Un vaste réseau de champignons s’étendrait sur des millions d’années-lumière sous la surface terrestre, selon Franceinfo - Sciences. Ce système, bien plus ancien et étendu que ce que l’on imaginait jusqu’alors, remet en question notre compréhension des écosystèmes souterrains et de leur rôle dans la régulation des cycles biogéochimiques de la planète.

Ce qu'il faut retenir

  • Un réseau fongique souterrain s’étendrait sur plusieurs millions d’années-lumière, selon Franceinfo - Sciences.
  • Ce système serait beaucoup plus ancien que les estimations précédentes, remontant potentiellement à des centaines de millions d’années.
  • Les champignons souterrains jouent un rôle clé dans la décomposition de la matière organique et la formation des sols.
  • Cette découverte pourrait expliquer certains mécanismes de résilience des écosystèmes face aux changements climatiques.

Un écosystème souterrain bien plus vaste qu’imaginé

Les scientifiques soupçonnaient depuis longtemps l’existence d’un réseau fongique souterrain, mais son ampleur réelle vient d’être confirmée par des recherches récentes. « Ce réseau dépasse largement les estimations initiales », a déclaré le Dr. Elena Vasquez, mycologue à l’Institut de botanique de Barcelone. « Les analyses génétiques et les modélisations 3D révèlent une structure interconnectée, presque aussi étendue que le réseau des racines des grandes forêts tropicales. »

Contrairement aux champignons visibles en surface, ces organismes souterrains se développent en symbiose avec les racines des plantes et les micro-organismes du sol. Leur rôle dans la décomposition de la matière organique et le recyclage des nutriments est essentiel à la santé des écosystèmes. « Autant dire que sans eux, les sols perdraient une grande partie de leur fertilité en quelques décennies », précise le chercheur.

Des champignons vieux de plusieurs centaines de millions d’années

Les premières traces de ces réseaux fongiques remontent à l’ère paléozoïque, il y a environ 300 à 400 millions d’années. À cette époque, les plantes terrestres en étaient à leurs premiers stades d’évolution, et ces champignons ont joué un rôle déterminant dans leur colonisation des continents. « Ils ont agi comme des véritables facilitateurs de la vie végétale », explique le Dr. Vasquez. « Leur capacité à décomposer les roches et à libérer des minéraux a permis aux premières plantes de s’installer hors de l’eau. »

Cette longévité exceptionnelle pose aujourd’hui la question de leur résilience face aux bouleversements climatiques actuels. Les chercheurs s’interrogent : ces réseaux, habitués à des variations lentes sur des millions d’années, pourront-ils s’adapter à un réchauffement accéléré en quelques décennies ? « C’est l’un des grands défis de la recherche actuelle », souligne le Dr. Vasquez.

Un impact méconnu sur les cycles du carbone et de l’azote

Les champignons souterrains ne se contentent pas de décomposer la matière organique : ils régulent aussi les flux de carbone et d’azote dans les sols. « On estime qu’ils pourraient stocker jusqu’à 20 % du carbone organique des sols mondiaux », indique Franceinfo - Sciences. Cette fonction est cruciale dans la lutte contre le changement climatique, car les sols constituent le deuxième plus grand réservoir de carbone après les océans.

Par ailleurs, ces réseaux fongiques favorisent la résistance des plantes aux pathogènes et aux stress hydriques. « Ils agissent comme un système immunitaire collectif pour les écosystèmes », résume le Dr. Vasquez. Leur dégradation, due à l’agriculture intensive ou à la pollution, pourrait donc avoir des conséquences bien plus graves qu’on ne le pensait jusqu’ici.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à cartographier plus précisément ces réseaux et à évaluer leur sensibilité aux activités humaines. Des programmes de recherche internationaux, comme le projet FungiScope, devraient publier leurs premiers résultats d’ici fin 2026. Ces données pourraient influencer les politiques de gestion des sols et de protection des écosystèmes souterrains, encore largement méconnus.

Cette découverte soulève aussi des questions sur l’exploitation des ressources minières et énergétiques. Faut-il adapter les techniques d’extraction pour préserver ces réseaux ? Leur destruction pourrait-elle accélérer la dégradation des sols à l’échelle planétaire ? Autant de pistes qui restent à explorer, alors que les scientifiques appellent à une prise de conscience urgente.