Une étude récente menée par l’institut Ifop pour le club en ligne JOYclub, publiée le 20 juin 2026, dresse un état des lieux contrasté de la sexualité des Françaises et des Français. Selon les données recueillies, les femmes déclarent aujourd’hui s’ennuyer plus fréquemment lors des rapports sexuels, tandis que les hommes rapportent des niveaux de satisfaction et d’orgasme bien supérieurs. Ces écarts, qui persistent malgré les évolutions sociétales, révèlent des attentes différentes entre les partenaires et des difficultés persistantes en matière de communication et de réciprocité du plaisir.
Ce qu'il faut retenir
- 56 % des femmes déclarent s’ennuyer pendant leurs rapports sexuels, contre 36 % en 1996 — une hausse marquée sur trente ans.
- 67 % des hommes atteignent systématiquement l’orgasme lors des rapports, contre seulement 40 % des femmes. Chez les moins de 35 ans, l’écart se creuse encore : 75 % des hommes contre 33 % des femmes.
- 19 % des femmes souffrent d’anorgasmie (absence d’orgasme) contre 8 % des hommes.
- 57 % des femmes ont déjà simulé un orgasme, un chiffre qui a presque doublé depuis 1996 (32 %).
- Les hommes estiment la durée moyenne de leurs rapports à 18 minutes, tandis que leurs partenaires les évaluent à 14 minutes 30.
- 43 % des Françaises ont déjà utilisé un sextoy avec un partenaire, contre seulement 6 % en 1996.
Un sentiment d’ennui en hausse chez les femmes
L’enquête de l’Ifop, qui s’inscrit dans une radioscopie plus large des pratiques sexuelles, révèle que plus d’une femme sur deux (56 %) reconnaît s’ennuyer pendant l’acte sexuel. Ce chiffre marque une progression significative par rapport à 1996, où seulement 36 % des femmes exprimaient ce sentiment. Pour François Kraus, directeur d’expertise à l’Ifop et coauteur de l’étude, ce constat illustre « un hiatus entre une prise de conscience du droit de jouir et les conditions concrètes pour y arriver ». Les scénarios sexuels, souvent centrés sur la pénétration et moins sur la réciprocité du plaisir, seraient en partie responsables de cette insatisfaction croissante.
Des écarts persistants en matière d’orgasme
L’étude confirme également que les hommes et les femmes ne vivent pas leurs rapports sexuels de la même manière. Près de 67 % des hommes déclarent atteindre l’orgasme à chaque rapport, ou presque, contre 40 % des femmes. Chez les moins de 35 ans, cet écart se creuse davantage : 75 % des hommes contre 33 % des femmes. Par ailleurs, 19 % des femmes souffrent d’anorgasmie, contre 8 % des hommes, selon les données recueillies. Ces chiffres soulignent une réalité souvent passée sous silence : le plaisir féminin reste un sujet moins documenté et moins accessible que celui des hommes.
La simulation, un phénomène en progression
Autre enseignement marquant : 57 % des femmes ont déjà simulé un orgasme au cours de leur vie sexuelle, contre 32 % en 1996. Ce chiffre, qui a presque doublé en trois décennies, reflète les difficultés de communication entre partenaires. À l’inverse, seuls 32 % des hommes estiment être capables de détecter une simulation chez leur partenaire. Pour les auteurs de l’étude, ces données révèlent un manque de dialogue autour du plaisir et des attentes de chacun, ainsi qu’une persistance des stéréotypes sur la performance sexuelle masculine.
La durée perçue des rapports illustre également ces différences de perception. Les hommes évaluent en moyenne la durée de leurs derniers rapports à 18 minutes, tandis que leurs partenaires les estiment à 14 minutes 30. Cet écart de près de quatre minutes pourrait s’expliquer par une vision idéalisée de la performance sexuelle masculine, ou simplement par une expérience subjective distincte selon les partenaires.
Des évolutions notables, mais des inégalités persistantes
Malgré ces constats, l’enquête met en lumière certaines évolutions positives. L’utilisation de sextoys en couple se démocratise : 43 % des Françaises déclarent en avoir déjà utilisé avec un partenaire, contre seulement 6 % en 1996. Par ailleurs, certaines idées reçues évoluent, notamment autour du plaisir féminin, avec une reconnaissance accrue de la diversité des sources de jouissance au-delà de la pénétration.
Pourtant, ces avancées ne suffisent pas à combler les écarts de satisfaction. L’enquête souligne que les attentes des femmes en matière de plaisir partagé augmentent, tandis que les habitudes et les scripts amoureux évoluent plus lentement. Résultat : de nombreuses femmes revendiquent désormais davantage de plaisir et n’hésitent plus à exprimer leur insatisfaction lorsqu’elles ne le trouvent pas.
Cette étude, qui s’inscrit dans une dynamique plus large de recherche sur la sexualité, rappelle que les questions de plaisir et de satisfaction restent au cœur des relations amoureuses. Si les pratiques évoluent, les attentes, elles, semblent se renforcer — laissant entrevoir un défi de taille pour les années à venir.
D’après l’enquête Ifop, la simulation est passée de 32 % en 1996 à 57 % en 2026. Cette hausse reflète plusieurs facteurs : la persistance de stéréotypes sur la performance masculine, un manque de communication dans le couple, et une pression sociale ou personnelle à correspondre à des attentes souvent irréalistes. Les auteurs de l’étude soulignent que ces chiffres traduisent aussi une évolution des rapports de genre, où les femmes osent davantage exprimer leur insatisfaction.
Plusieurs hypothèses sont avancées. Les hommes pourraient surestimer la durée de leurs rapports en raison d’une vision idéalisée de la performance sexuelle. À l’inverse, les femmes pourraient sous-estimer cette durée en raison d’un moindre plaisir ou d’une moindre attention portée à l’aspect « performance ». L’étude ne tranche pas définitivement, mais ces écarts soulignent la subjectivité des perceptions en matière de sexualité.