L’affaire Lyhanna, ce drame qui a ébranlé le Gers au printemps dernier, prend une nouvelle tournure avec la divulgation, ce mercredi 8 juillet 2026, de fragments d’auditions de Jérôme Barella, principal suspect dans cette affaire. Selon BFM - Faits Divers, ses deux avocates, Me Sandra Vazquez et Me Éléonore Paré, dénoncent une violation du secret de l’instruction et une atteinte à la présomption d’innocence après la publication de ces extraits par certains médias.

Ce qu'il faut retenir

  • Jérôme Barella, mis en examen pour enlèvement et séquestration d’un mineur de 15 ans, n’est pas encore accusé du meurtre de Lyhanna, rappellent ses avocates.
  • Des bribes de ses auditions des 30 et 31 mai 2026, réalisées après la disparition de l’enfant, ont été rendues publiques ce 8 juillet, suscitant leur indignation.
  • Ses conseillères juridiques estiment que ces extraits, sortis de leur contexte, visent à le présenter indûment comme responsable de la mort de Lyhanna, en violation du secret de l’enquête.
  • Elles annoncent un signalement au procureur de la République et, le cas échéant, le dépôt d’une plainte pour cette divulgation illégale.
  • Jérôme Barella, incarcéré à la prison de Mont-de-Marsan, a été extrait de sa cellule lundi pour assister à la perquisition de son domicile dans le Gers.
  • L’autopsie de Lyhanna a confirmé un viol avant sa mort, mais la cause exacte du décès n’a pas été déterminée avec certitude, selon le procureur d’Agen.

Une garde à vue suivie d’une mise en examen

Placé en garde à vue dès le lendemain de la disparition de Lyhanna, le 29 mai 2026, Jérôme Barella avait été entendu par les gendarmes les 30 et 31 mai suivants. À l’époque, son nom avait déjà été évoqué dans la presse, mais sans que les détails de ses auditions ne soient rendus publics. Selon BFM - Faits Divers, ses avocates rappellent qu’il n’est mis en examen que pour « enlèvement et séquestration d’un mineur de moins de quinze ans », et qu’aucune charge ne pèse encore sur lui concernant le décès de l’enfant.

La publication partielle de ces auditions, ce 8 juillet, a immédiatement suscité leur réaction. « Ce qui est grave, c’est l’amalgame qui est fait entre l’enlèvement et la mort de Lyhanna », a dénoncé Me Sandra Vazquez, soulignant que « l’état de la procédure ne permet pas une telle conclusion ». Pour elle, cette divulgation participe d’une atteinte grave à la présomption d’innocence de son client.

Des propos « tronqués » et sortis de leur contexte

Les deux avocates pointent du doigt la manière dont ces extraits ont été présentés par certains médias. Selon elles, les propos de Jérôme Barella auraient été « tronqués, sortis de leur contexte et présentés comme accablants », avant même que la justice n’ait pu en débattre. « Ces pièces sont couvertes par le secret de l’enquête et de l’instruction », rappellent-elles, avant d’ajouter : « Une telle divulgation n’est pas un simple manquement : elle constitue un délit ».

Elles s’appuient sur les articles 226-13 et 434-7-2 du Code pénal, qui punissent jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende ce type de violation. « Livrés au commentaire médiatique avant même que la juridiction n’en ait débattu », ces fragments d’auditions seraient donc illégalement exposés à l’opinion publique, selon leurs défenseurs.

Un signalement au parquet et une menace de plainte

Face à cette situation, Me Sandra Vazquez et Me Éléonore Paré ont annoncé, ce mercredi, leur intention de « mettre en œuvre l’ensemble des voies de droit » afin d’identifier l’origine de cette fuite et d’en faire sanctionner les auteurs. Elles précisent qu’elles ont d’ores et déjà prévu de signaler la situation au procureur de la République, et qu’elles ne descartent pas le dépôt d’une plainte si nécessaire.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte judiciaire déjà tendu. Jérôme Barella, actuellement incarcéré à la prison de Mont-de-Marsan (Landes), a été extrait de sa cellule lundi 7 juillet pour assister à la perquisition de son domicile gersois. Une opération qui pourrait permettre de recueillir de nouveaux éléments dans cette affaire.

Les conclusions de l’autopsie et le mystère autour de la cause du décès

L’autopsie du corps de Lyhanna, réalisée dans les jours suivant sa découverte, a permis d’établir qu’un viol avait été commis sur la victime, comme l’a confirmé le procureur d’Agen. En revanche, les examens n’ont pas permis de déterminer « avec certitude » la cause exacte de son décès, laissant planer un doute sur les circonstances précises de sa mort. Autant dire que cette absence de certitude judiciaire rend d’autant plus problématique la présentation médiatique des propos de Jérôme Barella, selon ses avocats.

Cette affaire, qui a déjà suscité une vive émotion dans l’opinion publique, a également donné lieu à des mobilisations en France pour l’adoption d’une loi globale contre les violences sexuelles. Des initiatives citoyennes qui s’ajoutent aux débats judiciaires et politiques autour de cette tragédie.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de cette affaire dépendront en grande partie des suites données par le parquet à la suite du signalement des avocates de Jérôme Barella. Une enquête pourrait être ouverte pour identifier l’origine de la fuite ayant permis la publication de ces extraits d’auditions. Par ailleurs, l’instruction judiciaire se poursuivra dans le respect des règles de confidentialité, afin de déterminer si d’autres charges pourraient être retenues contre le suspect. Enfin, la question de la cause exacte du décès de Lyhanna restera un point central des investigations, d’autant que les examens n’ont pas permis de trancher définitivement.

En attendant, l’émotion suscitée par cette affaire rappelle une fois encore l’importance du respect du secret de l’instruction et de la présomption d’innocence, deux principes fondamentaux du droit français.

À ce jour, Jérôme Barella n’est mis en examen que pour « enlèvement et séquestration d’un mineur de moins de quinze ans ». Aucune charge n’a encore été retenue contre lui concernant le meurtre de Lyhanna, soulignent ses avocates. L’autopsie a confirmé qu’un viol avait été commis sur la victime, mais la cause exacte de son décès n’a pas été déterminée avec certitude, selon le procureur d’Agen.

Elles estiment que ces extraits, « tronqués et sortis de leur contexte », visent à présenter leur client comme responsable de la mort de Lyhanna, en violation du secret de l’instruction. Selon elles, cette divulgation constitue un délit puni par le Code pénal (jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende) et porte atteinte à la présomption d’innocence.