L’astronaute français Thomas Pesquet a confirmé mercredi 3 juin, dans un entretien à franceinfo - Sciences, qu’il s’apprêtait à effectuer un troisième séjour dans l’espace en juillet 2027. Cette fois, il devrait en prendre le commandement, une première pour lui. Une nouvelle étape qui s’inscrit dans le cadre d’un accord signé entre la France et l’entreprise spatiale américaine Vast, spécialisée dans les stations spatiales commerciales.

Ce qu'il faut retenir

  • Thomas Pesquet doit repartir dans l’espace en juillet 2027, au sein de la Station spatiale internationale (ISS), selon un accord France-Vast.
  • Il sera le commandant de cette mission, sous réserve de l’approbation du Comité multilatéral des opérations d’équipage (MCOP).
  • Arnaud Prost, un autre astronaute français, participera également à une mission spatiale en 2027, dans le cadre d’un vol d’essai pour une future station.
  • L’ISS doit être désorbitée vers 2030, ce qui pousse les agences spatiales à maximiser les retours scientifiques d’ici là.

Pour Pesquet, qui n’a plus quitté la Terre depuis près de cinq ans, ce retour vers l’ISS s’apparente à un « rêve d’enfant ». « C’est un rêve d’enfant », a-t-il confié lors de l’entretien, en saluant l’opportunité de repartir malgré son âge, qu’il qualifie lui-même d’« encore jeune ». Pourtant, le chemin jusqu’à ce départ s’annonce intense. « Ça va être un sprint », a-t-il souligné, évoquant la préparation minutieuse nécessaire pour cette troisième mission.

Cette nouvelle aventure spatiale diffère légèrement des précédentes. Pour la première fois, Pesquet s’envolera dans le cadre d’un partenariat entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’entreprise privée Vast. Pourtant, malgré ce changement de cadre, l’objectif reste inchangé : poursuivre la recherche scientifique à bord de l’ISS, dont la fin de vie est programmée pour 2030. « La destination est la même, c’est l’ISS, et le programme est le même, c’est de faire de la recherche », a-t-il rappelé, ajoutant que cette mission permettra de « maximiser les retours » avant la désorbitation de la station.

Côté calendrier, le décollage est prévu pour juillet 2027, à condition que tous les voyants soient au vert. Une échéance qui laisse peu de marge pour les imprévus. Le Comité multilatéral des opérations d’équipage (MCOP) de l’ISS devra en effet valider la participation de Pesquet en tant que commandant, une fonction qu’il n’a encore jamais exercée. Une responsabilité qui s’ajoute aux défis techniques et humains de la mission.

Parallèlement à cette annonce, l’astronaute français Arnaud Prost a également révélé sa participation à une mission spatiale en 2027. Cependant, son objectif diffère : il prendra part à un vol d’essai pour une nouvelle station spatiale, destinée à succéder à l’ISS. Une étape cruciale pour préparer l’avenir de l’exploration habitée, alors que les acteurs du secteur spatial se tournent vers des stations commerciales ou internationales. Prost, pour qui cette mission représente également un accomplissement personnel, a partagé son enthousiasme : « C’est un rêve d’enfant », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de ces vols préparatoires.

Avec la fin programmée de l’ISS en 2030, les missions de 2027 revêtent une importance particulière. Elles devraient permettre de capitaliser sur des années de recherches menées en microgravité, tout en ouvrant la voie à de nouvelles infrastructures spatiales. Pesquet, qui n’exclut pas de participer à ces futures stations, voit dans ces missions une « nouvelle page de la conquête spatiale ». Un horizon qui, selon lui, s’annonce aussi prometteur que complexe.

Et maintenant ?

D’ici juillet 2027, plusieurs étapes clés devront être franchies pour que la mission de Pesquet et de Prost se concrétise. La validation par le MCOP, ainsi que la préparation technique et physique des astronautes, seront déterminantes. Par ailleurs, les partenariats entre agences spatiales et entreprises privées devraient se multiplier dans les années à venir, afin d’assurer la transition entre l’ISS et les futures stations. Reste à voir si les retards éventuels, fréquents dans le secteur spatial, impacteront ces échéances.

Enfin, cette nouvelle mission de Pesquet pourrait inspirer les jeunes générations à se tourner vers les métiers de l’espace, alors que la France et l’Europe renforcent leur position dans la course à l’innovation spatiale. Une chose est sûre : l’aventure ne fait que commencer.