Le Maroc s’intéresse de près au Rafale F4 de Dassault Aviation, selon les informations révélées par Capital. Après plusieurs années de gel des négociations militaires entre Paris et Rabat, cette nouvelle piste relance les espoirs d’un contrat d’envergure. Un rapprochement qui pourrait aboutir à une commande de 12 à 18 appareils, accompagnée de matériel complémentaire, dès 2030 ou 2031.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Maroc envisage une commande de 12 à 18 Rafale F4 auprès de Dassault Aviation, selon Capital.
  • Cette acquisition vise à moderniser une flotte aérienne jugée insuffisante face aux appareils russes et algériens.
  • Le contrat pourrait inclure des hélicoptères Airbus (H125, H145) et des sous-marins Scorpène.
  • Les négociations pourraient aboutir avant le départ d’Emmanuel Macron, avec une livraison prévue dès 2030-2031.
  • Le Rafale F4 est perçu comme le successeur naturel des Mirage F1, après des exercices communs en 2025.

Un partenariat militaire en suspens depuis près de vingt ans

Les relations militaires entre la France et le Maroc connaissent un regain d’intérêt après des années de négociations avortées. Comme le rappelle Capital, l’idée d’une livraison de Rafale au Maroc avait déjà été évoquée sous les présidences de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, sans jamais aboutir. À l’époque, Paris avait préféré privilégier des partenaires jugés « plus solides » comme l’Égypte, l’Inde ou le Qatar. Pourtant, depuis 2007, les deux pays avaient engagé des discussions pour renforcer leur coopération défense, sans succès tangible.

Cette fois, le contexte semble différent. Le Maroc, soucieux de moderniser son arsenal aérien, pourrait franchir le pas. La piste Dassault a été réactivée ces dernières semaines, selon les informations de Capital, qui cite le site spécialisé AvionsLégendaires.net. Une évolution qui intervient alors que les tensions régionales s’intensifient, notamment avec la présence d’appareils russes en Libye et en Algérie.

Une flotte aérienne marocaine en quête de modernisation

Malgré des investissements récents dans des F-16 modernisés (23 General Dynamics F-16C/D Block 52+ et 25 F-16V), le Maroc estime ses capacités insuffisantes pour assurer la défense de son espace aérien. Le pays fait face à la présence d’avions russes comme les Mikoyan MiG-29 Fulcrum, Sukhoi Su-24 Fencer, Su-30MKA Flanker-H, ainsi que des Su-34 Fullback algériens. Des appareils que les F-16, même modernisés, peinent à contrer.

C’est dans ce contexte que le Rafale F4 s’impose comme une solution. Selon Capital, l’exercice militaire « Marathon 25 » a joué un rôle clé dans cette réévaluation. Lors de cet entraînement, des pilotes marocains ont pu évaluer de près les performances du Rafale, un appareil perçu comme bien plus adapté que le F-16V Viper de Lockheed Martin. Ce dernier, bien que performant, ne serait pas à la hauteur face à des appareils comme le Sukhoi Su-57E Felon, dont l’Algérie a récemment annoncé une commande supplémentaire à la Russie.

Le Rafale F4, un choix stratégique face aux défis régionaux

Le Maroc mise sur les capacités du Rafale F4 pour doter son aviation de moyens modernes. L’appareil, équipé du missile air-air Meteor et des futurs Mica N, offrirait une supériorité tactique face aux menaces russes et algériennes. Capital indique que le contrat envisagé porterait non seulement sur les avions de combat, mais aussi sur des hélicoptères Airbus : deux à trois H125 et deux à trois H145. Une commande qui pourrait aussi inclure, à terme, des sous-marins de la classe Scorpène pour la Marine Royale marocaine.

Autre élément clé : le calendrier. Le Maroc souhaiterait une livraison des premiers Rafale dès 2030 ou 2031, ce qui impose une signature rapide du contrat. Selon des sources locales citées par Capital, Rabat pousserait pour une finalisation avant le départ d’Emmanuel Macron, avec qui les relations restent excellentes. À plus long terme, le Royaume envisagerait également l’acquisition de quatre avions de ravitaillement en vol Airbus Defence A330 MRTT.

Un contrat G2G en discussion pour sécuriser l’avenir

Le contrat envisagé s’inscrirait dans le cadre d’un accord intergouvernemental (G2G, « Government-to-Government »), une formule privilégiée pour les grands contrats d’armement. Ce type d’accord offre une garantie de sécurité juridique et financière, tant pour l’acheteur que pour le vendeur. Pour Dassault Aviation, un tel contrat représenterait une avancée majeure, alors que le carnet de commandes du Rafale est déjà bien rempli, notamment grâce à l’Inde et à l’Égypte.

La France, de son côté, y verrait un moyen de renforcer son influence dans une région stratégique. Le Maroc, qui cherche à diversifier ses fournisseurs d’armes (il avait notamment commandé des drones turcs en 2021), pourrait ainsi ancrer sa coopération avec Paris. Une alliance qui irait au-delà des seuls équipements militaires, puisque les deux pays entretiennent des liens économiques et diplomatiques étroits.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances se profilent pour concrétiser ce projet. D’abord, la signature d’un accord de principe entre Paris et Rabat, probablement avant la fin du mandat d’Emmanuel Macron, prévue en 2027. Ensuite, la finalisation des détails techniques et financiers, qui pourrait prendre plusieurs mois. Enfin, la livraison des premiers appareils, attendue vers 2030, dépendra de la capacité de Dassault Aviation à honorer ses engagements actuels, notamment avec l’Inde et l’Égypte.

Reste à voir si ce contrat se concrétisera. Les négociations en cours doivent encore surmonter d’éventuels obstacles, comme les contraintes budgétaires du Maroc ou les pressions géopolitiques. Pour Dassault, cette commande marocaine serait un nouveau succès commercial, consolidant la position du Rafale sur le marché international.

Le Rafale, un fleuron français en quête de nouveaux marchés

Cette potentielle commande marocaine s’inscrit dans une dynamique plus large pour le Rafale. Depuis son entrée en service, l’appareil a séduit de nombreux clients : Inde, Égypte, Qatar, Grèce, Croatie ou encore Indonésie. Dassault Aviation mise sur la version F4, plus performante, pour séduire de nouveaux acheteurs. Ses atouts ? Une capacité d’emport accrue, des systèmes électroniques modernisés et une compatibilité avec les missiles les plus récents, comme le Meteor ou le Mica NG.

Le Maroc, en choisissant le Rafale, s’offrirait un appareil polyvalent, capable d’assurer aussi bien la supériorité aérienne que les missions de frappe. Un choix qui reflète aussi une volonté de réduire la dépendance aux équipements russes, dans un contexte géopolitique marqué par les tensions avec Moscou. Pour la France, ce contrat serait une nouvelle preuve de la compétitivité de son industrie de défense, face à la concurrence américaine (F-35), suédoise (Gripen) ou russe (Su-35).

Le Maroc justifie son intérêt pour le Rafale par plusieurs critères. D’abord, ses performances face aux appareils russes comme les Su-30 ou les MiG-29, que ses F-16 ne peuvent contrer efficacement. Ensuite, la capacité du Rafale à emporter des missiles longue portée comme le Meteor ou les futurs Mica N, qui offriraient une supériorité tactique. Enfin, l’exercice « Marathon 25 » a permis aux pilotes marocains d’évaluer l’appareil en conditions réelles, ce qui a joué en faveur de Dassault.