Une centaine de salariés de Milan Presse, filiale du groupe Bayard, ont organisé mardi 7 juillet 2026 un débrayage à Toulouse pour protester contre le plan social annoncé par leur maison mère. Ce plan prévoit notamment une trentaine de suppressions de postes au sein de l’éditeur, déjà fragilisé par la disparition du magazine Yam Yam (anciennement Géo Ado), dont la parution doit cesser d’ici à 2027. Selon Le Figaro, cette mobilisation illustre les inquiétudes des salariés face à l’avenir de l’entreprise, rachetée par Bayard en 2004.
Ce qu'il faut retenir
- 30 suppressions de postes prévues chez Milan Presse, filiale de Bayard, dont 28 CDI et 3 CDD, avec un calendrier s’étalant jusqu’en 2027.
- Le magazine Yam Yam, en perte de vitesse, doit disparaître dans le cadre de ce plan social.
- Une centaine de salariés ont débrayé à Toulouse pour alerter sur l’avenir de l’entreprise et demander un rallongement des délais de négociation.
- Bayard, également propriétaire du journal La Croix, prévoit jusqu’à 59 suppressions de postes (5 % de ses effectifs) en raison d’un marché de la presse et de l’édition « chahuté ».
- Les salariés craignent un nouveau plan social en 2029, malgré les économies déjà engagées.
Un plan social contesté par les salariés
Les salariés de Milan Presse, éditeur de titres jeunesse comme Toboggan, Wapiti ou 1jour1actu, dénoncent une décision « rapide » de Bayard. « On a beaucoup d’inquiétude quant à l’avenir », a déclaré Aude Le Breton, déléguée syndicale CGT, lors du débrayage. Les employés brandissaient des pancartes aux messages percutants : « Milan Stresse », « Snif snif Yam Yam » (en référence au magazine condamné) ou encore « Respect des négociations ».
Les salariés réclament un rallongement des délais pour mener à bien les discussions, alors que la suppression des postes est prévue pour 2027. « Ils ont pris cette décision alors qu’il n’était en vente que depuis septembre [2025] », a détaillé Aude Le Breton. Dans un communiqué publié le 18 juin, les employés soulignaient que « peu à peu, la marque Milan disparaît des productions qu’elle a initiées ».
Bayard en pleine restructuration face à la crise de la presse
Ce plan social s’inscrit dans une restructuration plus large du groupe Bayard, également touché par la crise du secteur de l’édition. D’après Le Figaro, Bayard a annoncé le 9 avril 2026 prévoir jusqu’à 59 suppressions de postes, soit 5 % de ses effectifs, dans le cadre d’un « plan de compétitivité ». Ce plan comprend deux volets : des réductions d’emplois et des économies sur les dépenses externes. Le groupe, qui possède également La Croix, justifie ces mesures par un « marché de la presse et de l’édition chahuté ».
Les salariés de Milan Presse craignent que ces mesures ne suffisent pas. « Ce qu’on craint, c’est un nouveau PSE en 2029, au vu des projections pour Milan, qui ne sont pas bonnes malgré le plan d’économies et les suppressions de postes », a ajouté Aude Le Breton. Le groupe, déjà en difficulté, mise sur des investissements ciblés pour tenter de redresser la barre, comme le développement d’un parc d’attractions ou d’une application de prière, tout en réduisant ses effectifs.
Milan Presse, une histoire marquée par les rachats et les restructurations
Fondée en 1984, Milan Presse a été rachetée par Bayard en 2004. Depuis, l’entreprise, spécialisée dans la presse jeunesse, a connu plusieurs plans sociaux et des changements de stratégie éditoriale. Le groupe Bayard, connu pour ses publications comme Pomme d’Api ou Les Belles Histoires, traverse une période délicate, marquée par la baisse des ventes et la concurrence accrue des supports numériques.
Le cas de Yam Yam, anciennement Géo Ado, illustre cette évolution. Lancé en 2016, le magazine a vu ses ventes décliner, conduisant à sa disparition programmée. D’autres titres, comme Je Bouquine, ont également été arrêtés en 2026, confirmant la tendance du groupe à recentrer ses activités sur des segments plus porteurs.
Reste à voir si ces mesures suffiront à stabiliser l’entreprise ou si d’autres plans sociaux devront être envisagés. Pour les salariés, l’enjeu est double : préserver leurs emplois tout en maintenant la qualité des publications qu’ils produisent.
Le magazine Yam Yam, anciennement Géo Ado, est supprimé en raison de ses ventes en forte baisse. Selon les informations rapportées par Le Figaro, ce titre, autrefois populaire auprès des adolescents, n’a pas réussi à s’adapter à l’évolution des modes de consommation de l’information et du divertissement. Sa disparition s’inscrit dans le cadre du plan social de Milan Presse, qui vise à réduire les coûts et à recentrer l’activité de l’éditeur sur ses titres les plus rentables.
Parmi les titres déjà supprimés ou menacés, on compte Je Bouquine, arrêté en 2026, et d’autres publications de Milan Presse ou du groupe Bayard pourraient faire l’objet de restructurations. La baisse des ventes de magazines jeunesse et la concurrence des contenus numériques poussent les éditeurs à réduire leur offre ou à se concentrer sur des niches plus stables.