Cinq personnes ont été hospitalisées mercredi 6 juillet 2026 au Japon après qu’un individu a accidentellement déclenché un spray anti-ours dans un bureau de poste de la ville de Nagoya, selon Le Figaro. L’incident s’inscrit dans un contexte marqué par une hausse des attaques d’ours dans l’archipel, avec six décès recensés depuis le 1er avril 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Cinq personnes hospitalisées après l’activation accidentelle d’un spray anti-ours dans un bureau de poste de Nagoya.
  • L’auteur présumé, un ressortissant vietnamien de 22 ans, a été arrêté pour « entrave aux activités commerciales ».
  • Six décès liés à des attaques d’ours ont été enregistrés depuis avril 2026, un chiffre déjà supérieur à la moyenne annuelle des années précédentes.
  • Les autorités japonaises multiplient les recommandations pour limiter les risques d’agressions par des plantigrades.
  • Les sprays anti-ours, à base de capsaïcine, provoquent des irritations temporaires en cas d’inhalation ou de contact avec la peau.

Un incident survenu dans un bureau de poste bondé

L’incident s’est produit mercredi dernier dans un bureau de poste de Nagoya, une ville de plus de 2,3 millions d’habitants située au centre du Japon. Un ressortissant vietnamien de 22 ans, identifié comme Huynh Nhat Duy, aurait déclenché involontairement un spray anti-ours en le manipulant, a expliqué Le Figaro. Huit personnes ont été incommodées par l’aérosol, dont cinq ont nécessité une prise en charge médicale.

Selon un porte-parole des pompiers locaux, « aucun cas de blessure ou de maladie grave n’a été signalé ». L’homme a présenté ses excuses aux autorités et a été interpellé jeudi 7 juillet pour « suspicion d’entrave aux activités commerciales », une infraction liée à la perturbation du bon fonctionnement du service postal. Les enquêteurs tentent désormais de déterminer si l’individu transportait légalement ce type de produit ou s’il en avait fait acquisition illégalement.

Les attaques d’ours en forte augmentation au Japon

L’incident survient alors que le Japon fait face à une recrudescence sans précédent des attaques d’ours. Depuis le 1er avril 2026, six décès ont été recensés, un chiffre déjà supérieur au total annuel de 2025, où 13 morts avaient été enregistrés. Les autorités enquêtent même sur un septième cas potentiel après la découverte, cette semaine, du corps d’un homme portant des traces de morsures dans une zone montagneuse du nord du pays.

Les statistiques du ministère de l’Environnement révèlent que, depuis 2018, jamais plus de deux décès liés à des ours n’avaient été comptabilisés entre avril et juin. Cette année, le seuil a été dépassé dès le printemps, un phénomène attribué à la croissance des populations d’ours et au déclin des activités humaines dans les zones rurales.

Des recommandations renforcées face à la menace croissante

Pour limiter les risques, les autorités japonaises exhortent la population à éviter de se rendre seule dans les zones montagneuses, qui couvrent environ 80 % du territoire national. Elles conseillent également d’attacher une clochette au sac et de se munir de sprays anti-ours, des aérosols contenant de la capsaïcine — le composé actif des piments forts — et provoquant une sensation de brûlure intense en cas de contact.

Ces sprays, vendus dans les magasins spécialisés, sont devenus un équipement standard pour les randonneurs et les travailleurs évoluant en forêt. Pourtant, leur utilisation en milieu urbain ou semi-urbain, comme à Nagoya, soulève des questions sur leur accessibilité et leur réglementation. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles restrictions concernant leur port dans les lieux publics.

Une cohabitation de plus en plus tendue entre humains et ours

Les attaques d’ours ne se limitent plus aux zones reculées. Les plantigrades s’aventurent désormais dans les villes et les agglomérations, un phénomène lié à la diminution de leur habitat naturel et à la recherche de nourriture. En juin 2026, un ours errant à Utsunomiya, au nord de Tokyo, a nécessité l’intervention de dizaines de policiers, de chasseurs et de responsables municipaux pendant quatre jours pour être capturé. L’opération a entraîné la fermeture temporaire de plusieurs écoles, illustrant l’ampleur de la menace.

Les scientifiques pointent du doigt deux facteurs principaux : la hausse démographique des ours et l’exode rural, qui réduit les activités humaines dans les zones forestières. « Les ours ont moins peur des humains et associent les zones habitées à une source de nourriture », a expliqué un expert cité par Le Figaro. Ce comportement explique en partie la multiplication des conflits entre les deux espèces.

Et maintenant ?

Les autorités japonaises pourraient durcir les mesures de prévention dans les semaines à venir, notamment en renforçant les contrôles sur la vente des sprays anti-ours et en organisant des campagnes de sensibilisation dans les zones urbaines situées à proximité de forêts. Une réunion interministérielle est prévue le 15 juillet pour évaluer l’efficacité des dispositifs actuels et discuter d’éventuelles restrictions supplémentaires. Parallèlement, les scientifiques appellent à un meilleur suivi des populations d’ours, dont la croissance pourrait s’accélérer avec le réchauffement climatique.

La question des ours hybrides, comme le grolar — croisement entre un ours brun et un ours polaire —, pourrait aussi gagner en visibilité. Ces animaux, dont la population est appelée à croître, posent des défis inédits en matière de gestion des conflits et de protection des populations. Reste à voir si le Japon saura adapter sa réponse à l’ampleur de cette crise.

Selon les experts, cette hausse s’explique principalement par deux facteurs : l’expansion des populations d’ours et la désertification des zones rurales, qui pousse les animaux à s’aventurer près des habitations à la recherche de nourriture. Le réchauffement climatique, en modifiant les écosystèmes, aggrave également cette tendance.