les charges obligatoires non compensées par l’État pèsent lourdement sur les budgets des unités de recherche », précise un chercheur sous couvert d’anonymat.
« La France est un grand pays scientifique. Mon ‘coup de gueule’, c’est qu’il faut que nous le restions. Si on n’est pas un grand pays scientifique, on ne sera plus un grand pays du tout. »
— Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, sur France Inter
Un héritage scientifique en jeu
Antoine Petit, qui quittera ses fonctions après huit ans passés à la tête du CNRS, insiste sur l’héritage historique de la France en matière de recherche. « On ne peut pas parler de souveraineté, d’autonomie, de création de valeurs et d’emplois, si on n’est pas un grand pays scientifique », a-t-il souligné. Il rappelle que le pays a vu naître des figures emblématiques comme Descartes, Pasteur ou Marie Curie, dont les découvertes ont marqué l’histoire mondiale. « Pour rester digne de cet héritage, il faut investir plus », a-t-il martelé.
Le risque, selon lui, n’est pas seulement économique, mais aussi culturel et stratégique. Une France moins performante en recherche perdrait son influence internationale, sa capacité à attirer des talents étrangers et à développer des technologies clés pour son indépendance. « Investir dans la recherche, c’est investir dans l’avenir du pays », a-t-il conclu.
La situation rappelle celle des années 1990, lorsque des réductions budgétaires avaient déjà fragilisé plusieurs laboratoires. Aujourd’hui, le contexte géopolitique et économique rend la question encore plus urgente. Les prochains mois pourraient donc être décisifs pour éviter que la France ne glisse vers un déclin scientifique et technologique.
Le CNRS organise cette journée de protestation pour alerter l’opinion publique et les responsables politiques sur la baisse des financements de la recherche publique. Selon l’institution, plus de 500 millions d’euros de charges obligatoires n’ont pas été compensés par l’État depuis octobre 2024, ce qui menace la compétitivité et la souveraineté scientifique de la France.
Selon Antoine Petit, un manque d’investissement durable dans la recherche pourrait entraîner une « spirale vicieuse » : perte de compétitivité scientifique, affaiblissement de l’innovation, baisse de l’attractivité pour les talents, et enfin, un déclin économique et social. Le PDG du CNRS estime que cela pourrait transformer la France en un « pays pauvre » en termes de souveraineté et de création de valeur.