Une découverte paléontologique majeure vient d’être dévoilée en Nouvelle-Zélande, où une grotte située près de Waitomo, dans l’île du Nord, a livré seize espèces fossilisées datant d’environ un million d’années. Selon Futura Sciences, cette trouvaille, publiée dans la revue Alcheringa : An Australasian Journal of Palaeontology, bouleverse la compréhension des extinctions en Nouvelle-Zélande en prouvant que des bouleversements majeurs dans la faune locale ont précédé de plusieurs centaines de milliers d’années l’arrivée des premiers humains.
Ce qu'il faut retenir
- Seize espèces fossilisées, dont un ancêtre inconnu du kākāpō, ont été découvertes dans une grotte de Nouvelle-Zélande.
- Ces ossements, vieux d’un million d’années, révèlent que 33 à 50 % des espèces présentes à l’époque ont disparu avant l’arrivée des humains.
- Les chercheurs ont identifié une nouvelle espèce de perroquet, ancêtre du kākāpō moderne, dont la morphologie suggère qu’il était peut-être capable de voler.
- Les fossiles ont été datés grâce à leur position entre deux couches de cendres volcaniques, correspondant à des éruptions survenues il y a 1,55 million et 1 million d’années.
- Cette découverte comble un vide dans le registre fossile néo-zélandais, éclairant la période allant de 20 millions à 1 million d’années.
L’équipe de recherche, composée de scientifiques australiens et néo-zélandais, a mis au jour ces ossements en mars 2026. Parmi les espèces identifiées figurent un ancêtre éteint du takahē, une espèce de pigeon proche des pigeons bronzés australiens, ainsi que plusieurs grenouilles dont les équivalents modernes n’ont pas survécu. Ces découvertes montrent comment les perturbations répétées des forêts et des zones arbustives ont entraîné un renouvellement massif des populations animales sur l’île du Nord.
Les fossiles, pris en sandwich entre deux couches de cendres volcaniques, offrent une datation précise. La première couche correspond à une éruption survenue il y a 1,55 million d’années, tandis que la seconde, plus récente, date d’environ un million d’années. Cette éruption aurait recouvert une grande partie de l’île du Nord sous des mètres de cendres, offrant ainsi un contexte géologique unique pour dater ces ossements.
Un « volume entier » de l’histoire naturelle néo-zélandaise enfin déchiffré
Pendant des décennies, les scientifiques ont principalement étudié les extinctions en Nouvelle-Zélande sous l’angle de l’arrivée des Maoris, il y a environ 750 ans. Cette découverte, en revanche, révèle que des extinctions massives ont eu lieu bien avant, principalement en raison de l’activité volcanique et des bouleversements climatiques. « Ce n’était pas un chapitre manquant dans l’histoire ancienne de la Nouvelle-Zélande, c’était un volume entier », a déclaré Trevor Worthy, professeur associé à l’université Flinders et coauteur de l’étude.
Selon Paul Scofield, conservateur senior au Canterbury Museum et coauteur des travaux, entre 33 et 50 % des espèces présentes à cette époque ont disparu avant même que le premier humain ne foule ces îles. Cette étude, publiée dans Alcheringa : An Australasian Journal of Palaeontology, permet de mieux comprendre comment la faune aviaire néo-zélandaise a évolué sous l’effet des contraintes environnementales bien avant l’arrivée de l’Homme.
Le kākāpō, un ancêtre peut-être capable de voler
Parmi les fossiles les plus remarquables figure Strigops insulaborealis, une nouvelle espèce de perroquet identifiée comme l’ancêtre direct du kākāpō moderne. Ce grand perroquet actuel, incapable de voler et adapté à la vie au sol, présente un ancêtre dont la morphologie suggère une capacité à grimper et, peut-être, à voler. Les chercheurs restent prudents : des analyses complémentaires sont nécessaires pour confirmer cette hypothèse.
Les autres espèces identifiées incluent un ancêtre éteint du takahē, un oiseau emblématique de Nouvelle-Zélande aujourd’hui menacé, ainsi qu’une espèce de pigeon éteinte, proche parente des pigeons bronzés australiens. Plusieurs espèces de grenouilles, dont les équivalents modernes ont disparu, complètent cette liste de découvertes.
Une grotte vieille de plus d’un million d’années, plus ancienne connue de l’île du Nord
Cette grotte de Waitomo, située dans l’île du Nord, est désormais considérée comme la plus ancienne grotte connue de cette région. Son contexte géologique, marqué par des couches de cendres volcaniques, en fait un site exceptionnel pour la datation des fossiles. Ces couches, correspondant à des éruptions majeures, ont permis aux chercheurs de situer précisément l’âge des ossements retrouvés.
Les fouilles menées à St Bathans, dans le centre de l’île du Sud, avaient déjà fourni un aperçu de la faune locale entre 20 et 16 millions d’années. Avec ce nouveau site, les chercheurs éclairent désormais les 15 millions d’années suivantes, une période quasi muette dans le registre fossile néo-zélandais jusqu’à présent.
Cette grotte de Waitomo rappelle que la résilience d’un écosystème n’est jamais acquise. Bien avant l’arrivée de l’Homme, la nature elle-même a pu effacer et recommencer, transformant radicalement la biodiversité locale. Ces découvertes soulignent l’importance de préserver les vestiges du passé pour mieux comprendre les dynamiques environnementales actuelles.
Cette grotte de Waitomo est la plus ancienne connue de l’île du Nord et renferme des fossiles vieux d’un million d’années. Son contexte géologique, marqué par des couches de cendres volcaniques, permet une datation précise des ossements. Elle comble également un vide dans le registre fossile néo-zélandais, éclairant une période mal documentée jusqu’à présent.