Six mois après l’incendie de l’établissement Le Constellation à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 41 jeunes lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, de nouvelles preuves judiciaires fragilisent encore davantage la position de Jacques et Jessica Moretti, propriétaires du site. Selon Le Figaro, des documents médicaux et des éléments de procédure révèlent des éléments accablants, tandis que le couple tente, contre toute attente, de reprendre ses activités dans la station valaisanne.
Ce qu'il faut retenir
- 41 morts dans l’incendie du Constellation à Crans-Montana, survenu dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026.
- Les autopsies, réalisées sur une minorité de victimes, confirment une intoxication au monoxyde de carbone pour Trystan Moretti, 17 ans, dont les poumons portaient des traces de « matériel noirâtre granuleux ».
- Trystan Moretti était sobre, sans consommation de stupéfiants, et présentait un état de vigilance accru avant l’incendie, selon les analyses citées par l’avocat du couple.
- L’avocat suisse Me de Galembert souligne que l’absence d’alerte, de consignes d’évacuation et l’obstruction des issues de secours ont contribué aux décès.
- Six mois après la tragédie, de nouveaux documents judiciaires fragilisent la défense des Moretti, alors que le couple tente de renouer avec ses activités professionnelles.
Des preuves médicales et judiciaires qui s’accumulent contre les Moretti
Parmi les éléments les plus accablants figure l’autopsie de Trystan Moretti, 17 ans, fils de Jacques et Jessica Moretti. Dans un courrier adressé au ministère public le 3 juin 2026, l’avocat du couple, Me de Galembert, cite les conclusions du rapport d’autopsie qui décrivent des poumons « tapissés d’un matériel noirâtre granuleux ». Ces résultats confirment une mort par intoxication au monoxyde de carbone, un scénario qui, selon les experts, s’appliquerait à la majorité des victimes.
Les analyses toxicologiques réalisées sur Trystan Moretti révèlent qu’il n’avait consommé ni alcool ni stupéfiants avant l’incendie. Au contraire, les examens indiquent qu’il était « non seulement sobre et en pleine possession de ses moyens, mais également dans un état de concentration et de vigilance accrues ». Pour l’avocat suisse, ces éléments démontrent que le jeune homme aurait pu s’échapper si les conditions d’évacuation avaient été respectées.
Des dysfonctionnements structurels pointés du doigt
Me de Galembert dénonce dans sa correspondance une série de défaillances ayant contribué à la catastrophe. « Encore fallait-il que l’alerte soit déclenchée, que des consignes d’évacuation soient données, que les issues de secours soient dûment signalées et qu’elles ne soient pas obstruées ou verrouillées », a-t-il souligné. Ces manquements, selon lui, ont joué un rôle clé dans l’ampleur des victimes.
La gestion post-tragédie a également été critiquée. Seule une poignée des 41 victimes a fait l’objet d’une autopsie, une décision qui a suscité l’incompréhension des familles endeuillées. Celles-ci avaient dénoncé une « gestion chaotique » des investigations, alimentant les tensions avec les autorités locales et les propriétaires de l’établissement.
Le retour en demi-teinte des Moretti dans le paysage local
Dans les mois qui ont suivi l’incendie, Jacques et Jessica Moretti avaient tenté de se faire discrets, évitant toute apparition publique. Pourtant, selon Le Figaro, le couple chercherait désormais à reprendre ses activités professionnelles dans la station huppée du Valais. Cette tentative de retour, bien que discrète, intervient alors que leur défense juridique se trouve fragilisée par les nouveaux éléments à charge.
Dans les rues de Crans-Montana, l’attitude du couple divise. Certains habitants, choqués par l’ampleur de la tragédie, estiment que leur présence est inappropriée. D’autres, plus indulgents, considèrent que le droit au retour à une vie normale doit être respecté, malgré les ombres persistantes sur leur gestion de l’établissement. Toujours est-il que leur démarche reste sous haute surveillance, tant judiciaire que médiatique.
Au-delà du cas des Moretti, cette tragédie soulève des questions plus larges sur la sécurité des établissements recevant du public en Suisse. Les normes anti-incendie et les protocoles d’évacuation, notamment dans les stations touristiques, font désormais l’objet d’un examen approfondi. Les autorités valaisannes ont annoncé un audit complet des dispositifs de sécurité dans les hébergements collectifs, une mesure qui pourrait devenir un modèle pour d’autres régions.
Selon les autorités suisses, les autopsies ont été réalisées en priorité sur les victimes dont les causes du décès n’étaient pas immédiatement évidentes. Cette décision a été critiquée par les familles, qui estiment que toutes les victimes auraient dû bénéficier d’une investigation complète pour établir les responsabilités.