Alors que son orbite décline inexorablement, le télescope spatial Swift pourrait échapper à une fin prématurée grâce à une mission de sauvetage inédite menée par la Nasa. Selon Futura Sciences, l'agence spatiale américaine s'apprête à déployer un robot spécialement conçu pour rehausser l'altitude du télescope, prolongeant ainsi sa mission scientifique d'au moins une décennie.
Ce qu'il faut retenir
- Le télescope spatial Swift, lancé en 2004, a détecté plus de 1 700 sursauts gamma depuis sa mise en service.
- Son altitude orbitale est passée de 600 km à 370 km en 22 ans, accélérée par l'activité solaire récente.
- Un robot nommé Link, construit en 7 mois par la startup Katalyst Space, sera lancé d'ici la fin juin pour tenter de rehausser son orbite.
- L'opération, d'une durée de plus de six semaines, pourrait servir de modèle pour des interventions similaires sur d'autres satellites.
- Si elle réussit, cette mission ouvrirait la voie à des réparations ou ravitaillements robotisés, comme envisagé pour Hubble.
Un télescope au rôle scientifique majeur
Depuis son lancement le 20 novembre 2004 à bord d'une fusée Delta 2, le télescope Swift, officiellement nommé Neil Gehrels Swift Observatory, joue un rôle central dans l'étude des sursauts gamma. Ces phénomènes cosmiques, parmi les plus énergétiques de l'Univers, sont détectés et analysés par Swift en moins de deux minutes grâce à ses instruments sensibles aux rayons X et ultraviolets. Plus de 1 700 sursauts gamma ont été enregistrés depuis le début de sa mission, offrant aux astronomes des données précieuses sur les événements les plus violents de l'Univers.
Cependant, comme tous les satellites en orbite basse, Swift subit une dégradation progressive de son altitude. En 22 ans, son orbite est passée de 600 kilomètres à seulement 370 kilomètres, une chute accélérée par une activité solaire plus intense que prévu. Cette expansion de l'atmosphère terrestre augmente les frottements et précipite sa rentrée atmosphérique.
Une orbite en chute libre
La Nasa estimait initialement que Swift pourrait fonctionner jusqu'aux années 2030. Pourtant, dès 2024, les ingénieurs ont constaté une accélération anormale de la décroissance orbitale. « L'activité solaire récente a entraîné une expansion de l'atmosphère terrestre, augmentant les frottements sur le satellite et accélérant sa descente », a expliqué un porte-parole de l'agence spatiale. Sans intervention, le télescope aurait terminé sa course dans l'atmosphère d'ici quelques années.
Face à la valeur scientifique de Swift, la Nasa a décidé de tenter une opération de sauvetage. « Nous ne pouvions pas nous permettre de perdre un instrument aussi précieux », a confirmé un responsable lors d'une téléconférence de presse organisée le 17 juin 2026. C'est ainsi qu'est née la mission Swift Boost, une première dans l'histoire spatiale.
Un robot conçu en un temps record
Pour mener à bien cette opération, la Nasa a sélectionné la startup spatiale Katalyst Space, qui a remporté un contrat de 30 millions de dollars en septembre 2025. En seulement sept mois, l'entreprise a développé le robot Link, un engin de 400 kg équipé de trois bras robotisés. Sa mission : attraper Swift et le propulser vers une orbite plus élevée.
Link sera transporté par un lanceur aéroporté Pegasus XL, lui-même largué par un avion porteur Lockheed L-1011 TriStar modifié, le Stargazer, depuis l'atoll Kwajalein dans l'océan Pacifique. Après le décollage, prévu d'ici la fin du mois de juin, le robot mettra entre une et deux semaines pour rejoindre Swift. Il procédera alors à une inspection détaillée du télescope avant d'entamer la phase de capture.
Une chorégraphie orbitale complexe
Une fois à proximité de Swift, Link utilisera ses caméras pour réaliser une série de photographies sous différents angles. Ces images permettront aux ingénieurs au sol d'analyser l'état du télescope et de planifier la meilleure stratégie de capture. L'opération de saisie, réalisée à l'aide des trois bras robotisés, sera suivie d'une phase de propulsion d'une durée de plus de six semaines, destinée à rehausser l'altitude de Swift à 600 kilomètres.
Cette manœuvre délicate, jamais réalisée auparavant sur un satellite scientifique, nécessite une précision extrême. « Chaque étape a été simulée et testée, mais l'opération reste à haut risque », a précisé un ingénieur de la Nasa. Si elle réussit, Swift pourrait continuer à fonctionner pendant au moins dix ans supplémentaires, voire plus.
Un modèle pour les missions futures
Au-delà du sauvetage de Swift, cette mission marque un tournant dans la gestion des satellites en orbite. Jusqu'à présent, les opérations de maintenance ou de rehaussement d'orbite étaient rares et coûteuses, réservées à des missions habitées ou à des satellites conçus dès l'origine pour être ravitaillés. Avec Link, la Nasa prouve qu'une intervention robotisée est possible, ouvrant la voie à des applications similaires pour d'autres télescopes ou satellites.
« Si cette mission fonctionne, elle pourrait servir de référence pour des opérations sur Hubble ou d'autres engins en fin de vie », a souligné un expert du secteur spatial. Le télescope Hubble, dont l'altitude décline également, pourrait être le prochain candidat pour une telle intervention. Des études sont déjà en cours pour évaluer la faisabilité d'une mission similaire.
En attendant, les astronomes du monde entier retiennent leur souffle. Swift a déjà révolutionné notre compréhension des sursauts gamma et des phénomènes cosmiques violents. Sa sauvegarde permettrait de continuer à percer les mystères de l'Univers, des origines des éléments lourds comme l'or aux mécanismes des trous noirs.
L'orbite de Swift baisse en raison des frottements atmosphériques, eux-mêmes accentués par l'activité solaire récente. En 2024, l'agence a constaté que l'altitude du télescope était passée de 600 km à 370 km en seulement 22 ans, un rythme bien plus rapide que prévu. L'expansion de l'atmosphère terrestre, causée par une activité solaire plus intense, a augmenté ces frottements et précipité la descente du satellite.
En cas d'échec, Swift terminerait sa course dans l'atmosphère terrestre dans les prochaines années, mettant fin à sa mission scientifique. Le télescope aurait alors été perdu sans avoir pu transmettre l'intégralité des données accumulées depuis 2004. Une telle perte priverait les astronomes d'un outil clé pour l'étude des sursauts gamma et des phénomènes cosmiques violents.