L’évolution récente des marchés immobiliers français continue de susciter l’attention des professionnels et des ménages, dans un contexte où les conditions de financement jouent un rôle clé. Le Figaro - Immobilier revient sur les tendances actuelles en s’appuyant sur les analyses de Maîtresse Élodie Frémont, porte-parole des notaires du Grand Paris, et de Caroline Pasquereau, directrice marketing d’Empruntis, présentées lors de l’émission Figaro Immo.
Ce qu'il faut retenir
- Les taux d’emprunt restent à un niveau historiquement bas, malgré une légère remontée en mai 2026
- Le prix moyen au mètre carré dans le Grand Paris atteint 10 250 €, en hausse de 2,3 % sur un an
- Le volume des transactions immobilières affiche une légère baisse de 1,8 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025
- Les durées d’emprunt s’allongent, avec une moyenne de 230 mois contre 224 mois en 2024
- Les primo-accédants représentent désormais 38 % des acheteurs, un niveau stable depuis 2025
Des taux d’emprunt toujours attractifs, mais une légère inflexion
Selon les dernières données compilées par Empruntis, les taux moyens pour un prêt immobilier sur 20 ans s’établissent à 3,15 % en juin 2026, contre 3,08 % en avril. « Cette hausse, bien que modérée, marque un tournant après plusieurs mois de stabilité », a indiqué Caroline Pasquereau. Elle précise que cette évolution s’explique en partie par la politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui maintient des taux directeurs élevés pour lutter contre l’inflation. « Pour les emprunteurs, cela signifie que les mensualités restent contenues, mais que la capacité d’emprunt pourrait être légèrement réduite pour certains profils », ajoute-t-elle.
Prix en hausse dans le Grand Paris, mais des disparités régionales marquées
Côté immobilier, la situation varie fortement selon les territoires. Dans le Grand Paris, le prix moyen au mètre carré s’élève à 10 250 €, en progression de 2,3 % sur un an, selon les chiffres des notaires. « Paris intra-muros reste le marché le plus tendu, avec un prix moyen de 12 800 €/m², tandis que la petite couronne affiche une hausse plus modérée de 1,7 % », détaille Maîtresse Élodie Frémont. Elle souligne également que « les biens en périphérie des grandes villes, comme Rouen ou Orléans, bénéficient d’une demande soutenue, avec des prix en hausse de 4 % sur un an ». Ces écarts reflètent une recherche accrue de logements spacieux et moins chers, une tendance qui s’accentue depuis la crise sanitaire.
Un marché des transactions en léger recul
Le premier trimestre 2026 enregistre un recul de 1,8 % du nombre de transactions immobilières par rapport au premier trimestre 2025, selon les notaires du Grand Paris. « Ce chiffre s’inscrit dans une tendance de ralentissement progressive, après deux années de rebond post-Covid », explique Maîtresse Frémont. Elle ajoute que « la hausse des taux, même mesurée, commence à peser sur le pouvoir d’achat des ménages, notamment pour les jeunes actifs ». Caroline Pasquereau abonde dans ce sens : « Les acheteurs potentiels sont plus prudents, et certains reportent leur projet en attendant une baisse plus marquée des taux. » Pourtant, le volume global reste élevé, avec 920 000 transactions enregistrées sur les douze derniers mois.
Des durées d’emprunt en progression et des primo-accédants toujours majoritaires
Autre tendance notable : l’allongement des durées d’emprunt. En 2026, la durée moyenne d’un prêt immobilier atteint 230 mois, contre 224 mois en 2024. « Cette extension reflète à la fois les contraintes budgétaires des ménages et leur volonté de conserver des mensualités supportables », commente Caroline Pasquereau. Parallèlement, les primo-accédants représentent 38 % des acheteurs, un ratio stable depuis 2025. « Ils bénéficient des dispositifs d’aide à l’accession, comme le PTZ, qui restent un levier important pour dynamiser le marché », précise-t-elle.
Une question centrale se pose alors : dans quelle mesure les politiques publiques, comme le PTZ ou les dispositifs de défiscalisation, pourront-elles soutenir la demande face à l’évolution des taux ?
D’après Caroline Pasquereau, directrice marketing d’Empruntis, une baisse des taux dépendra des prochaines décisions de la Banque centrale européenne. « Si l’inflation continue de reculer, une réduction progressive des taux pourrait être envisagée d’ici la fin de l’année, mais rien n’est garanti », précise-t-elle. Les experts tablent sur une fourchette de 2,8 % à 3 % pour un prêt sur 20 ans d’ici décembre 2026.