Un incendie d’origine humaine a ravagé 2,5 hectares du parc du Croissant Vert à Neuilly-sur-Marne ce samedi 5 août 2026, endommageant 155 arbres et s’arrêtant à seulement quatre mètres des premières habitations. Selon Le Figaro, cet incendie, allumé par trois enfants d’une dizaine d’années jouant avec des mortiers d’artifice, a conduit le maire Zartoshte Bakhtiari à déposer une plainte pour dégradation de biens publics et mise en danger de la vie d’autrui. L’élu, membre du parti DVD, exige désormais que les familles des mineurs contribuent financièrement aux réparations, estimant à 1,5 million d’euros les dégâts causés.
Ce qu'il faut retenir
- Un incendie de 2,5 hectares a détruit une partie du parc du Croissant Vert à Neuilly-sur-Marne, endommageant 155 arbres et s’arrêtant à 4 mètres des habitations.
- L’incendie a été déclenché par trois enfants d’une dizaine d’années jouant avec des mortiers d’artifice.
- Le maire Zartoshte Bakhtiari (DVD) a porté plainte pour dégradation de biens publics et mise en danger de la vie d’autrui.
- Les réparations pourraient coûter jusqu’à 1,5 million d’euros, selon la municipalité.
- L’élu souhaite que les parents des mineurs soient tenus responsables et contribuent financièrement aux réparations.
- Bakhtiari propose de reconfigurer les sanctions contre les mineurs en intégrant des mesures éducatives et disciplinaires.
Un incendie déclenché par des enfants de dix ans
Les images récupérées par l’équipe municipale montrent clairement que l’incendie a été provoqué par trois enfants d’environ dix ans, qui utilisaient des mortiers d’artifice dans le parc du Croissant Vert. Ce dernier, d’une superficie totale de 33 hectares, est un espace vert très fréquenté, entouré d’immeubles et de pavillons. « À dix ans, comme si c’était normal », s’exclame Zartoshte Bakhtiari, qui s’interroge sur la surveillance des parents. « Où étaient leurs parents quand ces gamins se sont procuré ces outils et les ont allumés ? »
Le maire exige que les parents paient
Zartoshte Bakhtiari a déposé plainte pour faire entendre la voix de la justice et contraindre les familles des auteurs à assumer leurs responsabilités. Il rappelle que le Code civil stipule que les parents sont responsables des dommages causés par les mineurs dont ils ont la charge. « Ce qu’ils ont fait là, ce n’est pas une ‘bêtise’ propre à leur âge, c’est très grave », affirme-t-il. « J’ai porté plainte pour que la justice ouvre une enquête et leur fasse comprendre l’ampleur de leurs actes. »
L’édile insiste sur la nécessité de sanctionner ces actes, soulignant que l’absence de conséquences envoie un mauvais message à la société. « Une sanction, c’est une conséquence. S’il n’y en a pas, quel message envoie-t-on ? » interroge-t-il, en référence aux émeutes de 2023 où des mineurs avaient été relaxés après des dégradations importantes.
Un contexte marqué par les émeutes de 2023
Neuilly-sur-Marne avait déjà été durement touchée lors des émeutes de 2023, consécutives à la mort de Nahel Merzouk. La commune avait alors subi 2,5 millions d’euros de dégâts, et des cocktails Molotov avaient été lancés contre le commissariat par des enfants de 12 et 13 ans. Pourtant, le tribunal de Bobigny avait relaxé plusieurs de ces mineurs sous les applaudissements d’une partie du public, un verdict qui avait profondément marqué Zartoshte Bakhtiari.
« Certains parents ne s’en préoccupaient pas plus que ça, ils n’avaient pas l’air de considérer qu’ils avaient leur part de responsabilité dans l’affaire », confie-t-il. D’autres, en revanche, avaient exprimé leur soutien à une ferme répression. « Mais moi, je ne suis que le maire. »
Appel aux parents et soutien des habitants
Sur les réseaux sociaux, Zartoshte Bakhtiari a lancé un appel direct aux parents de sa commune : « Tenez vos gamins ! », une réplique inspirée de la phrase prononcée en 2023 par le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti. Sous sa vidéo Instagram, les 120 commentaires laissés par les habitants de Neuilly-sur-Marne affichent un soutien unanime à sa démarche. Plusieurs internautes proposent des mesures concrètes pour sanctionner les parents, comme des amendes ou des travaux d’intérêt général.
« Monsieur le Maire, je vous demande de convoquer les parents de ces trois enfants et de leur infliger une amende ainsi qu’un avertissement sévère. »
— Commentaire d’un internaute
Vers une refonte des sanctions pour les mineurs ?
Au-delà de cet incident, Zartoshte Bakhtiari plaide pour une refonte du système de sanctions applicables aux mineurs. Il souhaite mêler mesures éducatives et disciplinaires, critiquant ouvertement les centres éducatifs fermés qu’il qualifie de « vastes plaisanteries ». Pour lui, la justice devrait s’inspirer des Épide, des centres quasi militaires créés en 2005 pour les décrocheurs scolaires. Dans ces structures, les jeunes portent l’uniforme et chantent La Marseillaise, tout en apprenant des valeurs dans un cadre strict mais non carcéral.
« Quand on remet un enfant dans le droit chemin, c’est d’abord lui qu’on sauve », souligne-t-il. « Plus il est jeune, plus ce sera simple. » Le premier Épide de Seine-Saint-Denis devrait ouvrir ses portes à Neuilly-sur-Marne d’ici trois ans, selon ses déclarations.
Cet incident rappelle avec force les défis auxquels sont confrontées les communes en matière de prévention et de répression des actes de délinquance juvénile. Alors que les émeutes de 2023 avaient déjà révélé les limites des sanctions actuelles, cet incendie pourrait relancer le débat sur la responsabilité collective — celle des parents, de l’État et de la justice.
La plainte déposée par Zartoshte Bakhtiari pour dégradation de biens publics et mise en danger de la vie d’autrui devrait être transmise au parquet de Bobigny. Une enquête sera ouverte pour identifier les mineurs impliqués et, le cas échéant, leurs responsables légaux. Si les mineurs sont reconnus coupables, leurs parents pourraient être tenus de participer financièrement aux réparations, conformément au Code civil.
Selon les déclarations de Zartoshte Bakhtiari, le premier centre Épide de Seine-Saint-Denis devrait ouvrir ses portes à Neuilly-sur-Marne d’ici trois ans, soit vers 2029. Ce centre, inspiré des Épide existants en France, accueillera des jeunes en difficulté scolaire ou sociale dans un cadre strict mais éducatif.